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29 février 2012 3 29 /02 /février /2012 07:45

RiacSourrireDepuis un an maintenant, le thermalisme aixois est dans les mains de la société Valvital. Et de son PDF, Bernard Riac. Unique maitre à bord du navire amiral du thermalisme de la ville, selon la formule de Dord à propos des thermes Chevalley. L’avenir thermal d’Aix est donc suspendu au bon vouloir de ce monsieur. Lequel n’est visiblement pas venu à Aix pour y faire de la figuration. Ni pour les beaux yeux de Dord ou de qui que ce soit d’autres. Mais bel et bien pour y faire des affaires. Si possible florissantes.

 

Et ça a plutôt bien commencé pour lui. Acquérir pour 3 M€ l’établissement thermal le plus moderne d’Europe (dixit Dord), et dont dans construction achevée il y a dix ans a coûté plus de 40 M€ aux contribuables français, c’est une sacrée bonne affaire. Obtenir en supplément, mais pour pas un euro de plus, quelques « babioles » comme des parkings, des kiosques, un théâtre, un parc, que Riac s’apprête à revendre à ces mêmes contribuables qui en étaient les propriétaires il y a un an, voila qui renforce encore le côté bonne affaire. Mais ce n’était visiblement pas assez pour nos grands serviteurs des intérêts publics, qui ont choisi de céder (gratuitement) les sources thermales et l’exclusivité de leur usage à Valvital. La plaçant donc en situation de monopole, à l’abri de toute concurrence. Oui, par la grâce non pas de Dieu mais de nos élites locales et parisiennes, Bernard Riac est bien le seul maitre à bord. Et il ne se prive ni de le faire savoir, ni d’en user.

 

Quelques exemples. Son projet de résidence hôtelière intégrée à Chevalley. Qui fera directement concurrence aux hébergeurs aixois. La création de sa propre centrale de réservation, qui fait de la concurrence à celle de l’office du tourisme. Et qui n’ouvre ses portes et ses services qu’aux hébergeurs aixois sélectionnés par Valvital et qui acceptent de lui payer une commission supérieure. Le limogeage de Philipe Plat, ex-directeur des thermes, à propos duquel Dord et d’autres ne tarissaient pourtant pas d’éloges. Saluant l’excellence de son travail, lui imputant le bénéfice du redressement (façon de parler) des thermes aixois. Hop, viré comme un malpropre sans importance. Citons aussi l’occupation de plusieurs milliers de m² dans les anciens thermes. Des locaux dont la rénovation remonte à tout juste plus de cinq ans, et qui a couté près de 5 M€ aux contribuables. Mais que Valvital occupe sans payer le moindre loyer1. Et se fait en plus tirer l’oreille pour participer aux frais de chauffage et d’entretien.

 

A l’évidence, Bernard Riac a la mainmise, et bien mise, sur le thermalisme aixois. Il a les pleins pouvoirs. Il fait la pluie et le beau temps.

 

Alors il n’est pas inutile de rappeler que le thermalisme, pour Aix, ce n’est pas qu’un passé glorieux. Malgré la dégringolade accélérée des ces dix dernières années, le thermalisme reste le poumon économique de la ville. Une économie qui repose :

 

- pour 1/3 sur les activités « traditionnelles » : commerces, services, industries

- pour 1/3 sur le thermalisme

- pour 1/3 sur le tourisme

 

Voila pour le tableau dressé fin 2011 par le maire en personne lors des réunions de quartier. A ceci près que 80% des rentrées touristiques sont des retombées directes ou indirectes du thermalisme. Une précision apportée par Aix Elan (voir ci-dessous extrait d’un article mis en ligne sur leur blog le 12 décembre 2011), l’association de soutien aux élus MoDem sur la liste de Dord. Elus centristes qui comptent dans leurs rangs l’adjointe en charge des affaires économiques. On imagine bien que si cette information était erronée, Marina Ferrari ne l’aurait jamais laissée publier par son association, et y aurait apporté un démenti formel.

 

BlogAixElan12dec2011.jpgExtrait du blog d'Aix Elan (article du 12/12/2011), rapportant
les propos du maire lors de la réunion de quartier du centre ville

 

En réalité, ce n’est donc pas sur 33% de l’économie aixoise que Bernard Riac a la mainmise. Mais sur 60%. C’est ce qu’on appelle livrer une ville pieds et poings liés au bon vouloir d’une société privée.

 

Et avec les félicitations du Grand Jury en prime. Mais si, même notre bon député-maire s’est personnellement félicité de cette situation. Tout en jurant ses grands dieux qu’il n’y était pour rien. Mais c’est vrai dans le fond, qu’est-ce qu’il y pouvait ? A part faire des promesses de lendemain qui chantent (comme les 40.000 curistes par an dès 2005), et ne pas les tenir. A part présider dans les faits le conseil d’administration de l’EPIC qu’il a lui-même voulu, en lieu et place d’un président fantoche. A part chercher à vraiment soutenir l’offre des acteurs socio-économiques aixois, au lieu d’aller chercher Bernard Riac pour lui demander de se porter candidat à la reprise. A part user de ses appuis aux plus hauts niveaux de l’Etat (c’est lui qui dit en avoir), pour faire en sorte que la ville récupère directement la propriété des biens cédés à Valvital et sans rapport avec le thermalisme, au lieu de devoir les lui racheter maintenant.

 

 

 

LE MOT DE LA FIN

Après l’annonce par Valvital de la création de sa propre centrale de réservation, la réaction des hébergeurs aixois a été virulente. Et c’est légitime. Une fois de plus, Dord s’est rangé du côté de … Valvital. Frugier, pour sa part, les a appelés à la solidarité.

 

La seule solidarité qui vaille pour les hébergeurs aixois, c’est de tenir Dord et ses compères de la mairie à l’écart de leurs affaires. Il suffit de voir le résultat de 10 ans d’influence (sic) de Dord sur le thermalisme aixois pour se convaincre que les professionnels qui en vivent n’ont rien à gagner dans cette influence là. Bien au contraire. Tenir Dord à l’écart, et tenir tête à Riac. C'est-à-dire, unanimement, solidairement, refuser toute adhésion à sa centrale de réservation. Si tel était le cas, il aurait bonne mine le PDG de Valvital, avec sa centrale incapable de proposer le moindre hébergement à ses curistes !

 

Le problème, c’est qu’il se trouve sûrement encore pas mal de monde dans les rangs des socioprofessionnels aixois à ne pas avoir retenu la leçon de l’offre de reprise aixoise des thermes. A ne pas vouloir voir ni croire en la duplicité de certains de ses acteurs. Et puis dans un contexte économique qui se resserre, dominé et contrôlé par un acteur unique, la tentation est forte, pour survivre, de collaborer individuellement plutôt que de résister collectivement. La ville a déjà perdu une quarantaine d’hôtels en l’espace de quelques années. L’hécatombre n’est pas terminée.

 

 

 

1 Riac dit que si, et Dord dit que non. Alors tant qu'on n'aura pas eu en main le bail passé entre l'Etat et Valvital, dans le doute on ne s'abstiendra pas. Mais si Valvital veut bien nous faire parvenir une copie du bail, pas de problème.

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