Partager l'article ! Dans maternité il y a … terminé !: Le projet de « pôle santé » à Drumettaz (Savoie Hexapole) porté par le groupe Généra ...
Le projet de
« pôle santé » à Drumettaz (Savoie Hexapole) porté par le groupe Générale de Santé et défendue par Dord et Compagnie avait fait planer une ombre sur l’avenir déjà bien sombre de la
maternité d’Aix les Bains. Le projet ayant été retoqué par l’ARH, des jours plus clairs semblaient s’annoncer. Las, le 11 mars dernier, le Journal d’Aix les Bains titrait « La maternité de
l’hôpital pourrait fermer d’ici à la fin de l’année ». S’en suivait un article expliquant les raisons de cette possible fermeture.
Le 1er avril, sans que cela soit un poisson, le Dauphiné Libéré reprenait l’information à son compte1. Préférant toutefois parler d’extinction plutôt que de fermeture, et
annonçant une date précise : le 6 septembre. La maternité aixoise pourrait donc s’éteindre le 6 septembre prochain. S’éteindre ? Serait-ce à dire qu’elle ait pris feu ? Ce
n’est pas tout à fait faux : car il y a quelques années que la maternité se meurt … à petit feu. Victime d’une politique locale faire d’incohérences et de revirements.
Jeudi 8 avril, le comité de défense de l’hôpital d’Aix les Bains organise une réunion publique à 18h30 à la maison des associations, boulevard des Anglais. Nul
doute que l’avenir de la maternité y sera évoqué.
En attendant, il est bien loin le temps où un certain Dominique Dord, déjà député du coin mais pas encore maire de la ville, s’affichait, écharpe tricolore en bandoulière, aux côtés des
manifestants venus défendre l’hôpital public et son service de chirurgie. Depuis, le député s’est transformé en député-maire (depuis 2001), et même en député-maire-président de l’agglomération
(2008). Le service de chirurgie a fermé ses portes. Le député-maire-président a défendu becs et ongles un projet de pôle santé privé à Drumettaz (regroupement des cliniques Herbert et Générale).
Il nous a aussi parlé de « rentabilité » de la maternité aixoise, rentabilité qui d’après les chiffres qu’il a donné nécessiterait le quasi doublement du taux de fécondité dans le
bassin aixois : du grand n’importe quoi ! Le projet privé (mais défendu par le « public ») en question a été retoqué par l’ARH (l’utilisation de fonds publics pour financer en
partie ce projet privé n’étant pas étrangère à ce retoquage). La maternité devait renaître (de ses cendres ?), et le retour de la chirurgie était même envisagé (encore une « bonne
nouvelle » dont Dord n’avait pas manqué de nous faire part).
Et aujourd’hui donc, on nous annonce que la maternité pourrait fermer en septembre. Vous noterez au passage que si le député-maire avait pris soin d’annoncer lui-même le possible retour de la
chirurgie à l’hôpital d’Aix les Bains et donc le maintien de la maternité, il laisse le soin à « son » journal d’annoncer la mauvaise nouvelle de la fermeture possible
(probable ?). Façon idéale pour s’attribuer les mérites d’une « bonne nouvelle » qui en réalité n’en n’était pas une tout en évitant d’être associé à la mauvaise nouvelle.
On reconnaît dans cette façon de faire une pratique hélas fort répandue parmi nos responsables politiques de tous bords : quand quelque chose va bien, c’est grâce à eux, mais quand
quelque chose va mal, ils n’y sont jamais pour rien !
Que le bon peuple aixois se rassure : leur député-maire s’occupe quand même de la santé publique. On en veut pour preuve la question écrite qu’il a posée le 9 février dernier au Ministre du
Budget, par laquelle il attire l’attention du gouvernement sur l'inégalité de traitement subie par les établissements de santé privés, soumis à la CET (contribution économique
territoriale, remplaçante de la taxe professionnelle auxquels les établissements privés étaient également soumis), alors que les établissements publics de santé sont eux exonérés de cette
taxe.
C’est vrai quoi, quelle injustice ! Des établissements de santé privés obligés de s’acquitter de la CET alors que les établissements publics en sont exonérés. On frise la concurrence
déloyale. Il était temps que quelqu’un vole au secours du privé pour demander réparation. Notre député-maire, héros héraut du privé, s’en est
chargé.
Si les établissements de santé publics et privés avaient les mêmes contraintes de service public, il y aurait effectivement une certaine injustice dans cette inégalité de traitement face à la
CET. Mais en l’espèce, on sait bien que les établissements privés, même lorsqu’ils interviennent dans le cadre de contrats d’objectifs et de moyens passés avec l’Etat, ont une notion très à eux
du service public. Une notion qui intègre notamment celle de rentabilité financière, ce qui les amène à exercer une politique de sélection des patients et des interventions (pour ne retenir que
les plus rentables), et également à pratiquer une politique tarifaire dans laquelle les dépassements d’honoraires se taillent la part du lion.
Ces inégalités de traitement là, que subissent les patients, ne semblent guère émouvoir notre député-maire. En tout cas on n’a pas le souvenir qu’il ait interpelé qui que ce soit à ce
sujet, ni qu’il ait attiré l’attention du gouvernement par une question écrite.
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