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18 janvier 2009 7 18 /01 /janvier /2009 00:57
THERMES : la privatisation de l'établissement est-elle la solution incontournable, seule à même de ramener l'équilibre financier ? Voila une question qui mérite d'être posée. Car nul doute que le futur repreneur, quel qu'il soit, attend des Thermes qu'ils soient rapidement rentables. Quelle solution miracle va donc être mise en oeuvre pour arriver à ce résultat ? Et pourquoi cette solution miracle n'est-elle pas applicable à un établissement qui resterait public ?

Depuis quelques années, la situation financière de l'établissement thermal aixois ne cesse de se dégrader.

Ce n'est pourtant pas faute pour l'un de ses principaux responsables, Dominique Dord, de nous promettre le contraire. En 2001, il nous promettait 40.000 curistes pour 2005. En 2003, il nous promettait l'explosion du" bien-être" et nous vantait les mérites du changement de statut (transformation en EPIC) qui allait permettre aux thermes d'être à nouveau concurrentiels. En 2007, il nous promettait que 2008 serait l'année du rebond et du retour à l'équilibre financier. En 2008, il nous promettait toujours le retour à l'équilibre financier, mais cette fois pour 2012 !

Bref, malgré toutes ses belles promesses, Dord s'est bel et bien avéré incapable de redresser la situation. Bien au contraire, celle-ci n'a fait qu'empirer.

Et voila que brutalement, fin 2008, la "solution miracle" est tirée d'on ne sait quelque chapeau de magicien du dimanche : LA PRIVATISATION !

Une privatisation expresse, conduite sans la moindre concertation. Et vu le calendrier, on serait tenté de dire sans la moindre réflexion non plus, tant tout semble être fait dans l'urgence et la précipitation.

Une privatisation qui s'accompagne de la mise sur la touche de la majeure partie du personnel soignant.

Si l'on a déjà beaucoup de mal à saisir les raisons précises qui ont conduit les thermes à un tel effondrement de leur situation financière, on a encore plus de mal à voir en quoi la privatisation va permettre de redresser cette situation.

Ou plus exactement, on ne voit pas en quoi la privatisation serait une condition sine qua non de ce redressement.


Comme on l'a déjà écrit plus haut, la "solution" de la privatisation, préconisée par les dirigeants des TNAB, s'accompagne d'une réduction drastique des effectifs du personnel soignant, mais aussi d'une concentration de l'activité sur le seul site de Chevalley. Hormis ces deux mesures phares, aucun autre élément déterminant n'a été porté à la connaissance du public.

On peut donc en déduire que ce sont ces deux mesures, et uniquement celles-ci, qui vont permettre aux thermes de retrouver dans un premier temps l'équilibre financier, puis dans un second temps de dégager une marge bénéficiaire. Car nul doute que c'est ce qu'attendent les futurs investisseurs privés : une activité rentable, qui dégage des bénéfices.

On peut donc, avec un certain cynisme, se poser la question suivante : s'il "suffit" pour rétablir l'équilibre financier des thermes de se séparer de 150 physiothérapeutes et de concentrer l'activité sur le site de Chevalley, pourquoi ne pas le faire dans le cadre d'une structure publique ?

Si l'état est capable de se débarrasser de 150 fonctionnaires en quelques semaines pour mieux confier la suite au privé, on peut imaginer qu'il peut tout autant le faire en maintenant l'activité des thermes dans le giron public.

Si, comme le dit Thierry Dieuleveux, président du conseil d'administration de l'établissement, le projet de restructuration de l'établissement (1) vise prioritairement à mieux ajuster ses dépenses à ses recettes, pourquoi cet ajustement ne peut-il pas être réalisé dans le cadre d'une structure publique ?

A en croire leur article mis en ligne le 15 janvier 2009 sur leur blog, les élus d'Aix Elan considèrent que le "changement de statut" (encore une autre expression pour éviter de parler de privatisation) est inévitable, et même souhaitable.

On serait curieux qu'ils exposent plus en avant leurs arguments venant étayer ce caractère "inévitable et même souhaitable" de la privatisation de l'établissement thermal.

Dans un autre article également publié le 15 janvier 2009, ces mêmes élus affirment ne pas avoir changé de position sur la question des thermes depuis la campagne électorale de 2008. Or à l'époque ils déclaraient penser que "la ville doit s'engager dans la reprise des Thermes, car elle doit demeurer maîtresse de sa richesse".

Et c'est en confiant cette richesse qu'est l'activité thermale au privé qu'en 2009 la ville va en demeurer maîtresse ? On a un peu de mal à les suivre ...



(1) "Projet de restructuration" : une expression "politiquement correcte" pour ne pas dire "privatisation", histoire de ne pas effrayer le bon peuple sans doute ...
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