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20 septembre 2010 1 20 /09 /septembre /2010 07:44

EcoleDesagregee.jpg« Y a-t-il un malaise enseignant ? », se demandait la Société des Agrégés juste avant l’été. Enquête à l’appui, auprès d’un échantillon de 400 professeurs du public, la réponse est claire. Près de la moitié d’entre eux (45,6%) avouent avoir été tentés de démissionner. Et les trois quarts (73,6%) envisagent, à plus ou moins court terme, une reconversion.

C’est par ces termes que débute un article de Télérama (n°3165 – 11 au 17 septembre 2010). Un article, et une enquête, qui peinent à démontrer la réalité d’un malaise enseignant qui serait spécifique. Car pour que les chiffres évoqués ci-dessus à propos des tentations de démission et de reconversion aient un sens, encore faudrait-il qu’ils soient accompagnés d’autres chiffres. Comme par exemple ceux d’enquêtes similaires dans d’autres branches d’activité, tant dans le public que dans le privé. Une comparaison qui fait cruellement défaut, et qui prête forcément le flanc à la critique. Qui n’a pas été un jour tenté de démissionner de son emploi parce qu’il en avait ras le bol ? Qui, surtout à partir d’un certain âge, n’a pas eu envie de tout reprendre à zéro et de reconvertir dans une autre activité ?

Il manque aussi d’autres chiffres. Comme par exemple de savoir combien d’enseignants démissionnent et/ou se reconvertissent chaque année. Car y penser, c’est une chose, le faire en est une autre. Surtout quand on s’aperçoit qu’en abandonnant les métiers de l’enseignement, on va devoir (au mieux) faire 35 heures de travail effectif au sein de l’entreprise, et ce 47 semaines par an. Quand on découvre qu’il va falloir dire adieu aux 10 jours de congés à la Toussaint, aux 2 semaines de Noël, de Février et de Pâques, et aux mois de juillet et août presque totalement consacrés aux vacances. Quand on s’aperçoit qu’il va falloir faire des choix, en n’ayant plus que 5 semaines de congés au lieu de 16. Discours éculé dirons certains, mais qui n’en demeure pas moins la réalité des choses. Alors il faudrait sans doute un peu plus qu’une interprétation aussi hâtive que tronquée d’une enquête pour démontrer l’existence d’un malaise spécifique au corps enseignant.

Il n’y a dans nos propos ni volonté de pointer les enseignants du doigt, ni sous-entendu tendant à les faire passer pour des privilégiés. Il n’y a non plus aucune forme de jalousie de notre part. Juste le sentiment qu’à force de nier la réalité des avantages de leur métier1, les enseignants tendent le bâton pour se faire battre et rendent inaudibles les éléments qu’ils avancent par ailleurs pour dénoncer la désagrégation organisée de l’éducation nationale. Comme par exemple les 50.000 postes supprimés en 3 ans, et tous ceux restants à venir. Et c’est bien dommage, car ces éléments là méritent d’être entendus.




1 Dire que les enseignants du public bénéficient de la sécurité de l’emploi, de vacances trois fois longues que la moyenne des français, ou encore d’un nombre d’heures de cours faible relève peut-être de « poncifs à la mode » (dixit Télérama), mais c’est bel et bien la réalité.

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Published by Aix Hebdo - dans Infos en vrac
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