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3 septembre 2010 5 03 /09 /septembre /2010 07:44

Aussitôt sa désignation au poste de trésorier de l’UMP connue, Dord a tenu à préciser qu’il n’appartenait pas à la « Sarkozie pure et dure », étant issu de la famille UDF. Bigre, qu’est-ce qui pouvait bien justifier cette précipitation à chercher à se démarquer ainsi de Nicolas Sarkozy ?

Car c’est bien de l’UMP que Dord fait partie. Il en est même le président départemental. Et l’UMP c’est bien le parti du président de la République. Ce président que Dord a soutenu sans la moindre réserve lors des élections de 2007. Alors pourquoi dire aujourd’hui, en quelque sort, « je n’ai rien à voir avec ces gens là » ? Il est vrai que depuis 2007, l’enthousiasme des français (enfin d’un peu plus d’une moitié des français) à l’égard de Sarkozy a nettement été tempéré. Avec ses frasques personnelles, le bling-bling, les décisions à la hussarde, la dérive sécuritaire, les promesses non tenues, et tout le reste, la coupe est largement pleine. Et déborde même. Alors il est de bon ton désormais de ne pas s’afficher comme étant trop proche du président et de son entourage. Histoire peut-être de ne pas sombrer avec lui. Un faux-semblant qui ne trompe pas grand monde concernant Dord. En tout cas pas à Aix les Bains où, depuis 2001 qu’il est maire, il se conduit à l’échelle locale comme Sarkozy à l’échelle nationale. Les frasques personnelles en moins.


Et puis, Dord n’a pas vraiment besoin de faire partie de la « Sarkozie ». Pour la bonne et simple raison qu’il a son propre royaume. Sa « Dordie », qu’il s’est construit depuis plusieurs années, en utilisant les mêmes ficelles qu’en plus haut lieu. Ce royaume, Dord a tout d’abord voulu le construire à Chambéry. Fort de son élection en tant que conseiller régional en 1992, il espère emporter haut la main les municipales chambériennes de 1995, et ainsi ramener la ville dans le giron de la droite. Hélas pour lui, les chambériens en décident autrement, et portent le socialiste Louis Besson à la tête de leur ville. En partie à la faveur d’une triangulaire au second tour, avec la présence du FN. De cette défaite, Dord retiendra trois choses. 1° que les divisions, mieux vaut les provoquer dans le camp adverse que de les subir dans son propre camp. 2° qu’un conseiller municipal d’opposition compte pour du beurre et ne gagne pas un rond. 3° qu’il vaut mieux être candidat dans une ville où on est sûr de l’emporter.

Fort de ces trois certitudes, Dord part alors en quête d’une ville où il puisse bâtir son royaume sans prendre le moindre risque. Il jette alors son dévolu sur Aix les Bains, fief de la droite depuis des décennies. A Aix, André Grosjean, à quasiment 70 ans, vient d’être réélu maire en 1995, après avoir été le premier édile de la ville de 1969 à 1985. Et des dissensions se font sentir au sein de la droite locale, entre partisans de Grosjean et partisans de Ferrari (maire de 1985 à 1995 et député de 1986 à 1997). Du pain béni pour Dord qui, bien que n’étant que peu adepte des sports aériens, n’hésite pas un seul instant à se parachuter sur cette ville. Elu député de la 1ère circonscription de Savoie en 1997, il démissionne un an plus tard du conseil municipal de Chambéry pour se faire élire conseiller général d’Aix Centre. Fonction bien plus glorieuse, mais aussi plus rémunératrice que celle de simple conseiller municipal d’opposition. Selon sa propre formule, dont il a usé à l’encontre de Fabrice Maucci et Gratien Ferrari, il a ainsi trahi la confiance que les électeurs chambériens avaient placée en lui.

Trois ans plus tard, rebelote. Il démissionne de son mandat de conseiller général pour se faire élire maire d’Aix les Bains. Non sans prendre soin d’attiser les dissensions de la droite aixoise avant de se faire apparaître comme le « pacificateur » et le « réunificateur ». Tout est fin prêt pour que son petit royaume se mette en place.

En 2010, le royaume tient toujours. Et il apparaît même solide, tant tout est sous contrôle. Au terme de pressions amicales sans grand rapport avec un fonctionnement démocratique, Dord a réussi à se faire élire président de l’agglomération, dans la foulée de sa réélection à la mairie en 2008. Maire, président de l’agglomération, député : il contrôle tout. Et quand ce n’est pas directement, c’est au travers de proches (politiquement parlant s’entend). Il installe son ex directeur de cabinet, Renaud Beretti, en tant que 1er adjoint. Un 1er adjoint qui est également le président de l’association UPA, association de soutien à Dord (lire par ailleurs UPA mon amour). Sa 2ème adjointe n’est autre que Sylvie Cochet, secrétaire de la fédération UMP de Savoie, dont il est le président. Son directeur général des services est le compagnon de la présidente d’une autre association de soutien à Dord, Action Savoie Première. Présidente qu’il embauche à la mairie en tant que directrice adjointe des services. L’UMP locale fonctionne ainsi en vase hermétiquement clos. Et jette un voile impudique sur la gestion des affaires municipales et intercommunales, qui s’opèrent en l’absence de toute transparence pour les citoyens.

Et on ne parle pas des relations entretenues avec le « privé ». Comme par exemple ces 300.000 euros de subvention illégalement versés à un promoteur immobilier pour un aménagement réalisé sur … le domaine privé. Ou encore ce projet pharaonique d’un parking public ou chaque place aurait coûté pas loin de 95.000 euros à la collectivité. Ou encore les 200.000 euros de travaux payés par la ville dans un théâtre dont elle n’est pourtant pas propriétaire. Ou encore ce parking public aménagé fort à propos à proximité d’un nouvel établissement de jeux, au moment de son ouverture au public, pour accueillir le trop plein de véhicules que le parking de l’établissement, trop petit en regard des règles d’urbanisme, ne peut contenir. Ou encore les accords passés avec une clinique privée (Dord est aussi président du conseil d’administration de l’hôpital d’Aix les Bains), à contrario des recommandations de la chambre régionale des comptes, et qui auront pour conséquences, entre autres, la fermeture de la maternité aixoise le 6 septembre 2010. Ou encore ce projet de privatisation de l’éclairage … public. … etc.

En somme, comme disent les aixois quand ils veulent rigoler (jaune). Dord, c’est un peu comme Sarkozy, mais en plus grand.

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