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30 novembre 2008 7 30 /11 /novembre /2008 03:59

Cette semaine, nous abordons les thèmes des énergies propres et de la réduction de notre consommation énergétique.

L'utilisation des énergies propres s'impose comme une évidence : d'abord pour leur caractère propre, et ensuite parce que les réserves d'énergies fossiles, qui représentent encore aujourd'hui l'immense majorité de notre consommation, sont appelées à se raréfier, puis à disparaître purement et simplement.

Quant à la réduction de notre consommation énergétique, c'est aussi une nécessité qui s'impose à nous avec la force de l'évidence. Avant tout parce que, quand on prend la peine de réfléchir objectivement à la situation actuelle, il saute aux yeux que tout le monde, individuellement et collectivement, gaspille l'énergie.

Le domaine des énergies est sans doute celui où s'illustre le mieux le précepte penser globalement, agir localement. En effet, le remplacement massif des énergies fossiles par des énergies propres et renouvelables, c'est une question à l'échelle des nations. Mais une question qui trouve aussi des réponses individuelles.

De même pour la réduction de la consommation : chacun peut agir dans sa petite bulle, mais les collectivités (états, régions, départements, communes ...) peuvent aussi agir à leur niveau.

Penchons nous un instant sur les réalisations aixoises en la matière.

Utilisation des énergies propres
L'action municipale aixoise dans ce domaine se restreint aujourd'hui à la mise en place d'aides financières de quelques centaines d'euros pour les particuliers mettant en place des systèmes solaires. C'est bien, mais c'est peu, très peu, bien trop peu.

A l'exception de quelques panneaux photovoltaïques apparus il y seulement quelques mois sur les bâtiments de la CALB boulevard Lepic, notre ville ne compte aucun dispositif de production énergétique propre. Elle est, dans ce domaine, nettement en retard sur des villes comme Chambéry ou Montmélian (pour rester dans notre voisinage immédiat), qui ont investi dans le solaire depuis des années voire des décennies.

Le plan climat-énergie annoncé pendant la dernière campagne électorale par l'équipe municipale en place reste flou. Flou et peu ambitieux au retard du retard accumulé par la ville. Et pour tout dire, plus de huit mois après la réélection de l'équipe Dord, on n'a toujours pas vu la moindre action concrète, et a fortiori pas plus d'effet.

L'équipe Dord a fait sa campagne sur le thème d'une ville d'avance. En matière d'énergies propres et renouvelables, Aix les Bains est tout sauf une vile d'avance. Et contrairement à ce qu'a dit un jour Corinne Casanova, ce n'est pas du au manque de sensibilisation de la population à ce sujet, mais bel et bien à l'absence totale de volonté politique de voir la commune investir dans ce domaine.

Alors avec le retard accumulé aujourd'hui, il nous semble que l''ambition de la ville devrait être non pas de prendre le train en marche en raccrochant le wagon par l'arrière, mais de vouloir au contraire prendre la place de la locomotive. Mais l'ambition de l'équipe Dord semble bien loin du compte.

Réduction de la consommation énergétique
A l'occasion de la dernière campagne électorale, le maire sortant (réélu depuis), nous avait annoncé à grand renfort de bruit médiatique la réalisation d'un diagnostic aérien thermique de la ville. Diagnostic qui devait être réalisé dès février 2008, et dont les résultats, mis à disposition du public, permettraient de cibler les points faibles dans les bâtiments tant publics que privés.

Aux dires des villes ayant utilisé cet outil, il est très efficace. Certes, mais à condition de le mettre en place, puis d'engager des actions. Or pour l'instant Aix en reste aux déclarations d'intention sur la réalisation du diagnostic, et on est donc encore très loin du début du commencement d'une action. Dommage car les bâtiments sont une des principales sources de gaspillage de l'énergie. Surtout les bâtiments anciens, comme il y en a tant à Aix les Bains.


Pour rester dans le domaine du bâtiment, la tendance sur Aix pour les nouvelles constructions collectives, c'est le label HQE. Un label qui impose des normes d'isolation renforcée, l'utilisation partielle d'énergie solaire (ou autre énergie renouvelable) notamment pour la production d'eau chaude sanitaire, la récupération des eaux de pluie ... etc.

C'est un bon début. Et il faut le saluer. Mais pourquoi ne pas aller dès à présent plus loin ? A Barcelone, puis dans la foulée dans d'autres villes espagnoles et désormais dans tout le pays, l'utilisation de l'énergie solaire pour la production d'eau chaude a été rendue obligatoire pour toute nouvelle construction. Barcelone travaille désormais à une règlementation similaire concernant le solaire photovoltaïque.

La commune a tout pouvoir pour "légiférer" en ce sens. Tout comme elle pourrait imposer la norme de "maison passive" comme norme de construction. Cela n'a rien d'utopiste : c'est tout à fait réaliste. Ce n'est qu'une question de volonté politique de le faire.

Il existe certes peu d'entreprises de construction implantées dans notre région capables de réaliser une construction passive. Tout comme il y avait il n'y a pas si longtemps très peu d'entreprises qualifiées à même de réaliser des installations solaires. Et désormais, l'offre de services dans ce domaine est abondante.

Alors il ne 'agit pas d'imposer une norme du jour au lendemain. Mais de préparer l'arrivée de cette norme et son caractère obligatoire à échéance de un, deux voire cinq ans. Et de laisser ainsi le temps aux entreprises de se former, d'acquérir les compétences nécessaires.


Si une collectivité se doit incontestablement d'agir à l'échelle collective, elle doit aussi jouer un rôle important dans l'incitation au changement des comportements individuels. Elle dispose pour cela de plusieurs leviers.

Les aides financières incitatives par exemple : telles que les aides mises en place par la ville pour les équipements solaires ou les deux-roues électriques. Des initiatives louables d'ailleurs.

Autre levier important, l'information. Le nouveau site internet de la ville, mis en place au printemps dernier, a permis de faire un grand bond en avant. Une formule qui n'a rien d'ironique, même si on partait quasiment de zéro. Faites-vous une opinion en visitant les pages consacrées aux énergies renouvelables ( voir la page d'accueil de la rubrique).

Un site internet c'est bien, mais il manque sûrement une structure d'information à même de renseigner concrètement les gens. Le genre de structure que l'on trouve justement dans les villes qui ont depuis longtemps engagée une démarche active en faveur des énergies renouvelables. Le genre de structure qui pourrait aussi étendre son rôle d'information et de conseil en réalisant des diagnostics thermiques et énergétiques des habitations.

La Maison de l'Habitat pourrait être cette structure. Elle a le mérite de déjà exister. Reste à la développer. Pour notre part on regrette simplement, et fortement, que cette structure soit implantée dans les locaux de la CALB, boulevard Lepic, c'est à dire hors de toute visibilité au quotidien. Sa place est en centre ville, là où elle pourrait jouer à fond son rôle de vitrine. Pourquoi pas par exemple dans les locaux de l'ancienne supérette du bas de la rue de Genève, qui ont servi de locaux de campagne à l'équipe Dord ?

Et puis autre levier possible, l'exemple. Prenons le cas de l'éclairage. La ville a commencé à remplacer certains éclairages publics par des systèmes modernes dont la consommation est nettement moindre. C'est un bon exemple ... d'exemple à suivre. Mais pourquoi ne pas aller plus loin ? Pour autant que l'on sache, les éclairages internes des bâtiments publics ne fonctionnent pas avec des ampoules basse consommation. A commencer par les très nombreux points d'éclairage de la salle des conseils.

Et pourquoi ne pas compléter par une action simple, peu onéreuse, et qui aurait valeur d'exemple et serait en même temps incitative ? On fait allusion à l'idée de l'équipe Aix Avenir, qui propose d'offrir à chaque foyer aixois une ampoule basse consommation en échange d'une ampoule standard.

L'idée peut sembler dérisoire. C'est loin d'être le cas. Il en faut souvent peu pour éveiller chez les gens la conscience des nécessités. Aussi peu pour leur mettre le pied à l'étrier. Cette initiative pourrait être le "peu" déclencheur du "beaucoup".

Avec un peu de chance, la majorité reprendra un jour cette idée à son compte. Sans oublier de s'en attribuer le mérite. Ou en tout cas en oubliant de rappeler qu'elle vient à l'origine d'Aix Avenir. Ca fera grincer quelques dents, mais pour les citoyens que nous sommes, l'important c'est ce qu'il y a dans la boîte, pas la boîte elle-même. Et encore moins qui nous amène la boîte.


Quoi qu'il en soit, dans le domaine des énergies propres, des énergies renouvelables, et de la réduction des consommations énergétiques, la ville d'Aix les Bains reste et demeure, hélas, une ville en retard.

Et ce n'est pas un joli slogan électoral qui y changera quoi que ce soit ! Alors, à quand les actions concrètes ?

(Suite de notre série sur Aix les Bains et le virage du 21ème siècle la semaine prochaine)
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commentaires

S
Je vous invite à lire ou relire les propositions du programme d'Aix Avenir assez développées sur ces sujets :<br /> pages 12 à 15 du Projet Complet Aix Avenir - Elections municipales 2008<br /> Par exemple, pour le solaire :<br /> - Quand la Ville permettra le« solaire pour tous ». Pour uncoût global nul, nous ferons auxparticuliers l’avance des sommessubventionnables de manière àlever un blocage financier fréquent.Des copropriétés ou des ménagesplus modestes louerons leur toit àla Ville pour 1€/mois, pour que celleciy installe des panneaux photovoltaïques.La ville revendra l’énergieproduite le temps de se rembourser(10 ans) puis cèdera l’installation aupropriétaire du toit pour 1€, celui-cien profitant plus de 15 ans encore.<br /> - Création d’une « coopérative solaire » pourfiancer des « centrales solaires photovoltaïques »architecturalement intégrées sur l’ensemble desbâtiments publics et privés de grande surface :Areva, centres commerciaux, centre nautique,actuelle MJC, gymnases, Anciens Thermes, écoles,collèges et lycée, réservoir de Corsuet, tribunes dustade Forestier ou de l’hippodrome… Le revenu tiréde cette épargne serait la revente de l’électricité.
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