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15 février 2009 7 15 /02 /février /2009 00:56
Et si le conflit social des personnels fonctionnaires n'était que la résultante d'une manoeuvre orchestrée en haut lieu ? Histoire de focaliser les regards, et de détourner notre attention du "reste". C'est-à-dire du bradage du patrimoine public, et de la responsabilité qu'en porte nos dirigeants. Une sorte de contre-feu destiné à produire un bel écran de fumée en quelque sorte.


« Ma mission est à la fois simple et complexe. Elle est simple car il s'agit d'accompagner les fonctionnaires qui ont quitté les thermes tout en préservant leurs droits. Mais c'est aussi une situation complexe car c'est une situation inédite. L'essentiel de ces agents sont des physiothérapeutes qui n'ont d'équivalent nulle part ailleurs. Cette situation va alors nécessiter non seulement une recherche d'emploi mais aussi de créer des outils juridiques indispensables à cette reconversion ».

Ces propos sont ceux de Dominique Acker, chargée de la mission de reclassement des fonctionnaires des thermes, et bien tardivement nommée par les autorités de tutelle.

Avant d'aller plus loin, on se permet une remarque : il eut été plus juste pour Mme Acker de dire « les fonctionnaires qu'on a forcé à quitter les thermes », en lieu et place des « fonctionnaires qui ont quitté les thermes », comme s'il choisissait d'un libre choix relevant de leur seule initiative.

Au-delà de cette parenthèse, refermée, ce que l'on peut retenir des propos de Mme Acker, c'est tout d'abord que sa mission est indispensable. Inéluctable pour reprendre un qualificatif à la mode en ce moment pour évoquer un autre aspect de ce dossier, à sa voir la privatisation de l'établissement.

Indispensable, inéluctable, et donc en partie simple. En d'autres termes, la réalisation de cette mission est une évidence. Une évidence nécessaire, qui aurait donc du s'imposer de longue date à tous les décideurs impliqués dans ce dossier.

Alors pourquoi n'en n'a-t-il pas été ainsi ? Pourquoi a-t-il fallu attendre le déclenchement d'un conflit social ouvert et l'occupation d'une mairie détenue par un député-maire UMP pour qu'enfin cette mission démarre ?


Une explication pratique consisterait à dire que les décideurs auraient en l'espèce été bien légers, et auraient plus pêché par manque de temps ou autre, que par manque de compétence ou manque de connaissance des réalités aixoises.

Explication pratique, mais peu plausible. Qui peut croire qu'aucun responsable, qu'il soit gestionnaire, politique, ou les deux en même temps, n'aurait pas, ne serait-ce qu'un instant, entraperçu la nécessité de cette mission avant d'enclencher la machine ?

Personne bien évidemment. Sauf à penser que tous les responsables en question seraient des incompétents notoires. Une hypothèse à laquelle on n'ose accorder ne serait-ce qu'un rien de crédit.

Ce qui ramène à notre question initiale : pourquoi avoir attendu si longtemps, et l'éclatement d'un conflit social ?




Il se trouve que le reclassement et la reconversion des physiothérapeutes et autres fonctionnaires des TNAB n'est pas le seul aspect de ce dossier. L'autre aspect, c'est la privatisation de l'établissement thermal. Une privatisation qui s'accompagne également de la fermeture définitive des anciens thermes du centre ville, et donc de la réaffectation de leurs immenses bâtiments, fraichement rénovés grâce à des fonds publics, et idéalement situés en plein cœur d'Aix les Bains.

Que sait-on aujourd'hui de cette privatisation et du devenir de ces bâtiments ? Rien. Absolument rien. Si ce n'est que l'état va injecter de l'argent dans l'EPIC pour boucher le trou de son déficit avant de le céder à des investisseurs privés.

Un établissement qu'on renfloue financièrement. Des bâtiments qu'on rénove. Le tout avec de l'argent public, et juste avant de les céder au privé (1). Voila qui fleure « bon » le bradage du patrimoine public, et le cadeau au privé.



D'où cette explication que l'on vous propose. Le déclenchement du conflit social des fonctionnaires thermaux résulte d'une stratégie délibérée de la part des organisateurs de la privatisation.

En faisant tout pour déclencher ce conflit, ils étaient ainsi sûrs et certains de focaliser sur lui les forces que les organisations politiques et syndicales sociales locales allaient jeter dans la bataille.

Comme ils étaient tout autant sûrs et certains d'user les forces en question, et de les laisser quasiment exsangues au moment du dénouement.

Et donc sûrs et certains de trouver désormais face à eux un boulevard totalement dégagé. Le boulevard du crépuscule du thermalisme aixois. Le boulevard de la privatisation.


La stratégie du contre-feu. Une stratégie bien maîtrisée par notre député-maire, qui n'en n'est pas à son coup d'essai en la matière.


Une stratégie à l'évidence ... payante. Qui parle encore aujourd'hui du fond du problème ? Qui va aujourd'hui se battre pour que les millions publics investis ces dernières années ne profitent pas à de seuls intérêts privés ?

L'avenir apportera la réponse. Mais on craint qu'il ne soit déjà tout écrit.









(1) Pour l'établissement thermal, la décision est prise. Pour les bâtiments des anciens thermes, rien n'est encore officiellement annoncé. Mais la mairie a d'ores et déjà enterré le projet de déménagement de la bibliothèque et des archives municipales au 3ème étage. L'institut privé Peyrefitte continue pour sa part d'occuper l'aile sud du 1er étage, et de profiter, désormais en exclusivité, de la piscine.

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