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30 mars 2012 5 30 /03 /mars /2012 07:45

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Chers concitoyens, chères concitoyennes,

 

Puisqu’ils ne cessent de le répéter, c’est que ça doit être vrai. Nos politiques prétendent tous n’agir que par sens du devoir et de l’intérêt public. Régulièrement, de ci de là, les faits viennent contredire ces belles affirmations. Et je ne parle pas que des « affaires », présentes ou passées. Voici un petit exemple, assez illustrateur.

 

Depuis fort longtemps, une grande partie du petit monde politique avait pris la mauvaise habitude de considérer que la loi ne s’appliquait pas à lui. Enfin une partie de la loi. Plus précisément l’article L51 du code électoral, régissant l’affichage éponyme en période de campagne. L’esprit de cet article était pourtant évident et plein de bon sens citoyen : placer tous les candidats sur un pied d’égalité et éviter que ceux qui disposent de plus de moyens écrasent les autres au travers d’une publicité massive à grand renfort d’affiches. L’article suscité était rédigé ainsi :

 

Pendant la durée de la période électorale, dans chaque commune, des emplacements spéciaux sont réservés par l'autorité municipale pour l'apposition des affiches électorales. Dans chacun de ces emplacements, une surface égale est attribuée à chaque candidat ou à chaque liste de candidats. Pendant les trois mois précédant le premier jour du mois d'une élection et jusqu'à la date du tour de scrutin où celle-ci est acquise, tout affichage relatif à l'élection, même par affiches timbrées, est interdit en dehors de cet emplacement ou sur l'emplacement réservé aux autres candidats.

 

Comme chacun d’entre nous a pu le constater par lui-même, notamment lors des élections nationales, les candidats à la présidentielle ou aux législatives s’asseyaient joyeusement sur cet article de loi. A croire qu’à l’instar des promesses électorales qui n’engageraient que ceux qui les écoutent, les lois n’engageraient que ceux qui ne les font pas. Tout le monde ou presque s’adonnant dans la bonne humeur à ces pratiques illégales (faut-il dire à côté de la loi ?), tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes. Assuré de ne pas être inquiété par un adversaire se livrant aux mêmes activités coupables, chacun y allait de son déluge d’affiches en toute égalité, mais en parfaite impunité.

 

Sauf qu’il s’est trouvé des gens que la situation commençait à agacer. Légitimement. Et alors le sens du devoir et de l’intérêt général de nos politiques a repris le dessus. Ni une ni deux, ils ont modifié le code électoral. Pour renforcer les sanctions à l’encontre des contrevenants ? Que nenni ! Pour légaliser au moins en partie l’affichage jusqu’alors illégal. C’est ainsi que depuis le 20 avril 2011, l’article L51 du code électoral se trouve ainsi rédigé :

 

Pendant la durée de la période électorale, dans chaque commune, des emplacements spéciaux sont réservés par l'autorité municipale pour l'apposition des affiches électorales. Dans chacun de ces emplacements, une surface égale est attribuée à chaque candidat ou à chaque liste de candidats. Pendant les six mois précédant le premier jour du mois d'une élection et jusqu'à la date du tour de scrutin où celle-ci est acquise, tout affichage relatif à l'élection, même par affiches timbrées, est interdit en dehors de cet emplacement ou sur l'emplacement réservé aux autres candidats, ainsi qu'en dehors des panneaux d'affichage d'expression libre lorsqu'il en existe.

 

Ainsi qu'en dehors des panneaux d'affichage d'expression libre lorsqu'il en existe, la petite phrase qui change tout. Désormais, les candidats qui en ont les moyens peuvent inonder les panneaux d’affichage libre de leur commune, de leur canton, de leur circonscription … etc.

 

Quel joli arrangement entre « amis » que voila. Car je vous le demande, en quoi cela sert-il l’intérêt général ? Serons-nous des électeurs plus avisés parce que la tête du candidat machin-chouette ou de la candidate bidule-truc trônera en bonne place sur les panneaux d’affichage libre de nos communes ? Cette modification législative ne sert pas l’intérêt général. Ni la démocratie. Elle est au service d’intérêts partisans. Et aussi de l’égo de bon nombre de nos politiques, adeptes du culte de la personnalité, et candidats au concours permanent « ma binette en photo partout ».

 

Généralement, ce sont les mêmes qui feignent de déplorer la désertion des urnes et la défiance des électeurs à l’encontre de la classe politique. Ce n’est pas avec de tels petits arrangements entre eux qu’ils vont améliorer les choses.

 

Il y a quelques semaines de cela, le théâtre du casino d’Aix les Bains accueillait une pièce d’Olivier Lejeune, le bal des faux-culs. En cette période électorale plus qu’en d’autres temps, le bal des faux-culs est permanent.

 

Bien à vous.

 

Edith

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commentaires

Steph73 30/03/2012 19:29


Bien d'accord avec vous cela continue de favoriser les "gros" partis qui ont les moyens de se payer des affiches et de permettre pendant cette période une petite gueguerre (un peu ridicule car
est-ce que cela joue vraiment sur les votes ???) sur les panneaux à tel point que les associations se disent que c'est inutile d'afficher pendant cette période car recouvertes rapidement... Déjà
à Aix si on avait l'affichage commercial séparé distinctement de l'expression libre ce serait pas mal... car le commercial a déjà suffisamment d'autres panneaux à sa dispo.

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