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6 octobre 2010 3 06 /10 /octobre /2010 07:45

Les affaires immobilières se suivent et se ressemblent à Aix les Bains. Prenons par exemple celle des terrains de la Crémaillère, en bordure du Bois Vidal, et celle du parking du boulevard Wilson. La première date de 2001. Au moment du vote par le conseil (le 13 décembre), le moins que l’on puisse dire c’est que le projet était flou. On ne connaissait pas les investisseurs. On ne comprenait pas du tout pourquoi il fallait passer par l’intermédiaire d’une petite SCI locale bien en mal de réaliser d’elle-même tout ce qui était promis. Et Dord ne doutait pas un seul instant que le projet irait au bout. Et il affirmait que, si le projet n’était pas conforme à la présentation que son adjoint François Philippe venait de faire, la ville garderait de toute façon la maîtrise du dossier en s’opposant au permis de construire.

Pour ceux qui ne s’en souviennent pas, le projet présenté aux élus consistait en la réalisation d’un complexe regroupant un centre de balnéothérapie, une unité de recherche et de production en cosmétique, un hôtel 4*, et divers commerces et services de proximité. Avec à la clé, au bas mot 150 emplois nouveaux. Mais quand en 2007 une demande de permis de construire est enfin déposée1 pour les terrains de la Crémaillère, quasiment tout ce qui était prévu en est absent. Plus d’hôtel 4*, plus de commerces, plus de services, plus d’unité cosmétique. Et disparue aussi la création de 150 emplois. En lieu et place, il n’y a qu’une résidence hôtelière vaguement assortie d’une piscine censée représenter l’activité thermale de l’ensemble. Car le PLU est strict sur ce point : seules les constructions en rapport avec une activité thermale sont autorisées.

Conclusion de tout ceci. Non seulement le projet initial, dont Dord ne doutait pas un seul instant qu’il irait au bout, n’a jamais vu le jour. Mais en plus Dord ne s’est en rien opposé au nouveau projet, pour lequel il a accordé sans ciller le permis de construire.


Dans la dernière mouture du projet de l’ilot Wilson, on prend presque les mêmes et on recommence. Presque car François Philippe n’est plus élu au conseil, et la SOLLAR n’est pas un investisseur suisse fantôme dont on n’a jamais su le nom. Pour le reste, c’est marijuana-marijuana-donkey (traduction anglaise approximative de kif-kif-bourricot). Le 28 dernier, Dord demande à son conseil de vendre un terrain municipal à une société privée. Comme en 2001, il accorde à l’acheteur la remise maximale autorisée par les domaines. Comme en 2001 il trouve que le projet de la SOLLAR est un super projet pour la ville. Comme en 2001, il n’a pas le moindre doute sur le fait que ce projet se réalisera. Et on a vu ce que valait ses certitudes de 2001.

Alors, on ne dit pas que la SOLLAR fera comme la famille Garancini et ses investisseurs suisses fantômes. Mais, chat échaudé craignant l’eau froide, on demande à voir. Et, pour l’instant, on n’a encore rien vu venir.


LE MOT DE LA FIN
On ne saurait que trop vous conseiller d’écouter ou de réécouter le débat du 28 juin sur ce point de l’ordre du jour du conseil (lien ci-dessous). Pour y constater que sur les 32 minutes que dure le débat, Dord a monopolisé la parole pendant 20 minutes, soit quasiment pendant les 2/3 du temps. Ce qui en dit long sur ce qu’il entend par « débat ». Ne ratez pas non plus juste avant le vote cette déclaration étonnante ou Dord dit à Ferrari  (Marina) qu’il ne peut pas lui redonner la parole parce que sinon il faudrait qu’il la redonne à tout le monde. Donner la parole à tout le monde, il nous semblait justement que c’était ça le fondement d’un débat !

Pour y entendre également le député-maire-président (mais à l’époque pas encore trésorier) faire un numéro de haute-voltige politique. Il commence par expliquer que oui, on ne connait pas précisément le projet, puisqu’il s’agit d’une vente simple. A la suite de quoi il assure cependant qu’il est évident 1° qu’il y aura toujours un parking public sur le site 2° qu’il y aura des bureaux et des services 3° qu’il y aura des logements sociaux « de qualité ». Autant de points qui ressemblent à s’y méprendre à une description très précise d’un projet dont il vient de dire qu’on ne le connaissait pas … précisément ! 


Lien vers le fichier audio sur le site d'Aix Avenir (la mairie ne permettant toujours pas aux citoyens de réécouter les débats sur le site de la ville) : Conseil 28 juin 2010 - 4. Ilot Wilson : cession foncière à la SOLLAR (format MP3 - 59 Mo).

 

 

LE TRIO DE CERISES SUR LE GATEAU
Première cerise. Dans son intervention fleuve du 28 juin, Dord n’hésite pas à dire qu’il serait irresponsable de se lancer à coups de dizaines de millions d’euros dans la construction d’un nouveau parking sous l’ilot Victoria. Mais qui sont donc les irresponsables qui avaient inscrit ce chantier au titre de chantier prioritaire n°10 dans leur programme électoral ? Ah ben ça alors, c’est précisément Dord et ses colistiers !

Deuxième cerise. Toujours dans la même intervention, Dord se réjouit que son projet permette enfin de cacher la voie ferrée à la vue, à l’odorat (il dit l’odeur) et l’ouïe de tous les habitants du centre ville. Les actuels riverains de la partie ouest de la gare apprécieront comme il se doit cette remarque. Tout comme les futurs habitants des immeubles de l’ilot Wilson. Car on ne voit pas très bien par quel miracle ils pourraient ne pas avoir la vue, l’odorat et l’ouïe sur la voie ferrée, vu que leurs logements seront bâtis à proximité immédiate de celle-ci !

Troisième cerise. Dord affirme à un moment qu’il n’y a pas de problème de stationnement à Aix les Bains. Avant d’ajouter un peu plus tard, sans doute malencontreusement emporté par son élan, pas de problème de stationnement payant. Précision d’importance qui change tout.





1 Soit 6 ans après la délibération du conseil lors de laquelle Dord avait affirmé qu’il y avait urgence à vendre, afin de ne pas laisser filer les investisseurs.

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