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12 février 2009 4 12 /02 /février /2009 03:03
Depuis quelque temps, les responsables des Thermes essaient de focaliser l'attention du public sur les charges de personnel de l'établissement. Ils s'appuient pour cela sur le dernier audit de la Cour des Comptes. Lequel mettait effectivement ce point en exergue.

Mais contrairement à la stratégie de communication actuelle des dirigeants de l''établissement, quels qu'ils soient, la Cour des Comptes ne faisait pas des charges de personnel la source unique des maux des TNAB.

Or aujourd'hui l'attention est focalisée sur cette seule et unique cause. Comme en témoigne par exemple un récent article dans lequel le DL écrit "Mais pour que l'État mette la main à la poche, il lui faut encore un signe fort : un plan de restructuration capable de réduire sérieusement les coûts de fonctionnement dans une "entreprise" où 70% d'entre eux sont des charges de personnels".

Il convient tout d'abord de rappeler que si comptablement parlant, les salaires et les charges sociales sont bien par nature des "charges", il n'en demeure pas moins que les personnels qui sont à l'origine de ces charges sont indispensables à la bonne marche de l'établissement.

Sans personnel d'accueil, sans personnel administratif, sans personnel technique, sans personnel soignant ... les Thermes ne fonctionnent pas.

Mieux, les personnels, ce sont la deuxième richesse des Thermes. Juste derrière ses clients (les curistes). Mais devant l'outil de production (locaux, bâtiments, sources ...).

Ceci étant, pour indispensable qu'il soit, le personnel n'a aucune raison d'être pléthorique. Nous sommes entièrement d'accord là-dessus.


Depuis 2001, la baisse de fréquentation des Thermes s'est aggravée. Certes elle ne date pas d'aujourd'hui, mais elle s'est accrue.

Pour faire face à cette baisse de fréquentation, et à la baisse concomitante de son chiffre d'affaires, l'établissement disposait de plusieurs moyens d'action. Comme n'importe quelle entreprise d'ailleurs. Essayer de regagner des clients de façon à faire repartir également son niveau de chiffre d'affaires à la hausse. Ou baisser ses charges, pour les adapter à son niveau de chiffres d'affaires. Ou encore un mix des deux.


Aujourd'hui, force est de constater que les recettes miracles tant vantées par Dord n'ont pas porté leurs fruits : la métamorphose du bien-être, la transformation en EPIC, la promotion ... etc n'ont pas permis de relancer la machine.

On ne cherchera pas dans le présent article à débattre du bien-fondé de ces mesures. C'est un autre sujet. On s'intéressera par contre à l'évolution de la situation comptable des TNAB sur la période 2002-2006, c'est-à-dire la période où justement ces mesures ont été mises en oeuvre.

Sans rentrer dans les détails, plusieurs chiffres doivent être mis en évidence :

  • Tout d'abord le chiffre d'affaires a progressé de +3% entre 2002 et 2006. Preuve que l'établissement a tout de même partiellement su trouver des solutions pour ne pas subir une baisse globale de son C.A. proportionnelle à sa baisse de fréquentation. Ce n'est peut-être qu'un pis-aller, mais c'est mieux que rien.
  • Ensuite sur la même période, les charges de personnels (salaires + charges sociales) ont pour leur part baissé de -7%. Elles ne peuvent donc expliquer l'accroissement des difficultés financières de l'établissement, dans la mesure où elles baissent alors que le C.A. augmente.
  • On constate enfin (chiffres en blanc sur fond rouge) que, toujours entre 2002 et 2006, les achats et charges externes font un bond de +67%, pendant que les amortissements et provisions grimpent eux de +47%. Soit 2,7 millions d'euros de charges en plus, pendant que les charges de personnels diminuent elle de 1 million d'euros.

( cliquez sur l'image pour l'agrandir si vous avez des difficultés à lire les chiffres)


NB : nous n'avons hélas pas réussi à nous procurer les chiffres de 2007, et encore moins ceux de 2008. Car depuis fin 2006 et le n° spécial publié par AIXaspérant, les portes se sont verrouillées devant nous (bien que nous n'ayons d'ailleurs aucun rapport avec les éditeurs de cette revue). Nous lançons donc un appel aux bonnes volontés qui pourraient nous fournir ces éléments, afin de poursuivre notre analyse sur ces deux années.



NOTRE POINT DE VUE SUR LA QUESTION

Dans un précédent article (lire par ailleurs 31/01 - Retour sur le projet de redressement des TNAB), nous évoquions les trois volets du projet de redressement de l'établissement.

Le deuxième volet de ce projet repose sur "une politique d'achat rigoureuse".

Au vu des données comptables de la période 2002-2006, il semble assez évident que la politique d'achat pratiquée pendant ces années n'a guère été rigoureuse. C'est le moins que l'on puisse dire quand les charges externes explosent de +67% alors que dans le même temps le chiffre d'affaires n'augmente lui que de +3%.

On croit même pouvoir dire qu'on est en face d'une politique d'achat inconsidérée, en tout cas sans rapport avec les capacités réelles de l'établissement, et peut-être pas non plus en rapport avec ses besoins.

Le même constat peut sans doute être fait pour ce qui concerne la politique d'investissement, que traduit l'augmentation elle aussi très substantielle des amortissements et des provisions, qui grimpent de +47%.



Dès lors il nous semble légitime de poser la question : pourquoi chercher à focaliser l'attention du public sur le "problème" des charges de personnel, alors que le "problème" des charges semble se situer bien ailleurs ?

Et nous risquons une réponse : parce qu'on détourne
ainsi l'attention du public des vrais problèmes. En limitant la source de tous les maux aux seules charges de personnel, on cherche à absoudre les dirigeants de toutes les erreurs de gestion commises. Ou du moins à masquer ces erreurs.

Et par la même occasion à masquer l'échec global des solutions préconisées et appliquées pendant toutes ces années, et donc l'échec politique et économique de Dominique Dord sur ce dossier.



Pour autant, on ne se place pas en donneurs de leçons, dans la plus pure tradition des IAKAFAUKON (ou plus exactement de IAVAIKA IAURAIFALLUKON). Pour la bonne et simple raison que n'ayant pas été à la tête de l'établissement thermal pendant toutes ces années, comme ce fut le cas pour MM. Dord et Michel, nous n'avons pas connaissance de tous les éléments.

Ce que l'on voudrait, c'est que les responsables de l'époque, dont certains sévissent encore aujourd'hui, même s'ils tentent de se faire très discrets comme s'ils étaient totalement étrangers à la question, aient le courage d'analyser publiquement leurs actions, leurs responsabilités, leurs succès, leurs échecs.

En lieu et place de quoi, ils pratiquent la politique de l'autruche, et même pire, cherchent à rejeter la pleine et entière responsabilité sur d'autres, tout en faisant le gros dos le temps que l'orage passe.

Un bien triste spectacle ...

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