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30 octobre 2010 6 30 /10 /octobre /2010 12:47

Dati.jpgDans l’actualité du moment, impossible de passer à côté de l’affaire de ce drômois, interpelé par la police et placé en garde à vue pendant 48 heures pour avoir adressé des courriels « douteux » à Rachida Dati. Ne connaissant ni la quantité ni la teneur exacte des courriels en question, qui exploitent le fameux lapsus de l’ex garde des sots seaux sceaux qui avait confondu inflation avec fellation, on se gardera bien de porter un jugement quant à la plainte qu’elle a déposée. Elle s’en explique sur son site officiel en disant qu’elle s’est sentie menacée.


Reste qu’on demeure pantois face aux moyens déployés par la police et face à la réactivité des forces de l’ordre. Interpellation à son domicile dès potron-minet, perquisition en règle, saisine de son ordinateur et garde à vue de 48 heures. Cette dernière étant motivée, d’après Antoine Paganelli, le procureur de Valence, par la nécessité d’une expertise psychiatrique destinée à établir si l’auteur des faits représentait ou non une menace pour Madame Dati. Tout ceci pour déboucher sur une mise sous contrôle judiciaire et comparution dès le 3 décembre prochain devant le tribunal pour « outrage à personne chargée d'une fonction publique ». Un énoncé des charges d’où toute forme de menace est exclue, soit dit en passant.

Au micro des journalistes, le procureur de Valence a cru bon d’ajouter qu’il n’avait reçu aucune instruction particulière venant d’un haut-lieu, et que la justice aurait fait pareil partout ailleurs en France … pour n’importe quel(le) député(e). Ah, si le procureur avait terminé sa phrase sur « partout ailleurs en France », on aurait pu croire à nouveau un tout petit peu en l’égalité des citoyens devant la justice. Mais non, il a bel et bien ajouté « pour n’importe quel(le) député(e) ». Attestant qu’il y a bien en France une justice à deux vitesses. Car, on le rappelle, si Rachida Dati a déposé plainte, ce n’est pas pour outrage à sa personne, mais parce qu’elle se sentait menacée. Toutes les divorcées qui ont reçu force courriels menaçants ou injurieux de leurs ex et qui ont été rembarrées dans les commissariats, où on leur a refusé le dépôt d’une plainte pour simplement (et au mieux), enregistrer une simple main courante, apprécieront comme il se doit ce traitement pas du tout d’exception réservée à la députée Dati.

On s’étonne parfois que la justice soit lente. Visiblement, elle ne l’est pas pour tout le monde. Pour les autres, il faut qu’ils se fassent une raison : si la justice française est lente, c’est parce qu’elle n’a que deux vitesses !

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