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27 octobre 2010 3 27 /10 /octobre /2010 07:45

Deux points importants pour les finances de la ville étaient à l’ordre du jour du conseil municipal du 18 octobre. D’une part le renouvellement de délégation de service public pour les casinos de la ville. D’autre part le débat d’orientation budgétaire, ou DOB (à ne pas confondre avec le Daubé).


Buisson.jpgMalgré la présence de ces points, deux élus ont une nouvelle fois brillés par leur absence en salle du conseil. Excusez du peu, il s’agissait de Georges Daviet, adjoint aux finances, et de Pierre-Antoine Missud, président de la commission des finances. On sait qu’ils ne se guère assidus sur les bancs de l’assemblée communale mais tout de même, avec un tel ordre du jour, la présence des deux principaux élus en charge des finances de la ville semblait être le minimum syndical. A défaut de la présence de l’un comme de l’autre, ce n’est ni le 1er adjoint (Beretti), ni la 2nde adjointe (Cochet), ni même le 3ème adjoint (Bruyère) … qui s’est collé à la présentation du rapport du DOB. Non, cette tâche est revenue au 7ème adjoint, le docteur Georges Buisson, en charge des affaires sociales et du thermalisme médical. Les finances de la ville serait-elle à ce point en mauvais état de santé qu’il leur faille la présence d’un médecin à leur chevet ? A moins que, à l’instar de ce qui a déjà été fait pour le thermalisme médical dont s’occupe le Dr Buisson, il ne soit aussi question de privatiser les finances de la ville. Ce qui, soit dit entre nous le 27ème BCA, est déjà en partie fait. Nombre de services publics sont d’ores et déjà délégués au privé. Le prochain sur la liste devrait être l’éclairage … public (qui ne le sera donc plus). L’assistance juridique est sous-traitée à un cabinet d’avocats marseillais, avec un budget qui ne cesse d’augmenter (et même d’exploser). La gestion de la dette est en partie confiée au privé, au travers d’un marché d’assistance en matière de gestion. La préparation des repas des cantines scolaires est confiée à une société privée. Le futur grand camping 4* d’agglomération (sic), s’il voit le jour, sera géré par le privé … etc.

Suite au vote du conseil lundi 18, le PDG des casinos aixois, Paul Burnet, a aussitôt réagi. Au passage, on se demande bien qui l’a informé aussi rapidement de la décision prise par les élus. On n’a pas le souvenir de l’avoir vu dans la salle du conseil ce soir là. Mais passons. Voila donc PB (pour Paul Burnet, à moins que ce ne soit pour Poker Bowl) qui monte sur ses grands chevaux et menace la municipalité, par voie de presse, de ne pas répondre à l’appel d’offre pour la DSP. Et qui laisse entendre qu’il pourrait bien ne se trouver aucun casinotier pour y répondre. Motif invoqué : alors que les casinos français traversent une crise importante, la ville d’Aix les Bains se montre trop gourmande en exigeant une réversion des produits des jeux à hauteur de 15%.

Bon, soyons sérieux deux minutes. La SAS du Cercle vient d’investir 12 millions d’euros1 dans son nouvel établissement des bords du lac. Lequel, ayant ouvert ses portes au printemps, est bien loin d’être rentabilisé. Or, perdre la DSP pour l’exploitation des jeux signerait l’arrêt de mort de la SAS du Cercle. Qui tire la majeure partie de ses revenus de cette activité. Ce n’est pas avec une boîte de nuit, deux restaurants (dont un vraiment pas terrible) et un bowling que la SAS du Cercle pourrait être financièrement viable. A l’évidence, la menace brandie par Paul Burnet n’est qu’un chiffon rouge destiné à … on se demande bien quoi. Peut-être à faire pression sur la municipalité pour qu’elle revoie ses exigences à la baisse. Mais Dominique Dord lui-même a mis un tel acharnement et une telle conviction à défendre son projet de DSP lors du conseil du 18, qu’on le voit mal aujourd’hui faire machine arrière. Remarquez, ce ne serait pas une première. Dans l’actualité récente, Dord s’est ainsi déclaré prêt à faire investir la ville dans une SEM pour les thermes Chevalley. Et ce après avoir clamé pendant des années que prendre des participations dans une SEM pour les thermes serait la pire erreur que la ville pourrait faire.

On attend désormais avec une certaine impatience la suite de ce feuilleton politico-financier, qui a un faux air des feux du désamour. A moins que ce ne soit des feux de l’amour vache !

En attendant cette suite, une question reste en suspens. Est-il bien raisonnable de faire autant dépendre les finances de la ville du seul bon vouloir d’un casinotier ? Sur ce point au moins, les jeux sont faits, rien ne va plus …




1 12, pas 15 ni 16. Ces derniers chiffrent correspondant à la valeur TTC de l’investissement. Or, jusqu’à preuve du contraire, c’est bien le HT qu’il faut retenir, car l’investisseur récupère la TVA !

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