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23 novembre 2008 7 23 /11 /novembre /2008 03:54
La vente des terrains de la Crémaillère, ou plus exactement leur échange avec les locaux de l'ancien Institut Zander, est un sujet qui a déjà fait coulé pas mal d'encre. Et pour des raisons bien peu glorieuses.

Au-delà de l'imbroglio politico-immobilio-financier (!) que constitue ce dossier, Aix Hebdo s'intéresse au fond du projet.

Et passe en revue quelques arguments  "pour" et "contre".

POUR
Si l'on s'en tient au projet initial, présenté succinctement lors de la séance du conseil municipal du 13 décembre 2001, il y avait de quoi être séduit. D'un point de vue économique s'entend.

Le projet prévoyait en effet des commerces, des services, des restaurants, une résidence de tourisme, des cabinets médicaux, un centre de balnéothérapie, un centre de recherche en cosmétologie. Le tout avec au bas mot 150 nouveaux emplois permanents.

Le hic, et il est de taille, c'est que de ce projet initial, il ne reste plus grand chose dans celui du groupe Meunier. Exit les services et les cabinets médicaux, à la trappe les commerces, disparu le centre de recherche en cosmétologie, out les restaurants.

Et avec toutes ces disparitions, la ville et ses habitants peuvent dire adieu à la grande majorité des 150 emplois prévus, et à la grande majorité des retombées économiques attendues.

Et du coup, on doit l'avouer, on est bien en mal de trouver aujourd'hui des arguments en faveur de ce projet.

CONTRE
A l'inverse, les arguments contre ce projet ne manquent pas.

Tout d'abord, il implique la disparition d'un très important espace vert naturel d'Aix les Bains. Situé qui plus est à proximité immédiate du centre ville, et lieu de promenade fort apprécié des aixois, mais aussi des curistes.

Or Aix les Bains ne peu guère se prévaloir de posséder sur son territoire pléthore d'espaces verts. Si on fait le compte, il ne reste plus aujourd'hui que Corsuet et le bois Vidal, dont les terrains visés par le projet Meunier font partie intégrante.

Faut-il sacrifier une partie d'un de nos deux derniers grands espaces verts pour un projet immobilier ? Pour ce qui nous concerne, nous répondons que non.

Et avec d'autant plus de conviction et de force que le projet porté aujourd'hui par Meunier, ne représente pas un intérêt économique vital pour la ville. Rappelons que ce projet, c'est un petit centre de balnéothérapie, adossé à une grosse résidence de tourisme.

Or, des centres de balnéothérapie ou des spas, la ville n'en manque pas : l'Adelphia, l'Ariana, le Park Hôtel, la Villa Marlioz, l'Astoria, les Thermes Chevalley, par exemple, disposent de ces équipements.

Quant aux résidences de tourisme, plusieurs projets sont en cours ou déjà réalisé (sur des zones déjà urbanisées). L'Azuréa par exemple, construite par ICADE dans le secteur du Petit Port, et gérée par Résid'hôtel, entrera en fonction en 2009. Et sur la ZAC des Bords du Lac, on commence à entendre sérieusement parler d'un projet en tout point similaire à celui de Meunier.

Est-il donc bien raisonnable de lancer un projet de plus, situé de surcroit en pleine zone verte ? Là encore, nous répondons que non.

Mais surtout, il nous semble que le projet du groupe Meunier entre de plein fouet en concurrence avec le développement des Thermes Chevalley, et notamment de leur activité bien-être. Les Thermes Nationaux ont l'avantage de disposer en bordure immédiate de Chevalley, d'une réserve foncière importante.

Ces terrains, qui soit dit en passant sont soumis au même classement au PLU que ceux de la Crémaillère, sont à l'évidence LE lieu où il faudrait implanter une résidence de tourisme à proximité du centre ville. Une résidence qui jouerait ainsi la carte de l'interaction forte avec les Thermes Chevalley, au lieu de leur faire de la concurrence.

La récente annonce de la future privatisation des Thermes Nationaux ne change à notre avis rien à cette question. Même privatisés, les thermes aixois resteront quand même avant tout des thermes médicalisés.

Et si on veut que cette activité puisse perdurer, avec les impératifs de rentabilité financière qui s'impose de fait à une structure privée, il n'est pas raisonnable de ne pas lui donner tous les moyens pour le faire. Il ne s'agit pas de faire des cadeaux à un groupe privé, mais juste d'oeuvrer au mieux pour que la population puisse continuer à bénéficier de soins thermaux médicalisés.

QUELLE PORTE DE SORTIE ?

Le groupe Meunier Rhône-Alpes ne semble pas manifester un réel empressement à réaliser ce projet. On en ignore les raisons exactes. Il est vrai que ce groupe a déjà plusieurs autres réalisations en cours sur la ville, et que la situation économique actuelle n'incite guère à se lancer dans de nouveaux chantiers.


Par ailleurs le groupe pourrait tout à fait reporter son attention sur un projet similaire, à construire en partenariat avec les futurs acquéreurs des Thermes Nationaux, ou sur la ZAC des Bords du Lac.


Quant à l'actuel propriétaire des terrains de la Crémaillère ... et bien, nous n'avons pas le moindre grief à son encontre, mais dans le fond peu nous importe qu'il se plante sur cette opération si le projet capote.


La SCI MONARD ZANDER a acquis ces terrains auprès de la ville, en partie en les échangeant contre l'ancien Institut Zander. Elle les a aussitôt revendus à une autre société détenue par la famille Garancini, en l'occurrence la SARL AG CONSULTANT.


Soyons directs. Cette double acquisition ne s'est faite que dans un seul et unique but : revendre le terrain, en engrangeant au passage un bénéfice. En clair, cela s'appelle non pas de la promotion immobilière, mais bel et bien de la spéculation immobilière. Alors qu'un spéculateur immobilier se plante sur une affaire ne nous arrachera pas la moindre larme.



Il n'en demeure pas moins que si le projet capote définitivement, il faudra bien trouver quoi faire de ces terrains.


Les laisser en l'état ? Pourquoi pas, mais il faudrait dans ce cas que son propriétaire s'acquitte de son obligation d'entretien. Ce que visiblement il ne fait pas depuis plusieurs années.


Pour notre part, on préférerait voir ces terrains réintégrer le domaine public, et qu'ils soient ensuite aménagés. Par exemple avec un parc paysagé dans la partie située sous le chemin Vidal. Parc qui pourrait accueillir un jardin de sculptures, et des expositions temporaires d'art. Et sur la partie haute un petit amphithéâtre de plein air "à la romaine", pour accueillir des manifestations culturelles (théâtre, lecture, concerts ...) dans un cadre d'exception.

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