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8 février 2012 3 08 /02 /février /2012 07:45

Nonobstant l’effondrement de son thermalisme, Aix les Bains demeure plus que jamais une ville où en prend les eaux. Etrange paradoxe.

Ce n’est pas exagérer que de parler d’effondrement à propos du thermalisme aixois. Depuis que Dord a pris les rênes de la ville en 2001, et qu’il a promis de donner un nouvel élan à son thermalisme, tout est allé de travers. En 1998, devant l’assemblée nationale, Dord et son compère Gaymard parlaient de faire venir 60.000 curistes par an à Aix. Pendant la campagne électorale de 2001 pour les municipales, Dord ne parlait plus que de 40.000 curistes, qu’il promettait de faire venir à Aix avant 2005. On a vu le résultat 10 ans plus tard. Avec seulement 23.000 curistes (fréquentation de 2009). Plus la fermeture des thermes du centre ville. Plus le bradage au privé des thermes Chevalley. Un ratage complet sur toute la ligne. Et quelques 150 M€ perdus à jamais pour l’économie aixoise. Bien évidemment, celui-là même qui avait tant promis aux aixois à propos de leur thermalisme, s’est empressé de se dédouaner de toute responsabilité dans cet échec colossal. Il faut quand même une sacrée dose de mauvaise foi, et une bien curieuse mentalité, pour promettre monts et merveilles à propos d’une chose, et ensuite dire qu’on n’y est pour rien si ces promesses n’ont pas été concrétisées (loin s’en faut !).

Mais tout cela n’empêche pas Aix de demeurer une ville où l’on prend les eaux. Prendre étant le mot juste. A condition d’appliquer le qualificatif « publiques » aux eaux en question.

Il y a d’abord eu les eaux de la source publique de Mémard. Concédées à la SEAB pour le très modeste prix de 1 euro le m3. Eaux qui une fois mises en bouteille sont revendues aux alentours de 17 centimes le litre. Soit 170 euros le m3. Oui, 170 fois le prix de vente consenti par la ville. Double ironie de l’histoire. D’une part ces eaux ne sont pas vendues dans les supermarchés à proximité de la source. A la pollution générée par les bouteilles en plastique s’ajoute celle du transport par camions. D’autre part, et c’est véridique, ces eaux sont vendues dans la catégorie des « eaux économiques » (sic) !

Il y a ensuite eu les eaux thermales. Elles aussi prises au domaine public pour être concédées au privé. Mais là c’est encore pire. Car si la SEAB ne dispose pas de la propriété de la source de Mémard, Valvital, nouvelle propriétaire depuis février 2011 de ce qui reste des thermes aixois, a hérité de la propriété pleine, entière et exclusive des sources thermales. Qui plus est pour par un rond, vu le très maigre prix payé (3 M€ pour le « paquet » complet, alors qu’à lui seul l’établissement de Chevalley a coûté plus de 40 M€ aux collectivités publiques).

Oui, plus que jamais, Aix est une ville où on prend les eaux. On prend les eaux publiques pour les refiler au privé. Liquider les eaux aixoises pour permettre à des sociétés privées d’engranger des profits sous forme de liquidités, il fallait y penser non !?

 

 

 

LE MOT DE LA FIN
Notre bon député-maire a trouvé parfaitement légitime que Valvital hérite de la propriété des sources thermales. Parce que, explique-t-il, elles sont situées dans le parc de Verdure, dont la propriété a aussi été transférée à Valvital. Dont acte. On le prend au mot. Et puisque la ville est en passe de racheter le dit parc de Verdure, il va donc être logique que la ville récupère aussi dans le même temps la propriété des sources thermales. On ne voit pas comment il pourrait en être autrement. Si l’argument de Dord est valable dans un sens, il ne peut que l’être dans l’autre sens. Cochon qui s’en dédit. Cochon, ou … politicien.

 

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