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16 novembre 2008 7 16 /11 /novembre /2008 03:51
Après l'annonce de la future privatisation des Thermes Nationaux, impossible de ne pas établir un parallèle entre cet établissement public, et la maternité aixoise, publique elle aussi.

Deux structures florissantes il y a encore peu, aujourd'hui au bord du gouffre. Deux structures qui désormais, parait-il, ne peuvent plus espérer de salut que grâce à des groupes privés.

Un point commun, Dominique Dord

Comment a-t-on bien pu en arriver là en seulement quelques années ? Les esprits frondeurs feront remarquer qu'on retrouve un certain Dominique Dord au sein des conseils d'administration de ces deux structures : président du CA du centre hospitalier d'un côté, et vice-président du CA de l'EPIC des Thermes de l'autre.

Des fonctions pleinement opérationnelles, qui n'ont rien d'honorifiques.

Ces mêmes esprits ne manqueront sans doute pas d'ajouter que Dominique Dord est par ailleurs un homme très influent sur le secteur. En tant que maire de la ville centre de la CALB, depuis 2001. En tant que député de la circonscription, depuis 1997. Et à bien d'autres titres encore.

Ce qui bien évidemment ne saurait tout expliquer. Mais si le très influent député-maire considère comme légitime de revendiquer la paternité de "ce qui fonctionne bien" dans "sa" ville et "sa" circonscription, la moindre des choses serait d'assumer tout autant les "ce qui va moins bien", et a fortiori "ce qui se casse la figure". Ce dont il se garde bien, préférant se défausser de la responsabilité sur d'autres.


Le privé peut-il sauver la maternité ?
Quoi qu'il en soit, la situation actuelle est ce qu'elle est : une maternité et des Thermes Nationaux qui continuent à remplir correctement leur mission de service public, mais qui parait-il coûtent trop cher à la collectivité. Affirmation d'ailleurs pas tout à vraie pour ce qui concerne la maternité. Son statut déficitaire n'étant que purement artificiel.

Il y a quelques mois encore, Dord affirmait que la construction de la nouvelle polyclinique privée de la Générale de Santé à Drumettaz était la seule et unique façon de sauver à coup sûr notre maternité. Et il était donc légitime, selon lui, de soutenir ce projet.

Aujourd'hui, balayée la certitude de sauver la maternité si ce projet se concrétise ! C'est plutôt peut-être, mais rien n'est moins sûr. D'où cette question : quel est l'intérêt de la collectivité à soutenir un projet qui n'apporte rien de plus aux habitants, et qui ne garantit plus en rien le maintien du service public de la maternité ?

Le privé peut-il sauver les Thermes ?
Pour ce qui concerne les Thermes, Dord affirme et réaffirme que tout a été fait pour les redynamiser et raire revenir les curistes. C'est peut-être vrai, mais le moins que l'on puisse dire c'est que les résultats ne sont pas là, et qu'Aix les Bains, contrairement aux autres stations thermales, n'a pas su enrayé la chute.

Du coup, comme pour la clinique, voici que la privatisation nous est désormais présentée comme la seule et unique solution pour sauver ce service public de santé que sont les Thermes Nationaux (1).

Mais une question se pose dès lors : si, comme l'affirme Monsieur Dord, tout a été fait pour le mieux pendant ces huit dernières années pour redresser la situation des Thermes Nationaux, en quoi la privatisation apporte-t-elle une solution ?

Que pourra faire de plus un groupe privé qui n'aura pas déjà été fait par la structure publique ?

On a longtemps tourné et retourné la question. Et la seule réponse que l'on ait pu trouver, c'est celle-ci : ce qu'un groupe privé pourra faire et que l'Etat ne peut pas faire, c'est se débarrasser d'une partie des personnels.

Et en premier lieu d'une grande partie des physiothérapeutes fonctionnaires, désignés à la vindicte populaire comme seuls et uniques responsables de la mauvaise situation des Thermes Nationaux (2).

Oui, le seul levier d'action supplémentaire qu'un groupe privé pourra faire jouer, c'est celui de la réduction des effectifs. Et avec elle, la réduction de la masse salariale. Sera-ce suffisant pour ramener l'équilibre ? On peut en  douter.

Avec un déficit avoisinant les 4 millions en 2007, et les 5 en 2008,(soit 9 millions d'euros de déficit cumulé en seulement 2 années), avec un fonds de roulement qui a fondu comme neige au soleil et des caisses vides, on imagine que réduire la masse salariale, même de façon drastique, aura bien du mal à rétablir la situation.

Pourtant, c'est bel et bien ce que Dord et compagnie sont en train de nous dire. Seule la privatisation permettra de sauver l'activité des Thermes. Et ce sauvetage passe par le départ d'une bonne partie du personnel. Des licenciements ? Non bien évidemment, fonction publique oblige. Pas de licenciement, mais des reclassements.

Réduire le personnel et la masse salariale à des proportions plus en adéquation avec la fréquentation actuelle, voila qui suffira à sauver l'activité thermale et à permettre son redressement. C'est en substance ce que nous explique Dord.

Une solution applicable exclusivement par le privé ?
On veut bien suivre Dord dans son raisonnement et dans sa logique. Oui effectivement, s'occuper de 25.000 curistes requiert à coup sûr moins de personnel que s'occuper de 40.000. Jusque là, on est pleinement d'accord.

Mais là où on ne l'est plus, c'est sur la nécessité de la privatisation. Et plus précisément sur le lien entre privatisation et départ d'une partie du personnel. Dans la mesure où ces départs se font dans le cadre de la fonction publique, sous forme de reclassements, pourquoi ne pas les faire tout en maintenant le statut public de l'établissement ?

Si les reclassements des personnels sont envisageables dans le cadre d'une privatisation, et constituent une solution acceptable comme le dit Monsieur Dord, pourquoi ces mêmes reclassements ne seraient-ils ni envisageables ni acceptables dans le cadre du maintien d'une activité publique ?

Ca n'a aucun sens. Mais c'est pourtant comme cela qu'on nous présente les choses. Pour sauver l'activité thermale, il faut à la fois réduire les personnels et privatiser. Et c'est totalement faux !


Privé / public, un combat d'arrière-garde ?
Vouloir sauvegarder des services publics comme la maternité ou les Thermes relève-t-il d'un combat d'arrière-garde ? Une sorte de combat purement idéologique qui opposerait tenants du public et tenants du privé.

A notre avis, loin s'en faut. Pour ce qui nous concerne, nous sommes de solides partisans des services publics. Mais des bons services publics. Ceux qui savent faire cesser les abus dans leurs rangs. Ceux qui ont réellement le souci d'être au service du public.

Qu'il faille réformer les services publics, c'est indéniable. D'ailleurs cela a déjà été fait pour certains, et avec succès.

Mais vouloir les remplacer à tout prix par des structures privées, en présentant qui plus est cette solution comme une panacée, non !

Pour une raison simple : quand une structure publique s'occupe d'un service public, elle le fait, avec plus ou moins de succès, dans le souci du bien et de l'intérêt collectif.

Quand une structure privée se voit confier la charge d'une mission de service public, elle le fait dans son propre intérêt. Dans l'intérêt de ses dirigeants. Dans celui de ses actionnaires. Elle le fait pour l'argent, pour les bénéfices, pour les profits. Des bénéfices et des profits qui ne vont pas à la population.







(1) Il faudrait d'ailleurs penser un jour à ériger en bonne place une statue au "privé", qui n'a de cesse de voler au secours des établissements publics ! Pourquoi pas sur la place Mollard, à côté de la statue du Commandord ?
(2) On a même pu lire que leur grève de début 2008 était à l'origine des problèmes des TNAB. Une grève en 2008 responsable d'une baisse de fréquentation de 27% entre 2001 et 2007 et des 4 millions d'euros de déficit de 2007 !!?? Ils sont sacrément forts ces physiothérapeutes !
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commentaires

A
Je me demande si votre démonstration convainc les fans du Dordisme...faudrait faire un sondage sur le thème: avez-vous compris notre démonstration, si oui, êtes-vous d'accord, si non, envoyez-nous votre mail, on vous expliquera afin que vous compreniez et là vous répondrez à notre sondage!
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A
<br /> On ne sait si notre démonstration convainc ou non les partisans du député-maire. En tout cas, on ne mettrait pas notre main à couper que ce soit le cas.<br /> Mais d'ici quelques années devrait ressurgir un intéressant débat sur l'eau. Plus exactement sur le contrat d'affermage de la SAUR. Et, s'ils prennent la peine de se demander pourquoi de nombreuses<br /> villes (et non des moindres) arrêtent leurs contrats d'affermage avec des sociétés privées pour repasser la gestion de l'eau en régie publique, alors peut-être les fans du dordisme seront-ils<br /> convaincus ... on peut rêver.<br /> Mais pour la maternité et les Thermes, ce sera de toute façon trop tard.<br /> <br /> <br />