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25 janvier 2009 7 25 /01 /janvier /2009 00:58
En son temps, c'est le Général de Gaulle qui avait usé de ce surnom bien peu respectueux, le "machin", pour qualifier l'ONU. Une organisation qui avait l'heur de lui déplaire.

Sans doute d'ailleurs plus davantage parce qu'elle le gênait dans sa politique étrangère, ne lui laissant pas les coudées franches, plutôt qu'en raison de son coût dispendieux (ou en tout cas de son rapport service rendu/coût peu avantageux).

Bien que loin de ces considérations géopolitiques internationales d'un autre temps, les aixois et leurs voisins peuvent sans doute quand même reprendre ce surnom à leur compte, pour parler de leur "machin" à eux : la CALB.

Lors de sa prise de fonction à la présidence de la CALB en avril 2008, Dominique Dord avait indiqué que sa priorité serait de définir les compétences de la CALB. Compétences étant à prendre au sens de champs d'intervention. Préciser aurait sans doute été un terme plus approprié que définir, mais il n'en demeure pas moins qu'effectivement, même pour les élus locaux qui y siègent, les compétences exactes de la CALB étaient encore floues au printemps dernier.

Ce qui ne manque pas de surprendre. Car rappelons que la communauté d'agglomération remonte à octobre 2001 (1). Et en avril 2008, six années et demi plus tard, les compétences de cette collectivité publique demeuraient encore floues. De quoi se poser des questions sur l'utilité même de cette collectivité.

Une collectivité pourtant dotée d'un budget conséquent. Pour l'exercice 2007, le budget global de la CALB était de 43 millions d'euros, se répartissant en 12 millions d'euros d'investissement (2), et 31 millions de fonctionnement. Soit près de 800 euros par habitant.

Il semblerait donc légitime, vu les sommes en jeu, que les compétences de cette structure soit clairement définies, et que l'emploi des sommes en question, tout comme les actions menées par la CALB, soit clairement identifiables, en toute transparence.


Et là,  le bât blesse (3). Car la transparence fait cruellement défaut dans la gestion de la CALB. Un manque de transparence qui remonte à avant la présidence de Dominique Dord. On tient à le préciser pour ne pas être accusés de faire de l'anti-dordisme primaire.

Nous avons par exemple eu la curiosité d'explorer en long en large et en travers le site internet de la CALB. Comme on pouvait s'y attendre, nulle trace sur ce site du répertoire des documents administratifs de la collectivité. Un document dont l'existence est pourtant obligatoire, et qui doit être accessible sur le site internet de la collectivité dès lors que celle-ci en possède un.

Pour la petite histoire, ce répertoire des documents administratifs n'est pas un document administratif de plus, sans le moindre intérêt. Il permet à tout un chacun de prendre connaissance de l'existence et de la nature des documents émis par la collectivité, et donc d'en demander aisément communication. C'est donc, pour le citoyen, un outil indispensable pour pouvoir s'informer dans la transparence.


Autre exemple, encore plus flagrant, les rapports annuels d'activité que la CALB a obligation de produire. Des rapports censés permettre à chacun d'avoir une vue précise des actions entreprises (c'est écrit en ces termes sur le site de la collectivité).

Et bien, à la date du 23 janvier 2009 (voir copie d'écran ci-dessous), le site propose le rapport d'activité de 2004, celui de 2005 et ... c'est tout. Le rapport de 2006 est mentionné comme étant "en cours", et nulle trace bien évidemment de celui de 2007. Ne parlons donc pas de 2008.

Un peu "léger" non ? Mais peut-être est-ce là une des conséquences directes du flou régnant sur la définition précise des compétences de la CALB. Comment en effet rédiger des rapports sur des activités que l'on cerne mal ?


Quoi qu'il en soit, Dominique Dord avait donc promis de mettre bon ordre dans ce flou. Pour cela, ce qui restait de l'année 2008 allait être consacré à un audit et à des études, la plupart confiées à des prestataires externes. Avec un objectif commun : préciser clairement les secteurs dans laquelle la CALB doit intervenir, et ceux où elle ne doit pas intervenir.

Le nouveau président de la CALB a fait le point en ce début d'année 2009. L'Hebdo des Savoie s'en est fait l'écho dans son édition du 15 janvier. Et on reste sur notre faim. Car si les études promises ont bien été réalisées, les décisions se font elles toujours attendre.

Dans son interview, Dominique Dord pose quelques jalons assez vagues, lance des idées ... et parle de nouvelles études qui vont devoir être réalisées. Apparemment pour les actions, il faudra encore prendre notre mal en patience. Un attentisme que le journaliste de l'Hebdo des Savoie souligne non sans malice, en parlant d'avancées bien timides. C'est effectivement le moins que l'on puisse dire.


A se demander si nos responsables politiques, au moment de créer cette collectivité, n'ont pas mis la charrue avant les boeufs. Autrement dit si cette structure n'a pas été montée sans que quiconque pense d'abord à définir à quoi elle allait bien pouvoir servir.

On en sourirait presque ... si tout ceci ne se faisait pas avec notre argent. Et si, pour pimenter le tout, les politiques à la tête de cette collectivité ne pouvaient se prévaloir de la légitimité du suffrage universel (4).

Mais bien y réfléchir, l'acronyme CALB ne signifierait-il pas justement
 Charrue Avant Les Boeufs ?


(1) Elle s'appelait initialement CCLB (Communauté de Communes du Lac du Bourget) et non CALB (Communauté d'Agglomération du Lac du Bourget), mais il s'agit bien là de la même structure.
(2) Au sens de la comptabilité publique du terme.
(3) On a bon prof ? (message personnel à un fidèle lecteur qui se reconnaitra, et qu'on salue au passage)
(4) On rappelle que les politiques à la tête de la CALB ne sont pas élus directement par les citoyens, mais par leurs élus locaux. Et les élections de 2008 pour la CALB ont été l'occasion de démontrer que ce mode de scrutin souffrait de bien des carences en matière démocratique.
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