Suite de notre article d'hier sur « les P'tious Savoyards » (à lire
en cliquant ici).
Le devenir de l'association « les P'tious Savoyards » a été évoquée lors du conseil municipal du 2 juin dernier. Le groupe Aix Avenir, par la voix de
Christian Serra demandant au maire de « donner une position cohérente de la ville sur ce dossier », à l'occasion de la séance des questions diverses.
Pour Aix Avenir, la convention d'occupation passée l'année dernière entre la ville et l'association a une durée de trois ans. Par ailleurs, l'association aurait lancée, à la demande de la
ville, une étude de faisabilité pour une location-vente, étude pour laquelle « les P'tious Savoyards » ont déjà engagé 17.000 euros de dépenses pour la transformation des locaux en
musée-restaurant.
Le maire a répondu sur certains points, et ses réponses méritent d'être exposées, mais aussi commentées.
Concernant la convention, Dominique Dord a précisé qu'elle était bien d'une durée de trois ans, mais assortie d'une clause de précarité permettant sa dénonciation dès la 1ère
année.
Le maire s'est également érigé en « plus fidèle soutien des P'tious Savoyards », prenant pour « preuve » les subventions accordées depuis longtemps par la ville à
l'association. Une preuve tout de même un peu maigre : pour 2007, la subvention versée s'est élevée à 2.000 euros, soit 0,65% du montant total des subventions accordées pour les
beaux-arts et l'animation(1).
Pour expliquer sa décision de dénoncer la convention d'occupation au 1er juillet prochain, le maire a avancé trois arguments.
En premier lieu, l'association ne ferait pas l'unanimité parmi les riverains, auteurs parait-il de nombreux courriers de protestation. Un argument pour le moins surprenant, sachant
que les locaux actuellement occupés par l'association ne comptent pas vraiment de riverains, comme le montre la vue aérienne ci-dessous. Le cercle rouge indique l'emplacement des dits
locaux. Les riverains les plus proches (la maison au nord-ouest - flèche rouge) sont à 100m. Quant aux maisons situées sur Pugny, en contrebas de la route du Revard (flèches jaunes), elles sont
plus éloignées, et séparées des locaux des « P'tious Savoyards » par une route et un bois.
On voit donc mal quelle gêne l'association peut occasionner à l'encontre de ses « riverains ». Mais surtout, on peut s'interroger sur la légitimité des dits riverains à obtenir
le départ de l'association, au seul prétexte qu'elle leur déplait. Donner du crédit à cet argument, c'est « ouvrir la porte à toutes les fenêtres ! »
On peut par exemple imaginer que les riverains de la Ribambelle, boulevard Amélie Gex, demandent le départ de cette association. Idem pour les riverains de DEVA, rue Jean Monard. Et pourquoi
une demande des riverains du conservatoire ne serait-elle pas tout autant recevable ? Sans parler du festival Musilac, qui ferait plutôt l'unanimité contre lui : selon le principe
appliqué aux P'tious Savoyards, les riverains des bords du lac (et même au-delà) seraient donc en droit d'exiger que MUSILAC s'exile ailleurs !
Deuxième argument avancé par le maire pour expliquer sa décision : le dépôt d'une demande de permis de construire par « les P'tious Savoyards ». « Je ne vois pas
comment nous pouvons laisser des travaux se faire compte tenu de la précarité de l'occupation des lieux », explique le maire.
En ce cas, pourquoi avoir demandé à l'association d'engager une étude de faisabilité d'une location-vente, dans le cadre d'un réaménagement complet des locaux en musée-restaurant ?
On avoue notre perplexité la plus totale !
Qui plus est, la ville n'a pas besoin « d'expulser » l'association pour ne pas autoriser la réalisation des travaux : il lui suffit de ne pas accorder le permis de
construire.
Enfin, troisième et dernier argument avancé par le maire, le fait que « si nous décidons d'implanter d'ici trois ou quatre ans un camping ou un centre aéré sur ces lieux, l'association
perdrait le bénéfice de ses installations ».
Un argument qui, à nouveau, nous semble fort discutable. L'éventuelle implantation d'un camping ou d'un centre aéré à proximité n'est en rien incompatible avec le maintien dans leurs locaux des
« P'tious Savoyards ». Au pire, un bâtiment remis à neuf, servant de musée et de restaurant, pourrait sans mal être ré-agencé pour un autre usage : l'association pouvant alors
monnayer auprès du nouvel occupant les investissements réalisés par ses soins.
Globalement, on le voit, les arguments avancés sont donc fort discutables. A la fois sur la forme et sur le fond. Et on ne voit pas très bien en quoi ils
justifient l'urgence de cette « expulsion ». D'autant que, toujours d'après le maire, les recherches d'une solution de relogement ont démarrées il y a seulement trois ou quatre
mois.
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