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28 septembre 2011 3 28 /09 /septembre /2011 07:46

Diverses associations et autres organismes du bassin aixois ont récemment reçu un courrier émanant de DIAPASON EPCC 73 (établissement public de coopération culturelle de la Savoie). L’objet de ce courrier était de les informer du lancement, à l’initiative de la ville d’Aix les Bains, d’un (on cite) diagnostic culturel territorial pour la mise en place d’un projet culturel sur Aix les Bains.

 

La culture aixoise serait-elle à ce point malade qu’elle nécessiterait l’intervention de médecins à son chevet, à des fins de diagnostic ?

 

Blague à part, on s’étonne que la municipalité aixoise, qui se vante chaque année de proposer une saison culturelle hors normes, exceptionnelle et autres superlatifs, en soit aujourd’hui réduite à faire appel à un organisme extérieur pour conduire un diagnostic et mettre en place un projet culturel. La formulation employée pour la mission confiée à l’organisme en question laisse d’ailleurs songeur. Car si le but du diagnostic est de mettre en place un projet culturel à Aix, cela laisse entendre que la ville n’en serait pas pourvue. Ce qui, somme toute, ne serait pas tout à fait incohérent, puisqu’elle ne possède pas d’adjoint à la culture. Et ce malgré l’annonce aussi officielle que bidon faite par Dord en février 2008, en pleine campagne électorale (voir ci-dessous l’article du DL et lire par ailleurs).

http://a21.idata.over-blog.com/2/21/27/07/2010-10/DL09022008.jpg

Dans le courrier envoyé par DIAPASON, on apprend qu’il est question de (et on cite toujours, mot pour mot) faire émerger une identité culturelle et artistique spécifique à Aix les Bains afin qu’elle participe au renforcement de son positionnement stratégique, qu’elle soit levier pour son développement et qu’elle contribue à l’amélioration de son image et sa communication.

 

Ouf ! L’espace d’un instant, on a eu peur. On a cru que la municipalité avait viré de bord à gauche, et qu’elle s’apprêtait à mettre en place une politique culturelle qui viserait simplement à permettre à tout un chacun d’accéder à la culture dans toute sa diversité, sans que les ressources financières des individus ne s’érigent en barrière contre cet accès. Mais non, rien de tout ceci ne se profile à l’horizon. Il est juste question de soigner le positionnement stratégique de la ville. Mais le positionnement sur quoi au juste ? Et aussi d’améliorer l’image et la communication de la ville. Pourquoi faire ? Pour faire mieux sur les plaquettes électorales ?

 

Concluons ce bref article sur une note optimiste. Puisqu’il est question de faire émerger une identité culturelle et artistique spécifique à Aix les Bains (sic), Musilac devrait donc vivre ses dernières heures. Car s’il est un festival qui ne présente pas la moindre originalité, c’est bien celui-la ! Que ce soit dans son concept ou dans sa programmation, c’est du copié-collé de ce qui se pratique dans maintes autres villes, en France, en Europe et même un peu partout dans le monde. Rien de spécifique à Aix les Bains dans Musilac. Sauf peut-être son financement sur fonds publics en dehors du contrôle des élus, et dans une opacité telle que même une taupe n’y retrouverait pas ses petits.

 

 

Mais, avant de conclure, puisqu’on parle de culture, permettez-nous un petit retour quelques années en arrière. Revenons-donc en l’an de grâce 2008. Et plus précisément au début de l’année en question. En ces temps pas si reculés, le maire candidat à sa propre succession était formel. S’il était réélu, il prendrait les finances en délégation directe, prendrait certainement aussi une délégation environnement et santé, mais délèguerait la culture à un adjoint nommé tout exprès (lire ci-dessus l’article du DL). On sait ce qu’il en est advenu de ces belles déclarations : Dord a fait le très exact contraire de ce qu’il avait dit. Il a fait un coup politique de dernière minute en débauchant l’ex-socialiste Georges Daviet, à qui il confié le poste d’adjoint aux finances(Lire ci-dessous LE MOT DE LA FIN). Il a ensuite délégué l’environnement à la très UMPiste Sylvie Cochet, et la santé environnementale (sic) à la très droitiste Myriam Auvage.

 

Ce renoncement spectaculaire, mais que la presse locale s’est bien gardée de relever, nous a donné l’idée d’aller voir dans la plaquette électorale de Dord de 2008. Histoire de voir à quelle sauce la culture y était cuisinée. Première indication, sur la double page présentant la soit disant renaissance d’Aix les Bains, la culture est absente. Ou plus exactement elle n’y est présente que sous la forme d’une énumération de nombres de spectateurs à diverses manifestations (voir ci-dessous). L’ambition culturelle d’une ville peut-elle se résumer à une politique du chiffre ? On laisse chacun répondre …

Culture1.jpg

 

 

On trouve ensuite en pages intérieures, une toute petite dizaine de lignes consacrées à la politique culturelle que Dord et ses colistiers promettaient de mener en cas de victoire (voir ci-dessous). 3 ans ½ plus tard, force est de constater que pas grand-chose n’a été réalisé. Toujours pas de label « ville d’art et d’histoire » en vue. Il faut dire que, contrairement à d’autres labels fantoches, qui s’obtiennent facilement avec un cahier des charges aussi léger que le salaire journalier d’un ouvrier pakistanais, le label ville d’art et d’histoire est un vrai label. Qui demande de véritables actions et réalisations. Toujours pas non plus de médiathèque en vue, y compris au 3ème étage des anciens thermes nationaux, comme cela était pourtant annoncé et promis. Une promesse qui détient sans doute le record de vitesse d’abandon, puisque sa durée de vie n’aura pas excédé quelques mois. On a aussi cherché, en vain, les itinéraires balisés au sol et les visites guidées téléchargeables sur internet.

Culture2.jpg

 

 

A se demander ce que fait l’adjoint à la culture ! Ah oui, c’est vrai, contrairement à ce qui avait été promis par Dord, il n’y a pas d’adjoint à la culture. A Aix les Bains comme ailleurs, l’histoire est un éternel recommencement. Mais c’est une spécificité bien aixoise que d’avoir une culture qui soit un éternel renoncement.

 

 

 

LE MOT DE LA FIN

Le coup politique de Dord avec Daviet n’est sans doute pas étranger à sa bouderie façon je t'aime moi non plus avec Pierre-Antoine Missud. Ce dernier, bien qu’élu et président de la commission des finances, ne siège quasiment jamais au conseil ni en commission. « Dominique Dord connait la raison de mes absences et d’ailleurs j’attends toujours une explication de sa part » a récemment déclaré l’intéressé à la presse locale. « Je ne comprends pas pourquoi il reste dans cette position » rétorque le maire. Ite, Missud est. Dialogue de sourds, ou bien de faux-culs ?

 

En attendant, les citoyens ne sont guère plus avancés. Mais ils peuvent se faire leur propre opinion. Avec un peu de jugeote … Encore que l’affaire soit un brin emberlificotée. A y regarder de plus près, il semblerait bien en effet que le jeune Missud s’attendait à se voir confier le poste d’adjoint aux finances, que Dord a finalement refilé à Daviet de façon à pouvoir le débaucher de la gauche locale et à jouer un tour de pendard à la liste de Fabrice Maucci. Ce serait presque simple si, ne l’oublions pas, il ne devait en fait pas y avoir de poste d’adjoint aux finances.

 

Confier à un renégat de la gauche un poste précédemment promis à un jeune loup de la droite, mais qui en fait ne devait pas exister, ça c'est de la politique de haut vol !

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commentaires

G
<br /> <br /> Je ne sais plus depuis combien d’années – 20 ou 30 peut-être – je m’époumone à hurler dans le désert, qu’il n’y a pas le moindre petit grain de culture à Aix-les-Bains. Tout le travail<br /> extraordinaire que nous avions fait dans les années 1970-80 a été en un temps record anéanti par le dernier délégué à la culture connu : l’inculte Christian Piffeteau.<br /> <br /> <br /> Depuis cette période, Aix-les-Bains confond culture avec spectacle, souvent de bas étages, pour moutons demeurés. Mais il est impossible de le dire puisqu’il n’y a personne pour écouter. Les<br /> seules rares compétences dans cette ville, travaillent seules dans leur coin, et mènent leur petit bout de chemin pour leur satisfaction personnelle, alors que le rassemblement EST une partie de<br /> la solution. Faites un micro-trottoir rue de Genève (la plus belle artère du monde !) et vous verrez combien de passants ont entendu parler des Nuits Romantiques, du conservatoire de musique, du<br /> musée, de la Société d’Histoire, etc… Par contre ils connaissent sur le bout des doigts, les nombreuses vedettes télés qui vont passées dans l’année. Mais ça, pour moi, ce n’est pas de la<br /> culture, mais du divertissement.<br /> <br /> <br /> La culture aixoise est morte et enterrée et il faudra des années et des intelligences (où les trouver ?) pour la ressusciter, avec un généreux miracle à la clé.<br /> <br /> <br /> Et voilà que le dernier maire qui l’a assassinée fait appel à un organisme étranger pour évaluer un contenu illusoire. Mais il se trouve que cet organisme, DIAPASON, (mdr), est certainement le<br /> plus malfaisant et le plus minable du département. On y rencontre que le copinage, l’incompétence et la démagogie. Alors comment ne pas penser à une démarche politique malhonnête pour faire taire<br /> les bouches qui ne se sont jamais ouvertes… Y aurait-il des échéances électorales ? Et puis il faut bien le dire, si le maire demande la mise en place d’un projet culturel sur Aix les Bains,<br /> c’est bien qu’à ce jour il n’y a rien !<br /> <br /> <br /> <br />
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