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24 mai 2011 2 24 /05 /mai /2011 07:45

BoisVidal1.jpgReconnaissez-vous cet endroit d’Aix les Bains ? Sûrement. C’est, à deux pas du centre ville, un lieu de détente, de calme, de promenade. Loin du vacarme des voitures. Avec en prime la vue sur le lac. Pour cet écrin de verdure, d’aucuns ne rêvaient (et ne rêvent encore ?) que d’une chose : le bétonner !

 

Souvenez-vous, c’était il y a dix ans. Dominique Dord, habile à la manœuvre politique, venait de conquérir la mairie. Et à peine installé, il lançait son premier projet immobilier. Enfin, quelque chose qui ressemblait à un projet immobilier. Mais tellement mal ficelé qu’il n’avait pas la moindre chance d’aboutir en l’état. A se demander si, derrière la vitrine (magique), ne se cachait pas tout bonnement une simple mais juteuse opération de spéculation. Rappelons brièvement le contexte. Au cours du mandat précédent, la ville a cédé à une petite SCI locale l’ancien Institut Zander, rue Jean Monard. Les acquéreurs de ce bâtiment n’en font aucun usage. Ils n’y réalisent aucuns travaux. Ils ont le nez creux : deux ans à peine après leur achat, le nouveau maire leur propose de leur racheter l’immeuble … trois fois plus cher ! Une sacrée bonne affaire. Dord prétend alors y implanter une salle des fêtes. Et pour faire bonne mesure, le nouveau maire leur propose en prime de leur céder trois hectares de terrain en bordure du bois Vidal, pour un prix dérisoire (15 euros le m²).

 

Quiconque connaît un peu l’ancien Institut Zander peut dire qu’il est possible d’y faire pas mal de choses, mais sûrement pas une salle des fêtes. D’ailleurs, dix ans plus tard, il n’y a toujours pas la moindre salle des fêtes dans l’ancien Zander (pas plus qu’ailleurs à Aix les Bains au demeurant).

 

Quant au projet immobilier dont la SCI Monard-Zander aurait été porteuse pour les terrains du bois Vidal, sa présentation au conseil le 13 décembre 2001 aurait du allumer un clignotant d’alarme dans la tête de nos élus. Imaginez-vous un instant siégeant au conseil ce soir-là. Vous écoutez François Philippe et Dominique Dord vous présenter un projet mirifique : un hôtel 3*, un centre de balnéothérapie, des commerces, des services, une résidence hôtelière et, cerise sur le gâteau, un centre de recherche en cosmétique. Le tout assorti d’au moins 150 nouveaux emplois à la clé. C’est sûr, vous ne pouvez qu’être conquis ! Et vous vous dites que tout ceci vaut sans bien une « petite » et double compensation. A savoir le rachat du Zander pour trois fois le prix d’il y a deux ans, et la vente des terrains du bois Vidal à seulement 15 euros le m². Mais comme vous être un élu soucieux de bien faire son travail, vous voulez tout de même en savoir un peu plus sur les investisseurs qui sont derrière ce projet grandiose. Car c’est une évidence : ce n’est pas une petite SCI au capital de quelques milliers d’euros qui peut en être porteuse. Ses actionnaires ne comptent d’ailleurs aucune réalisation d’envergure à leur actif. Alors vous les voyez mal sortir de leur chapeau un projet à plus de 100 millions. Mais votre saine curiosité n’est pas satisfaite : malgré vos questions et votre insistance, le maire et son adjoint se refusent à vous donner la moindre information qui vous permettrait de vous faire une idée quant au sérieux et à la solidité des investisseurs. Pire, le maire annonce même que d’autres investisseurs seraient porteurs d’un autre projet similaire. Quels autres investisseurs ? Il se refuse à le dire ! Pourquoi ne pas prendre le temps d’examiner les deux projets et de choisir le meilleur ? Aucune réponse à cette question pourtant fort pertinente.

 

Malgré toutes ces questions sans réponse, la majorité d’alors vote la délibération comme un seul homme. Sans même relever le fait qu’aucune clause de retrait n’y figure, ce qui est pourtant le b.a.-ba en matière de cessions immobilières. Et donc que les heureux acquéreurs des terrains n’ont strictement aucune obligation d’y réaliser quoi que ce soit. D’ailleurs, dix ans plus tard, tout comme aucune salle des fêtes n’a vu le jour dans l’ancien Zander, aucun projet grandiose n’a vu le jour sur les terrains du bois Vidal. Et aucun nouvel emploi n’a été créé.

 

Ainsi commençait, il y a dix ans, la brillante carrière immobilière de Dord à la mairie d’Aix les Bains. Avec une double très mauvaise affaire financière pour la ville et ses habitants. Une affaire qui préfigurait on ne peux mieux, hélas, la stratégie des années à venir.

 

Reste à savoir ce que sera l’avenir. Vu le contexte de déclin thermal de la ville, il est peu probable qu’un projet en rapport avec le thermalisme voit le jour sur ces terrains. Pourtant, pour le moment, ils restent classés au PLU dans une zone (UTh) où seules les constructions en rapport avec le thermalisme sont autorisées. Mais pour combien de temps encore ? Une simple modification du PLU autorisant une urbanisation libre sur ces terrains, et les heureux acquéreurs de 2001 toucheraient le jackpot ! Prix d’achat : 15 euros le m². Prix de vente : au bas mot 200 euros le m². Plus de 5 millions de plus-value. Et tout ça avec une mise de départ payée en grande partie par les contribuables aixois. Il y en a qui ont de la veine ! Vous l'aurez compris, ce qui est un sacré foirage pour la ville et ses habitants n'est pas forcément du même tonneau pour d'autres ...

 

Promenons-nous dans les bois, tant que les loups de l'immobilier n'y sont pas !

BoisVidal2.jpg

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