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15 février 2009 7 15 /02 /février /2009 00:57
Ce devait être un des fleurons (un de plus) des projets immobiliers aixois. Mais le "papy qui fait de la résistance" ne l'entendait pas de cette oreille. Aujourd'hui, ce ne sont sûrement pas les dirigeants du groupe Meunier qui s'en plaindront. 

On ne sait pas si Gratien Ferrari, ancien député-maire d'Aix les Bains, appréciera cette appellation d'origine non contrôlée de "papy qui fait de la résistance". Qu'il se rassure, elle se veut plus affectueuse qu'autre chose, tant il est vrai qu'on a le sentiment que les actions et combats qu'il poursuit sont dénués de toute arrière-pensée politique, d'ambition personnelle ou encore de tendance revancharde, mais visent simplement à la défense de l'intérêt collectif.

Gratien Ferrari ne nous dira peut-être pas merci. Mais on est par contre quasiment sûr qu'à ce jour, les dirigeants du groupe Meunier doivent eux lui dire quotidiennement un grand merci.

Oh bien sûr, en pensée seulement. Il ne faudrait tout de même pas froisser l'actuel député-maire, qui a maille à partir avec l'ancien.



Rappelons que le groupe Meunier est la société qui devait donner corps au projet immobilier "indispensable et urgent" que la famille Garancini a réussi à fourguer à la ville d'Aix les Bains en ... 2001. C'est dire si l'urgence était de mise.

Un projet que la ville, ou plus exactement son maire nouvellement élu Dominique Dord, ne s'était d'ailleurs pas fait prié pour l'accepter. Sans la moindre garantie quant à sa réalisation. Sans savoir qui étaient les investisseurs derrière ce projet gigantesque, à l'évidence hors de portée des compétences des Garancini. Sans prendre la moindre précaution dans les actes officiels, par exemple pour permettre un retour en arrière en cas de non réalisation après un délai donné (précaution pourtant habituelle dans n'importe quel projet immobilier).

En parlant de concret et de réalisation, on n'a rien vu venir pendant de longues années. Ni du côté du projet, ni du côté des "contreparties" dont les habitants aixois devaient bénéficier grâce à l'échange de biens réalisé entre la ville et les Garancini. On pense bien sûr à la salle polyvalente, promise pour 2002 au plus tard, et qu'on attend toujours en 2009.



Les choses ont commencé à bouger en octobre 2007, presque six années après que Dord ait manifesté son enthousiasme pour ce projet et pressé ses conseillers municipaux de l'accepter dans l'urgence en décembre 2001.

Rien de réellement concret encore, mais au moins un permis de construire déposé et obtenu. Par rapport au néant absolu, cela fait infiniment plus ! Sauf que le permis accordé le 10 octobre 2007 concerne un projet sans grand rapport avec le projet initial de 2001, et les promesses grandiloquentes des Garancini auxquelles Dord a accordé foi sans la moindre réserve.

Mais bon, c'était déjà ça.

Oui, mais c'était sans compter avec notre "papy qui fait de la résistance" (on insiste ...), qui y voyait sans doute anguille sous roche, et plus certainement une nouvelle entorse à la défense de l'intérêt public. Et Gratien Ferrari d'engager donc un recours (encore un ! lire encadré ci-dessous) devant le tribunal administratif, à l'encontre de ce permis de construire.

L'affaire étant toujours en cours d'instruction, on ne vous en dire pas plus.



Mais ce dont est certains, c'est que l'un dans l'autre, les dirigeants du groupe Meunier doivent se féliciter tous les jours que Gratien Ferrari ait eu la riche idée de s'opposer à leur projet.

Car entre temps, la crise est passée par là. Et les affaires immobilières sont bien loin d'être florissantes. Il suffit pour s'en convaincre de passer la porte des agences immobilières et de discuter quelques instants avec leurs responsables. Ou encore de voir le nombre de projets immobiliers gelés, ou complètement abandonnés :  rien que sur Aix les Bains, les doigts des deux mains ne suffisent pas à les dénombrer. Et pas sûr qu'y ajouter les orteils suffise !

Cerise sur le gâteau (si l'on peut dire), voila qu'avec la privatisation des Thermes s'annonce la mise en chantier d'un projet immobilier directement concurrent de celui de Meunier, en la personne d'une résidence de tourisme directement intégrée au site thermal de Chevalley.

Une résidence qui bénéficiera donc de l'aura d'un des complexes thermaux les plus modernes et performants d'Europe (1). Autant dire un ensemble qui risquerait fort de faire beaucoup d'ombre au projet de Meunier, si celui-ci voyait le jour.

Alors oui, les dirigeants de Meunier doivent chaque jour dire un grand merci à Gratien Ferrari pour leur avoir évité de lancer la réalisation de ce projet qui risquait fort de leur faire boire la tasse.

Quant aux aixois, ils peuvent eux aussi lui dire un grand merci : pour leur avoir évité, au moins temporairement, le bétonnage de cet espace vert où il fait si bon se promener.




Finalement, les seuls qui ne doivent pas dire merci à Gratien Ferrari dans cette histoire, ce sont sans doute les Garancini, qui se retrouvent avec 30.000 m² de terrains sur les bras, et personne pour les leur racheter. Bon, ceci étant, au prix où ils les ont payés, il n'y a pas trop de quoi s'inquiéter.

Et puis tout n'est pas perdu pour eux, loin de là. Car avec la fin du thermalisme aixois viendra peut-être aussi la fin des zones spéciales du Plan Local d'Urbanisme (PLU), qui réserve certaines parcelles à la seule fin de constructions en rapport direct avec le thermalisme, qui doit être prédominant dans le projet.

Si ces restrictions tombent, cela pourrait alors être le jackpot du siècle ! A votre avis, même par les temps difficiles qui courent, à combien pourrait se vendre des parcelles à bâtir à deux pas du coeur de ville, en bordure immédiate d'un secteur naturel protégé, au calme, avec vue sur le lac ?

Rappelons que les terrains en question ont été achetés 15 euros du m², et qu'il y en a pour un peu plus de 30.000 m². Sortez vos calculettes !


(1) Enfin, c'est comme ça qu'on nous le "vend". Sauf que bizarrement, vous allez voir qu'au moment de le vendre vraiment (c'est-à-dire de le céder aux futurs repreneurs privés), sa valeur risque fort de ne pas refléter du tout cet état revendiqué d'un des complexes thermaux les plus modernes et performants d'Europe.

A PROPOS DE LA "RECOURITE" DE GRATIEN FERRARI

Il est facile pour Dominique Dord de taxer Gratien Ferrari, et d'autres, de procéduriers qui ne font rien qu'à engager des recours. Lui n'en n'a évidemment pas besoin puisqu'il est au pouvoir (aux pouvoirs serait d'ailleurs plus exact), et que de plus il dispose d'énormes moyens de communication.

A l'opposé, les recours devant les tribunaux sont les seuls moyens concrets mis à la disposition de celles et ceux qui, pour une raison ou une autre, ne sont pas d'accord avec telle ou telle décision.

Et encore, il en faut du courage et de la patience pour oser s'aventurer dans un recours. Outre que les méandres du droit administratif sont particulièrement retors, les requérants, qui se battent souvent seuls et sans réels moyens, doivent affronter une armada d'avocats spécialisés et de communicants payés par ... les deniers publics.

David contre Goliath en quelque sorte. Mais en bien pire !


(Le projet de la Crémaillère vu sous l'angle des soldes aixoises)



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