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9 novembre 2008 7 09 /11 /novembre /2008 03:55
Il a beaucoup été question d'action sociale dans la presse locale aixoise cette semaine.

Avec entre autres, la question de l'ouverture de lits supplémentaires pour l'accueil des personnes âgées. L'apparition massive de ces sujets, habituellement passés sous silence, relève-t-elle de la simple coïncidence, ou des besoins de communication de la majorité municipale ?

Depuis le début de la dernière campagne électorale (il y a presque un an), le moins que l'on puisse dire c'est qu'on avait guère entendu parler d'action sociale sur la commune. Et encore moins de la nécessité pour la ville de se doter de nouvelles structures d'accueil pour les personnes âgées.

Alors la grande communication orchestrée cette semaine par la municipalité tombe un peu comme un cheveu sur la soupe. Et du coup sonne un rien faux.

Néanmoins, cette annonce nous semble arriver à point nommé. A point nommé pour l'équipe Dord, a sein d'un plan de communication établi de longue date, et destiné à faire avaler aux aixois le remplacement du camping du Sierroz par une maison de retraite ... haut de gamme.

Suivons ensemble le fil de notre raisonnement.

A la source, il y a les difficultés de commercialisation des futurs logements de la ZAC des bords du lac. Des difficultés qui ne datent pas d'aujourd'hui, ni même de la crise immobilière et financière de cet automne.

Ce n'est pas pour rien que Dord a lancé les travaux de VRD de la ZAC il y a 18 mois, alors que c'était totalement prématuré puisque les premiers immeubles ne sont prévus que pour 2010. Les prémices des premières difficultés étaient déjà là, et il fallait rendre tout retour en arrière impossible.

Quoi qu'il en soit, les difficultés sont bien là, et elles ont abouti début octobre :

  • d'une part à une révision des objectifs de construction sur la ZAC : 640 logements au lieu des 800 annoncés (-20%)
  • d'autre part à un gel de tout lancement de nouveau chantier

Conséquence directe pour les collectivités : des difficultés évidentes pour refacturer aux promoteurs immobiliers le coût des travaux de voirie et de réseaux déjà réalisés. Des travaux dont l'ardoise se monte au minimum à 12 millions d'euros, d'après Monsieur Dord lui-même.

Et comme le même Dord a promis que ces travaux ne coûteraient au final pas un seul euro aux contribuables, il faut bien trouver des solutions de remplacement. Or, il est inenvisageable de faire payer plus cher par les promoteurs les viabilisations réalisées : déjà que la ville a du mal à attirer des investisseurs, ce n'est pas en salant un peu plus l'addition qu'elle va y parvenir.

Seule solution envisageable, lancer un nouveau projet sur la ZAC en question. Sauf que pour cela il faut du terrain, et qu'en dehors de celui occupé par le camping du Sierroz, il n'y a plus de terrain disponible.

Au début de l'été, la machine à communiquer se met donc en marche. Le camping du Sierroz, qui pourtant ne désemplit pas et est unanimement apprécié par tous les campeurs qui le fréquentent, se voit brutalement déclaré "obsolète" et "ne répondant plus aux attentes de la clientèle".

On a beau être habitués à la stratégie du "plus le mensonge est gros et mieux il passe", là c'est quand même un peu fort de café : un camping qui fait le plein et qui satisfait pleinement ses clients mais qui, d'après Dord, ne répond plus aux attentes de la clientèle !!!

Dans le même temps, le même Dord invente pour la CALB un nouveau besoin totalement artificiel : celui d'un grand camping d'agglomération. Un "besoin" jamais ressenti jusque là. Et pour cause, les deux grands campings de l'agglomération (celui d'Aix et celui du Bourget du Lac) continuent d'attirer en masse touristes et curistes !

Mais Dord n'en démord pas. Mieux, il affirme en juillet que ce futur camping sera installé sur la commune de Drumettaz-Clarafond. Démenti immédiat de Jean-Louis Sarzier, maire de la dite commune : et d'une il n'était pas au courant de ce "projet" -un comble (1)-, et de deux le PLU de sa commune ne prévoit pas de terrains propres à l'usage de camping, et de trois la commune a d'autres ambitions et axes de développement. Un démenti qui sonne comme un véritable camouflet pour Dord.

Pas grave, il encaisse, fait le dos rond, et revient à la charge en septembre. Avec toujours en tête l'idée de pouvoir récupérer le terrain du Sierroz, et des projets d'implantation du camping d'Aix les Bains (?) sur Grésy, Pugny ou encore Mouxy.

Dernière incartade en date, la réunion de quartier de Choudy, au cours de laquelle Dord déclare que le jour où la ville aura trouvé un terrain, pas forcément au bord du lac, le camping du Sierroz n'aura plus lieu d'être. (lire à ce sujet la une de notre édition du 9 novembre).

Et voici donc que débarque cette semaine dans la presse locale le Docteur Buisson, adjoint en charge des affaires sociales qui, sans avoir l'air d'y toucher commence à seriner le message suivant : il faut créer des nouvelles structures d'accueil pour les personnes âgées à Aix les Bains.

Pourquoi maintenant ? Y a-t-il un projet prêt à aboutir ? Pas que l'on sache. Mais si une de ses structures venait justement prendre la place du camping du Sierroz ?

Raser ce dernier pour y implanter une résidence de luxe ou une marina, ce n'est "moralement" pas très vendeur vis-à-vis de la population. Mais le raser pour y implanter une maison de retraite ... qui pourrait s'y opposer. Surtout si entre temps la municipalité a bien fait passer son message : il faut de nouvelles structures sur Aix les Bains.

Le hic, c'est que la structure en question, qui pourrait prendre la place du camping du Sierroz, on l'imagine mal comme étant une structure à vocation sociale. Et pour cause : il faudrait qu'elle absorbe à elle seule 20% des coûts de viabilisation de la ZAC, pour pallier à la déficience des promoteurs privés et à la révision à la baisse de 20% du nombre de logements qui y seront construits.

20% de 12 millions, ça fait une jolie somme : 2,4 millions d'euros. Un "ticket d'entrée" difficilement supportable par une structure publique à vocation sociale. Mais nettement plus supportable pour une structure privée destinée à accueillir une clientèle aisée dans une structure haut de gamme.

Et c'est ainsi que pour nous se boucle la stratégie de la majorité municipale. On peut se tromper. D'ailleurs on voudrait se tromper. Mais on craint fort que ce ne soit pas le cas.



 (1) C'est sans doute comme cela que Dord, président de la CALB, rétablit la confiance entre la ville centre et les petites communes !
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