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13 septembre 2010 1 13 /09 /septembre /2010 07:45

L’affaire de la subvention de 300.000 euros illégalement versée par la mairie d’Aix les Bains dans le cadre de l’aménagement de l’esplanade Léon Grosse a déjà longuement été évoquée dans nos pages. Mais, en repassant l’autre jour devant la dite placette, un clignotant s’est soudain allumé. Comment l’aménagement de cette morne placette a-t-il bien pu coûter une telle somme ?

La partie de l’esplanade Léon Grosse aménagée par le promoteur de l’opération mesure en effet environ 600 m². Et son aménagement est plutôt « léger ». Au sol, un revêtement de béton qui laisse apparaître les gravillons qui le composent, entrecoupé de grandes lignes empierrées. Et au milieu une fontaine dont le moins que l’on puisse dire est qu’elle ne casse pas des barres. Chacun peut se faire une idée sur place, ou sur la photo ci-dessous (cliquez sur la photo pour l'agrandir).

 EsplanadeGrosse.jpg

Ces piètres aménagements valent-ils vraiment les 300.000 euros que Dord a choisi de faire verser au promoteur ? Franchement, on en doute. Ca fait tout de même 500 euros du m². Un petit tour chez Castorama (ou autre) permet de se faire une petite idée des prix. Les dalles gravillonnées, donc d’un revêtement similaire à celui qui recouvre la majorité de la place, tournent aux alentours de 10 euros le m². Quand aux parties empierrées de la place, elles auraient pu être faites avec des dallages dont le prix se situe aux alentours des 35 euros le m². Comptons 500 m² de dalles gravillonnées et 100 m² de dallage en pierre : on arrive à 8.500 euros de fourniture. Disons 10.000 pour faire bon poids. Reste donc 290.000 euros pour la mise en œuvre des matériaux. Est-ce réaliste ? Non, bien évidemment. D’autant moins qu’il ne faut pas perdre de vue que les travaux ont été réalisés par les entreprises qui étaient en charge de l’opération immobilière. Autrement dit, il ne faut pas raisonner en prix de vente, incluant une marge, mais en prix de revient brut.

En résumé, le « sérieux et rigoureux » Dominique Dord a donc fait verser une subvention de 300.000 euros à une société privée pour qu’elle réalise, sur le domaine privé (et non sur le domaine public), des aménagements dont le coût est à l’évidence nettement inférieur à ce montant.

Fin 2009, le tribunal administratif de Grenoble, saisi par des citoyens aixois depuis 2005 (!), a rendu son verdict : le versement de cette subvention est sans fondement légal. Autrement dit, cette subvention est illégale. Hors la loi si vous préférez. Dord, pour sa part, préfère sans doute « à côté de la loi ». Et au lieu d’accepter ce jugement, qui va dans l’intérêt de ses contribuables puisqu’il permet à la ville de récupérer 300.000 euros dans ses caisses, il décide de faire appel de la décision. Et pour ce faire n’hésite pas à dépenser encore un peu plus d’argent public en honoraires d’avocats.

La décision en appel n’a pas encore été rendue. En tout état de cause, elle ne concernera que la forme. Il serait bon qu’une quelconque autorité se penche également sur le fond.


LE MOT DE LA FIN

Il n’est pas inutile de rappeler que dans le projet monté initialement par le promoteur et la mairie, c’est bien le promoteur qui devait réaliser les aménagements de cette place. Et ce sans la moindre compensation financière. Ce qui était parfaitement normal vu que le terrain d’assise de la dite place fait partie du domaine privé. Ce n’est qu’après que le promoteur ait eu la mauvaise surprise de devoir engager de très importants et très coûteux travaux de dépollution du terrain sur lequel il bâtissait ses immeubles que cet « arrangement » a vu le jour. De là à dire que les 300.000 euros de subvention décidés par Dord n’étaient là que pour dédommager le promoteur de ses frais de dépollution, il n’y a qu’un pas que certains n’ont pas hésité à franchir.

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