Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
4 juillet 2011 1 04 /07 /juillet /2011 07:45

PresentationIlotVictoria7decembre2010.jpgEn fin d’année 2010, l’association Aix Avenir avait organisé une réunion publique à la maison des associations. Objet de la soirée : présenter aux aixois le projet conçu par l’association pour l’aménagement du secteur de l’ilot Victoria et de l’avenue de Verdun.

 

Avant d’aller plus loin, il convient de saluer le travail accompli par les membres de l’association Aix Avenir pour le montage de ce projet. D’en saluer à la fois la qualité et la quantité. Aix Avenir est bien loin de disposer des budgets municipaux permettant de commander à des cabinets d’architectes des études à plusieurs dizaines de milliers d’euros. Elle n’a pas non plus à sa disposition les moyens humains et techniques permettant de produire de beaux dossiers d’infographie. Malgré ces handicaps, les membres de l’association ont su monter un dossier solide, étoffé, plutôt pas mal présenté. Un dossier qui propose des idées et des pistes de réflexion très intéressantes. Qui mériteraient amplement d’être portées à la connaissance du plus grand nombre.

 

C’est dans cette perspective qu’Aix Avenir a demandé à la mairie de pouvoir présenter son projet au kiosque … à projets. Présenter un projet et des idées d’aménagements d’un espace urbain dans un kiosque dédié à la présentation des projets communaux, ça ne semble pas être une idée loufoque. Bien au contraire. Ca parait même être un excellent moyen de lancer le débat, de permettre aux aixois de donner leur avis, de faire d’autres propositions … etc. N’ayant reçu aucune réponse de la municipalité deux mois après sa demande, l’association Aix Avenir a saisi le conseil municipal en faisant relayer sa demande lors des questions diverses de fin de séance. Il s’agissait tant de savoir le pourquoi du comment de l’absence de réponse de la mairie (que la politesse ne semble pas étouffer) que le pourquoi du comment du refus (tacite) de la municipalité. Et voici, au mot près, la réponse formulée par Myriam Auvage, dont on rappelle qu’elle est adjointe à la citoyenneté.

 

« Merci Monsieur le Maire. Alors effectivement, je trouve que encore une fois la question est assez surprenante, d’autant plus que vous avez déjà répondu sur ce sujet. En effet le kiosque à projets est consacré à la présentation des projets décidés par la municipalité et validés ensuite par le conseil municipal. Le projet d’aménagement de l’ilot Victoria tel qu’il a été évoqué par la question, a d’ailleurs été présenté récemment dans la presse par Fabrice Maucci, et est donc un projet politique, et non pas municipal. Voila. ».

 

Voila, comme dit Madame Auvage, tout est dit. Circulez, il n’y a rien à voir.

 

Et pourtant si, il y a à voir ! Ou du moins il devrait y avoir à avoir. Le secteur de l’ilot Victoria est en effet un secteur appelé à connaitre d’importantes mutations dans un avenir proche. D’ailleurs, en 2008, la liste conduite par Dominique Dord promettait aux aixois d’y réaliser un nouveau grand parking souterrain1. D’autre part, le centre de tri de la Poste va bientôt quitter ses locaux de l’ilot Victoria pour rejoindre la ZAC de l’échangeur à Grésy sur Aix. Il y a donc bien matière à réfléchir dès à présent au devenir de ce secteur. En gros, l’idée de l’association Aix Avenir, c’est de développer un second axe commerçant qui partirait de la place du marché, emprunterait l’avenue de Verdun, puis l’ilot Victoria avant de rejoindre la rue du Casino. Et sur l’ilot Victoria, de maintenir les services publics existants (police nationale, poste), de créer du logement social, et d’aménager un grand bâtiment public qui hébergerait la maison des associations et une médiathèque.

 

Ce projet n’est sans aucun doute pas parfait. Mais une chose n’en n’est néanmoins pas moins sûre : il mérite un bien meilleur traitement que le mépris affiché par la municipalité à son encontre.

 

Pour Madame Auvage, il n’y a pas lieu de présenter ce projet aux aixois dans son kiosque à projets parce qu’il s’agirait d’un projet politique. Si elle prend ce mot dans le sens ancien de la république d’Athènes, oui c’est un projet politique car il entend s’occuper de la vie de la cité. Mais ça ne donne pas pour autant un motif valable pour refuser de la présenter au public, bien au contraire. Maintenant si elle entend le terme politique au sens de son acception moderne, on a alors bien du mal à la suivre. Ce projet est le fait d’une association. Laquelle a apporté son soutien à une liste de candidats lors des dernières élections municipales. Cela suffit-il à en faire une association politique, porteuse de projets politiques ? Aux yeux de Madame Auvage et de ses colistiers, visiblement oui. Bizarrement, ce sont les mêmes, premier adjoint en tête, qui clament partout que l’UPA est une association A-P-O-L-I-T-I-Q-U-E ! L’UPA, vous savez, cette association présidée par Renaud Beretti, qui doit compter dans ses rangs la quasi-totalité des élus de la majorité, qui passe son temps à accueillir des dignitaires de l’UMP, qui affiche clairement dans son objet le soutien à la politique conduite par Renaud Beretti, mais qui malgré tout cela serait une association apolitique.

 

Alors voyez-vous, si l’UPA est une association apolitique, Aix Avenir l’est tout autant si ce n’est plus. Ses projets, dont celui pour l’ilot Victoria, n’ont donc aucune raison d’être qualifiés de politiques, et il n’y a donc aucune raison de ne pas les présenter aux aixois au kiosque aux projets. D’autant moins que, comme le souligne le site internet de la ville, le kiosque aux projets est aussi censé permettre à la population aixoise d’exprimer ses idées ou ses préoccupations (voir ci-dessous).

KiosqueProjets.jpg 

Lors d’une précédente question orale, à propos des conseils de quartiers, Madame Auvage s’était lancée dans un long panégyrique de toutes ces belles choses mises en place par la municipalité pour favoriser la démocratie participative. Au rang desquelles elle comptait justement le kiosque aux projets. Apparemment, le droit à la participation n’est pas accordé à tout le monde. D’ailleurs, quand on se rend sur place, on distingue nettement deux genres de personnes. D’un côté les sympathisants de la mairie, à qui on offre café, croissants et brioches dans l’arrière-salle. De l’autre côté, ceux qui posent des questions « qui dérangent », qui n’ont droit ni au café, ni aux croissants, ni aux brioches, et qui se font réprimander par la maitresse des lieux à cause de leurs questions « déplacées ».

 

 

LE MOT DE LA FIN

Dixit Madame Auvage, « le kiosque à projets est consacré à la présentation des projets décidés par la municipalité et validés ensuite par le conseil municipal ». Bien, on prend note. Mais alors à quel projet décidé par la municipalité et validé par le conseil municipal se rattachait donc la matinée thématique organisée le 2 juillet dernier au kiosque à projets, et consacrée aux … abeilles ? Faut-il en déduire qu’ils sont tous piqués dans cette ruche ? A l’évidence, entre présenter un projet d’intérêt général monté par une association et inviter Maya l’Abeille, la municipalité préfère la 2ème option. Tout ça parce que le projet en question n’émane pas d’elle, et que dans l’état actuel des choses, elle n’a pas de contre-projet à présenter. Gageons que quand ce sera le cas, le seul projet présenté sera le sien. Tout comme ce fut le cas en 2004 lors du lancement de la ZAC des Bords du Lac. Des bords du lac pour lesquels l’association Aix Avenir avait également monté un projet qui aurait amplement mérité d’être présenté aux aixois en même temps que celui de la municipalité.

 

LE DERNIER POUR LA ROUTE

Mais on y pense, Madame Auvage (encore elle) n’avait-elle pas parlé de la tenue en juin d’une matinée sur la citoyenneté ? Mais si bien sûr. La matinée en question a du nous échapper, car on n’en n’a pas entendu parler. Pas plus sur le site de la mairie que dans la presse. A moins que ce soit la matinée sur les abeilles qui tiennent lieu de matinée sur la citoyenneté. Après tout, dans l’organisation de la société des abeilles, il doit sûrement être possible de trouver quelques notions de citoyenneté.

 

 

1 Avant de renoncer à l’idée, suite à une étude ayant démontré que cela ne répondait pas à un besoin. Ce qui, soit dit en passant, dénote une certaine méconnaissance des besoins de la ville de la part des membres de cette liste.

 

 

Partager cet article
Repost0

commentaires