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28 septembre 2008 7 28 /09 /septembre /2008 03:51
La plage de la pointe de l'Ardre, comme un certain nombre d'autres plages du lac du Bourget (à l'exception notoire des plages aixoises) a récemment été entièrement réaménagée. Avec un succès certain, et pas mal de bon goût.

Celle du Lido, au sud d'Aix les Bains a elle également été intégralement repensée, avec un succès tout aussi certain. Mais s'y rendre à pied ou à vélo ne relève pas exactement de la sinécure. Alors du coup, pourquoi ne pas tenter sa chance du côté de Saint Innocent ?

Sans doute parce que ce n'est guère mieux : depuis Aix les Bains, les courageux piétons et cyclistes devront s'enquiller la côte de la route de Paris. Un tantinet raide, soumise à un trafic automobile parfois dense, mais surtout comportant une portion d'environ une centaine de mètres où il n'y a aucune bande cyclable, et pas même un trottoir. Autant dire qu'il faut souvent serrer les fesses pour éviter de se les faire raboter par un automobiliste un peu pressé et plus préoccupé d'arriver à croiser sans anicroche les véhicules arrivant en face que d'éviter de vous estampiller le postérieur à coup de rétroviseur.

Cette dangerosité est peut-être un des facteurs qui ont amenés l'ADRIL (Association de Défense des Rives du Lac(1), dont on n'avait jamais entendu parler pour notre part) à imaginer un projet de liaison piétonnière entre la baie de Mémard et la plage de l'Ardre. Une liaison qui d'après l'ADRIL s'inscrirait dans le prolongement de la promenade de l'esplanade, et permettrait de mettre en valeur le jardin en mouvement.

Au passage, on est un peu surpris que l'ADRIL n'est pas pensé que son projet pouvait aussi s'inscrire dans la continuité de ... l'allée promenade des bords du lac. Sans doute parce que cette route (rue ?) n'a d'allée et de promenade que le nom. On referme la parenthèse.

La liaison prendrait donc naissance vers la station de Mémard, à la sortie du jardin en mouvement, et emprunterait des chemins déjà en partie existants, avant de venir buter sur le lac à quelques encâblures de la plage de l'Ardre. Ce qui nécessiterait alors la réalisation d'un cheminement lacustre.



Pour le fun, on vous invite à faire un petit tour du côté de la station de Mémard (qui jouxte la base de ski nautique d'Aix les Bains). Cela vous donnera une petite idée de ce que signifie l'expression "à l'état d'abandon".

Pour en revenir au projet de l'ADRIL, il ne va pas sans certaines difficultés. Ecologiques tout d'abord. La zone, au caractère difficilement abordable par les bipèdes polluants que nous sommes, constitue une sorte de réserve naturelle, où viennent notamment nicher des oiseaux rares (2). Contraintes de sécurité en second lieu : la proximité de la voie ferrée le long de la quasi totalité du parcours implique quelques aménagements visant à interdire son accès aux promeneurs.

Et enfin, et surtout, des difficultés financières. Les premiers chiffrages réalisés par la CALB font état d'un budget de 800.000 euros. On vous avoue qu'en lisant ce chiffre, un petit clignotant s'est aussitôt allumé dans ce qui nous reste de cerveau. Bigre, réaliser un chemin piétonnier d'environ 1200m coûte donc si cher que cela ? Certes la partie finale, sur pilotis, n'est pas étrangère à ce coût : elle est estimée à 320.000 euros. Mais il en reste quand même 480.000 pour le reste, c'est à dire pour moitié un chemin tout ce qu'il y a de plus basique, et pour moitié un chemin permettant la circulation des "personnes à mobilité réduite".

On ne peut s'empêcher de comparer ces 800.000 euros avec le budget d'un million d'euros annoncé par Dord pour chacune des ses "grandes opérations de voirie" à venir. Comme par exemple la refonte de l'avenue du Grand Port : soit 2 kms de long sur 20 mètres de large, le tout recouvert de bitume (hors de prix à cause de la flambée des cours du pétrole). Sans compter les dizaines d'arbres qu'il va falloir replanter si ce chantier se fait, car il est peu probable qu'ils échappent au massacre.

Enfin bref, il y a comme qui dirait un rapport de (dis)proportion qui nous échappe. Et qui semble d'ailleurs échapper également aux membres de l'ADRIL, qui semblaient escompter sur un montant nettement inférieur.

Alors faut-il pour autant abandonner ce projet, faute de moyens financiers ? Avant de répondre à cette question, on se doit de vous préciser que le projet n'est parait-il pas abandonné, mais qu'il va faire l'objet d'études complémentaires. De quel ordre les études en question ? Mauvaise question, personne ne semble le savoir.

Quant aux moyens financiers, font-ils véritablement défaut ? Pas vraiment à vrai dire. Si la ville est capable de mettre un million d'euros pour regoudronner une grande artère et y procéder à quelques aménagements de circulation, elle doit bien aussi pouvoir mettre la même somme (et même 20% de moins) pour réaliser ce sentier.

Quitte à retarder une des ces fameuses "grandes opérations de voirie". Ce n'est qu'une question de choix.

Alors, petite suggestion tout bête : et si la mairie demandait leur avis aux aixois, au lieu de décider toute seule ? Voila qui serait fort sage. Monsieur Dord ne vient-il pas de faire (bien timidement) son mea culpa à propos du terrain de Mémard ? Ce terrain sur lequel il voulait pour sa part imposer un "Parc Résidentiel de Loisir" (des mobilhomes en clair) et qui a finalement vu naitre le jardin en mouvement. Un jardin qui, c'est Monsieur Dord qui le reconnait lui-même, correspond à ce qu'attend la population.

Et si la liaison piétonnière entre Mémard et la pointe de l'Ardre était aussi tout bonnement ce que la population attend, en lieu et place d'une nouvelle interprétation de la chanson de Maxime le Forestier, celle où on arrache des arbres entre béton et bitume ?



(1) A ne pas confondre avec cette autre association homonyme, montée par Dord and Co : l'ADRIL, pour Association de Défonce des Rives du Lac, et son "fleuron", le Grand Parc Urbain des Bords du Lac.
(2) Promis juré craché, on n'a pensé à personne en particulier en écrivant ceci !
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commentaires

G
Il est vrai que l'accés piétonnier au bord de l'eau est une trés bonne idée. Pourquoi, dans un premier temps ne pas seulement débroussailler le long de la voie ferrée et obliger la SNCF à mettre un grillage le long du parcourt. Alors, si ce chemin est réellement utilisé, prendre la décision de faire quelque chose de plus concéquent.( acces aux personnes à mobilité réduite et cyclistes)Salutations.
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