Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
26 avril 2011 2 26 /04 /avril /2011 07:45

Dans la fameuse fumeuse interview-vérité de Dominique Dord, publié par l’Essor Savoyard du 14 avril, le député-maire fait une révélation fracassante : des procéduriers revanchards seraient en train de ruiner la ville. Explications.

 

Bien que Dominique Dord s’abstienne prudemment de citer leur nom, chacun pourra reconnaître dans les procéduriers revanchards1 ses deux prédécesseurs à la mairie, à savoir Gratien Ferrari et André Grosjean. A en croire l’actuel maire, ces deux papys râleurs (cette fois-ci l’expression est made in Dord) seraient, individuellement ou associés, les auteurs de quasiment tous les recours déposés depuis 2001 contre des décisions municipales. Des recours qui, toujours d’après Dord, coûteraient très cher à la ville. Laquelle pour se défendre, monopoliserait un cadre à temps complet, en sus de l’’assistance juridique d’un cabinet d’avocats marseillais. Bigre, rien que ça !? Si tel est le cas, c’est vrai que ça doit coûter cher à la ville. D’autant plus que les tarifs des avocats marseillais en question ne sont pas donnés. Pour mémoire, début 2008, le cabinet Sindres-Larridan a augmenté son taux horaire de facturation à la ville d’Aix les Bains de +77% (lire par ailleurs Le second « boom » de l’assistance juridique). Une augmentation colossale qui n’a pourtant pas soulevé la moindre question de la part des élus de la majorité. On serait curieux de voir si les élus en question useraient du même silence approbateur si soudainement leur bailleur augmentait leur loyer de +77%, ou si leur boulanger se mettait à vendre ses baguettes à 1,75 euros pièce. Quant au cadre de la ville que la gestion des recours occuperait à temps complet (dixit Dord), son coût salarial doit se situer, charges comprises, dans une fourchette entre 50.000 et 75.000 euros.

 

C’est vrai que ça en fait des sous tout ça. Enfin, en théorie. Car en pratique, on a quelques doutes. Toujours d’après Dord, depuis sa prise de fonction en 2001, la ville en serait à 25 recours contre des décisions prises en conseil municipal. 25 recours en 10 ans, ça fait 2 recours et ½ par an. Autant vous dire qu’on a bien du mal à croire que la gestion de 2 recours ½ par an nécessiterait, comme l’affirme le maire, le travail d’un cadre à temps complet, doublé d’un important travail d’un cabinet d’avocats spécialisé. Ou alors c’est que tant le cadre en question que le cabinet d’avocats ne sont ni très performants ni très productifs !

 

Pour nous faire une petite idée, nous sommes partis à la pêche aux informations du côté du tribunal administratif de Grenoble. Un recours en cours a attiré notre attention, dans la mesure où le recours en question n’est pas le fait d’un des deux papys râleurs évoqués plus haut. Ce recours est dirigé contre une décision du conseil municipal de juillet 2009 actant le choix d’un contrat PPP (partenariat public privé) pour la gestion de l’éclairage public de la ville. Il a été déposé au greffe du tribunal en début d’année 2010. Au moment de la rédaction de cet article, soit 16 mois plus tard, la ville d’Aix les Bains n’avait toujours pas déposé son mémoire en réponse. Alors qu’elle disposait en théorie pour ce faire d’un délai de 60 jours à compter de la date de dépôt du recours.

 

Mais 480 jours tard, rien, que dalle, nib, walou, zéro, queutchi ! C’est à se demander ce que le cadre censé bosser à temps complet sur ces dossiersde recours fait de ses journées !

 

 

 

1 L’expression est de nous, Dord préférant parler de gens animés par la rancœur et la haine.

Partager cet article
Repost0

commentaires