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25 février 2011 5 25 /02 /février /2011 07:45

Ecole_privee1.jpgDepuis 2008, la suppression de postes d’enseignants par treize à la douzaine fait régulièrement la une de l’actualité. Plus de 40.000 postes auraient ainsi été supprimés depuis la rentrée 2008. Et 16.000 nouvelles suppressions seraient attendues pour la rentrée 2011. Un régime de quasi disette qui fait passer Claude Allègre et son dégraissage de mammouth (1997) pour de la roupie de sansonnet. Mais dans la croisade du gouvernement, tous les appelés ne semblent pas être logés à la même enseigne.

 

Du côté de l’éducation nationale publique, pas de doute possible. Les temps sont à la réduction des effectifs. Et même à la réduction massive. On ne reviendra pas sur les difficultés que génère cette stratégie qui tient plus du dogme que d’une action reposant sur l’analyse des besoins. Mais comment ne pas faire le parallèle avec ce qui se passe dans l’enseignement privé ? Et notamment l’enseignement privé sous contrat avec l’état.

 

Avant-hier se tenait du côté de Chambéry une réunion d’information dont le thème était « Pour devenir enseignant ». Cette réunion était organisée par les responsables de l’enseignement catholique. Contre lequel nous n’avons strictement rien, et qui a parfaitement droit de cité, précisons-le d’emblée, afin de couper court à toute critique injustifiée. Et le message d’appel pour cette réunion était le suivant : « D’ici à cinq ans, l’enseignement catholique va devoir remplacer 20.000 professeurs qui partiront à la retraite ». A la lecture de cette phrase, ça devrait faire tilt dans vos cerveaux. D’un côté (éducation nationale), on ne remplace qu’un départ à la retraite sur deux et on supprime chaque année des dizaines de milliers de postes, et de l’autre (enseignement catholique) on s’apprêté à remplacer l’intégralité des 20.000 départs à la retraite devant intervenir d’ici à 2015. Voila une bien curieuse disparité de traitement.

 

Car il y a bel et bien disparité. En effet, les établissements de l’enseignement catholique qui cherchent à remplacer les 20.000 professeurs devant partir en retraite sont certes des établissements privés, mais sous contrat avec l’état. Autrement dit c’est le ministère de l’éducation nationale qui est l’employeur des enseignants qui exercent dans ces établissements. Il y aurait donc d’un côté une éducation nationale publique qu’il conviendrait de dégraisser, et de l’autre une éducation nationale catholique et privée (mais dont les enseignants sont payés par l’état) à laquelle il conviendrait de maintenir voire de développer ses effectifs ?

 

Ce n’est sans doute pas tirer des conclusions hâtives que de dire que si le gouvernement voulait préparer le terrain pour privatiser l’éducation nationale, il ne s’y prendrait pas autrement.

 

 

 

Ecole_privee2.jpgQuelques chiffres à avoir en tête

L’éducation nationale en France, c’est à peu près 12 millions d’élèves, du primaire au lycée. L’enseignement public accueille les 5/6èmes de ces élèves, soit environ 10 millions, dans près de 57.000 établissements scolaires. Pour l’année scolaire 2009/2010, un peu plus de 710.000 enseignants ont dispensé des cours dans ces établissements.

 

L’enseignement catholique compte pour sa part près de 8.500 établissements, et revendique 2 millions d’élèves. Pas moins de 140.000 enseignants y dispensent des cours.

 

A la rentrée 2009, le ratio nombre d’enseignants / nombre d’élèves était sensiblement le même d’un côté et de l’autre : de l’ordre de 7 enseignants pour 100 élèves. Mais avec les suppressions de postes qui se succèdent dans le public à chaque rentrée, ce ratio est en train de basculer rapidement en défaveur de l’éducation publique. Le rapport tout récemment remis au premier ministre avance le chiffre de 6,1 enseignants pour 100 élèves, soit une baisse de près de 15% par rapport à la situation à la rentrée 2009 (ratio de 7,1).

 

 

Note aux benêts : les apparences sont parfois (souvent) trompeuses. Ce n’est pas parce que cet article est illustré par des dessins qui malmènent un tantinet l’enseignement catholique qu’il faut en déduire que nous vouons ce dernier aux gémonies. Il nous semble seulement que dans une république qui se veut laïque, l’éducation se doit de rester majoritairement elle aussi laïque. Et se doit également de rester un service public offrant les mêmes chances à tous, sans condition de ressources. Ce qui n’est doublement pas le cas de l’enseignement catholique, même sous contrat avec l’état. D’abord parce qu’il est catholique, donc par définition non laïque. Ensuite parce qu’étant payant, il opère par la force des choses une sélection par l’argent, entre ceux qui ont les moyens de payer, et ceux qui ne peuvent pas se le permettre.

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