Dominique Dord et Corinne Casanova ont beau eu s'époumoner, depuis la première présentation à la CALB du rendu de l'étude prospective d'aménagement du front de
lac, il n'en demeure pas moins qu'on a bien du mal à avaler les énormes couleuvres qu'ils entendent nous faire gober.
A en croire les deux élus, cette étude aurait donc été menée en toute liberté par l'agence Ménard, sans la moindre directive ni consigne de la part des collectivités concernées. L'étude
n'aurait donc aucune valeur opérationnelle ni même pré-opérationnelle, et ne reflèterait en rien les idées d'aménagement de la CALB ou de la ville d'Aix les Bains.
Et enfin la presse se serait fait un plaisir de monter en épingle l'histoire de la tour de 80m au grand port. Une réflexion de Dord lui-même, que l'Hebdo des Savoie, premier journal à avoir
sorti l'info, n'a pas vraiment eu l'air de trouver à son goût hier soir.
Sans être dans le secret des Dieux, on imagine quand même sans mal que ce n'est pas par hasard que l'image de
synthèse de cette tour (ci-contre) a été remise à la presse. Penser autrement serait faire injure aux qualités de communication hors pair du député-maire aixois, qui maitrise parfaitement ce
sujet et ne laisse en la matière jamais rien au hasard. On prend donc le pari que c'est par une volonté tout à fait délibérée des édiles locaux que cette image a paru dans la presse
locale.
Reste à savoir quel était l'objectif visé. Sûrement pas celui de la transparence ! Nous avions pour notre part évoqué le principe du projet repoussoir. Un principe de base de la
communication, qui consiste à présenter un projet tellement mauvais ou inacceptable qu'il va cristalliser contre lui toutes les forces d'opposition, et laisser ainsi place nette aux autres
projets (les vrais). C'est une hypothèse qui peut se défendre.
Mais à entendre la conviction avec laquelle Corinne Casanova a défendu hier soir l'idée de ce bâti vertical, qui selon elle n'est pas sans rappeler les grandes heures des bâtisseurs, qui ont
toujours construits en hauteur (donjons, cathédrales, gratte-ciel)(1), on se dit que l'idée de cette construction n'a pas forcément germée dans le seul cerveau des consultants de
l'agence Ménard. Surtout quand le maire lui-même ajoute qu'intellectuellement il trouve l'idée de cette tour séduisante.
Bref, à entendre ce duo d'élus, on pourrait aussi supposer, sans que cela soit sans fondement, qu'en fait de projet repoussoir, l'histoire de la tour était en fait un joli coup de bluff,
version ça passe ou ça casse. Avec à la clé si ça passe, la certitude d'être vus comme des précurseurs d'avenir, des visionnaires de la modernité et patati et patata. Et si ça casse, la
possibilité de battre en retraite en attaquant ! C'est-à-dire de faire siennes les idées des opposants majoritaires à cette ineptie, et d'endosser le double costume du pourfendeur des
velléités bétonnières et du sauveur de la nature et des petits oiseaux !(2).
En politique, c'est comme en mer, il faut non seulement savoir sentir le vent, mais aussi savoir le prendre. Et à ce petit jeu là, le député-maire aixois n'a rien d'un marin d'eau douce du Lac
du Bourget. Il s'apparente plutôt à un vieux loup de mer. Espérons quand même qu'il ne lui viendra pas un jour à l'idée de saler le lac pour pouvoir y naviguer dans des eaux plus adaptées à son
statut !
Quoi qu'il en soit, hier soir, Dominique Dord a une nouvelle fois mérité le dit statut de vieux loup de mer, en opérant en un temps record une impeccable manœuvre
de machine arrière toute ! Qui veut bien se cotiser pour lui offrir la casquette, le chandail et la pipe du capitaine Haddock ?
Ce qui au final risque de rester de tout ça, c'est que, comme l'a fort bien souligné Marina Ferrari, l'étude en question n'a présenté aucune idée intéressante, réaliste ou réalisable, et qui soit en même temps nouvelle. Autrement dit, en matière de bonnes idées, l'agence Ménard n'a fait que recopier des idées déjà émises et proposées par d'autres avant. Sa force étant d'avoir réussi à refourguer cette resucée à la collectivité, avec l'aval de tous les élus de la majorité municipale aixoise, exception faite de Marina Ferrari, pour la « modique » somme de 80.000 euros.
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