Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
12 mai 2011 4 12 /05 /mai /2011 07:45

La chose était dans les tuyaux. Prévue, presque planifiée. Ne manquait à l’appel que la date exacte de son entrée en vigueur. Depuis quelque jour, on la connait : c’est le 2 mai que la zone de stationnement payant a été étendue à plusieurs rues supplémentaires.

 

RueRocherfort2mai.jpg200 places de stationnement gratuit en moins

Cette mesure concerne un secteur situé à proximité du centre ville, dans le carré délimité par l’avenue Charles de Gaulle., la rue de Chambéry, l'avenue de Tresserve et le boulevard Wilson C’est un secteur résidentiel, calme, où l’on ne trouve que très peu de commerces. Mais si l’automobiliste a par nature horreur de la marche à pied, il y a une chose qu’il déteste plus encore : c’est devoir payer pour stationner. Aussi, avec les précédentes extensions de la zone payante, le quartier a-t-il vu peu à peu les automobilistes en quête de stationnement gratuit venir y chercher une place pour leur chère bagnole. Le phénomène n’est pas nouveau. Il est commun à toutes les villes. Du moins celles qui usent (voire abusent) du stationnement payant. Pour ne prendre qu’un exemple, local, citons les rues du quartier de la Liberté, surtout celles proches de la voie ferrée. Victimes, si on peut dire, à la fois de la fermeture du parking gratuit du boulevard Wilson, et du passage en stationnement payant du parking des Prés Riants.

 

Pour en revenir aux rues voisines de l’avenue Charles de Gaulle, il est possible que leur passage en stationnement payant résolve les soucis des riverains pour garer leurs véhicules. Cela reste cependant à vérifier. Et, en tout état de cause, résoudre n’est sûrement pas le terme adéquat. A plus d’un titre. Tout d’abord le problème ne va pas être résolu mais, comme souvent lorsqu’il s’agit de stationnement ou de circulation, il va simplement être déplacé quelques rues plus loin. Des rues qui, étant encore gratuites, recevront les faveurs des automobilistes. Car, on le rappelle, la grande majorité de ces derniers préfère faire 200m de plus à pied plutôt que de devoir mettre quelques euros dans un horodateur. On est en présence d’une forme de cercle vicieux, qui consiste à étendre la zone de stationnement payant au fur et à mesure que les rues gratuites sont touchées par les phénomènes des voitures ventouses et du stationnement pendulaire. La limite étant atteinte … quant il n’y a plus de rues gratuites !

 RueRocherfort.jpg

Le stationnement dans la paisible rue Henri Rochefort est désormais payant.

 

Et encore quelques centaines d’euros de dépenses en plus

Le second point à prendre en considération pour les riverains, c’est qu’ils auront peut-être un peu moins de mal à trouver une place libre, mais que pour cela ils vont devoir payer. 300 euros par an et par véhicule. Et ce quels que soit leurs revenus. Tout comme la taxe sur l’eau (lire par ailleurs), le stationnement payant n’est pas un impôt stricto sensu (qui a dit sangsue ?). Il n’empêche qu’il vient grever le budget des résidents. Quand on boucle ses fins de mois à quelques dizaines d’euros prêt, devoir en sortir 25 de plus pour s’acquitter d’un droit de stationnement n’est pas vraiment neutre. Et on est en droit d’avoir un peu la rage en constatant que le voisin d’en face, qui habite un immeuble cossu et émarge à 10.000 euros par mois ne paie pas plus cher que vous.

 

On est aussi en droit d’en avoir marre de ses élus municipaux qui font les beaux avec leur « stricte stabilité fiscale », quand ils ne fanfaronnent pas avec leurs baisses dérisoires du taux de la taxe d’habitation. Autant de mesures qui, pour un ménage modeste, ne se traduisent guère que par une dizaine d’euros de dépenses en moins à la fin de l’année. Une dizaine d’euros immédiatement engloutie, absorbée, noyée, submergée par les vagues de hausse des services à la population : repas dans les cantines, centres de loisirs, et maintenant stationnement. Une dizaine d’euros en moins, contre plusieurs centaines d’euros en plus. Et, rien que pour les 200 nouvelles places payantes, quelques dizaines de milliers d’euros en plus dans les caisses de la ville.

 

Vivre au quotidien à Aix les Bains coûte de plus en plus cher

Il faut avoir une sacrée dose de mauvaise foi pour ne pas reconnaitre que, nonobstant la stabilité de taux des impôts locaux (mais pas des impôts eux-mêmes, qui augmentent sans cesse), vivre à Aix les Bains coûte de plus en plus cher. Notamment en centre ville. Il y a bien sûr les coûts du logement, sur lesquels l’absence de politique du logement social pendant 7 longues années à lourdement pesé. Mais il y aussi tous ces « petits » à-côtés qui, mis bout à bout, finissent par faire des centaines d’euros à sortir en plus chaque année.

 

Pourtant, les solutions pour un peu plus d’équité sociale existent. D’autres villes les ont mis en œuvre, et ça fonctionne. Pour le bien de tous. Mais à Aix les Bains, les largesses municipales s’en vont ailleurs. 300.000 euros donnés par ci à une entreprise du bâtiment, 200.000 euros de travaux payés par les contribuables dans un théâtre appartenant à une richissime société privée. Application systématique de la remise maximale autorisée par les Domaines quand la ville vend des biens immobiliers ou des terrains à des promoteurs. Cerise sur le gâteau, le jour où la ville a vendu un bien à l’association des Papillons Blancs, il a fallu que ce soit un élu d’opposition qui s’étonne que présentement la marge de négociation sur le prix de vente, autorisée par l’avis des Domaines, ne soit pas appliquée. Etrange non, quand ils cèdent un bien municipal à un promoteur privé, les élus de la majorité Dord pensent spontanément à pratiquer le prix le plus bas possible. Mais quand ils vendent un bien à une association d’utilité publique, cela ne leur vient pas à l’idée de faire pareil, et ils se font tirer l’oreille pour ce faire. Le parallèle est saisissant. Et pourrait presque résumer à lui seul l’esprit de la politique municipale conduite par Dord depuis 2001.

 

Une politique qui tend à fabriquer un centre ville réservé aux plus favorisés, à ceux qui ont les moyens de payer. Un centre ville bientôt « protégé », avec l’installation à venir du système de vidéosurveillance. Et ce ne sont pas quelques dizaines de logements sociaux disséminés ça et là en périphérie immédiate du centre ville qui suffiront à donner le change.

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Aix Hebdo en mode pause

L'équipe d'Aix Hebdo s'offre une pause sabbatique. En attendant notre retour en ligne, nous vous invitons à suivre l'actualité locale sur ces deux sites (cliquez sur les images pour accéder aux sites).

LogoAJ  LogoAI