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23 mars 2012 5 23 /03 /mars /2012 07:45

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Chers concitoyens, chères concitoyennes,

 

Je le fais par sens du devoir et de l’intérêt public. Je le fais pour servir pour la collectivité. Je ne le fais pas pour de l’argent. Combien de fois avons-nous entendu ce genre de phrases dans la bouche de nos politiciens ? Il ne fait pas de doute que c’est vrai pour une majorité d’entre eux. Je veux parler des petits, des sans grade. De ces maires de villages, de ces conseillers municipaux parfois même pas le moins du monde indemnisés pour leur travail. Mais Dieu que ces mots sonnent faux quand ils sont prononcés par celles et ceux qui ont choisi de faire carrière en tant qu’élus. Qui ont choisi de devenir des professionnels de la politique. D’en vivre. Souvent d’en vivre bien.

 

L’exemple, mais pas forcément le bon, venant souvent d’en haut, on a récemment entendu notre petit président à nous faire état de sa candidature à sa propre succession. Lui qui avait pourtant juré ses grands dieux que s’il échouait à tenir ne serait-ce qu’une de ses promesses, il ne se représenterait pas. Seulement voila, le devoir l’appelle. La France l’appelle. Il en va de la survie du pays invoque-t-il, des trémolos dans la voix, et des accents patriotiques accrochés aux virgules de son discours. Qui peut croire à de pareilles sornettes ? Voila un homme qui vit de la politique depuis des décennies, et qui dispose aujourd’hui, comme argent de poche, d’un salaire de cadre supérieur. Ainsi que d’un patrimoine privé qui se chiffre en millions (au pluriel) d’euros. Et il voudrait nous faire croire que l’argent ne l’intéresse pas, lui dont le premier acte de président a été d’augmenter son propre salaire de +170% ? Lors de son récent déplacement du côté de Bayonne, Nicolas Sarkozy s’est rendu dans une ferme de la région. Oui, les fermes sont très à la mode en période électorale. On a pu y entendre ce dialogue étonnant entre le paysan et le président (dialogue rapporté approximativement, mais le sens y est) :

 

Le paysan : c’est dur, et on ne travaille pas 35 heures

Le président : mais moi non plus mon brave monsieur

Le paysan : oui mais nous on ne gagne pas 20.000 euros par mois plus tout le reste

Le président : oui mais moi je ne suis pas propriétaire de 40 hectares

 

Je ne sais pas si le paysan en question est ou non vraiment propriétaire de 40 hectares. Ce qui est sûr en revanche, c’est qu’au prix du m² de terrain agricole, ces 40 hectares n’atteignent pas le ¼ de la fortune personnelle estimée du président. Lequel touche bien, en parallèle, près de 20.000 euros d’argent de poche.

 

Mais quittons ses hautes sphères pour en rejoindre une qui nous touche encore plus directement. Celle du microcosme politique aixois. Dominé et mené à la baguette depuis plus de 10 ans par Dominique Dord. L’homme qui se vante d’avoir des appuis aux plus hauts niveaux de l’Etat, mais qui se trouve toujours une bonne raison de ne pas être responsable de la fermeture de la chirurgie, de la maternité, du tribunal, des thermes … etc. A se demander si en fait il n’aurait pas plutôt des appâts aux plus hauts niveaux de l’étui ! Bref, cela fait 11 ans que Dord est à la fois député et maire d’Aix les Bains. A lui tout seul, durant ses 11 années, il aura coûté près de 1.750.000 euros à la collectivité. Et encore, en comptant seulement ses indemnités. Dont près de la moitié correspond à la prise en charge forfaitaire de frais qu’il est censé avoir engagés, mais dont personne ne lui demande le moindre justificatif. Ajoutez-y les dépenses directement prises en charge par l’assemblée, les salaires de ses assistants et autres directeurs de cabinet, le remboursement de ses frais de campagnes, et d’autres babioles, et vous dépassez haut la main la barre des 2 millions d’euros. Pour approcher celle des 3 millions. Et tout ça pour quoi ? Pour avoir faits des ronds-points partout en ville. Pour avoir vendu à des promoteurs privés tout ce que la ville comptait de patrimoine foncier. Pour avoir oublié pendant près de 10 ans de construire du logement social dans une ville qui en avait pourtant terriblement besoin. Pour avoir laissé partir la maternité, la chirurgie, le tribunal. Pour avoir laissé brader les thermes à un tel point qu’aujourd’hui la ville est contrainte de négocier en position de faiblesse pour racheter à Valvital un patrimoine qui il y a un an était encore dans le domaine public !

 

3 millions d’euros pour un tel résultat. Est-ce vraiment tout ce que nous sommes en droit d’attendre ? Est-ce vraiment là l’œuvre d’un homme désintéressé qui ne se fait élire et réélire que par sens du devoir pour servir et défendre le seul intérêt public ?

 

Bien à vous.

 

Edith

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