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2 septembre 2010 4 02 /09 /septembre /2010 07:44

Aixoises2007.gifA l’occasion de la récente nuit du jazz (14 août), qui a malheureusement un peu pris l’eau en raison de pluies abondantes, on a pu lire dans la presse locale (Hebdo des Savoie du 5 août) une interview de Michel Frugier1, de laquelle transpire un extraordinaire enthousiasme de la municipalité pour tout ce qui ressemble de près ou de loin à du jazz.

« Nous attendons avec impatience cette première nuit du jazz » déclare Frugier. Qui ajoute aussitôt « C’est une manifestation que nous avons voulue car le jazz à sa place à Aix ». Et l’adjoint d’en remettre une couche : « Notre ville a d’ailleurs une forte attache au jazz ». Ou encore, plus loin, « depuis que les aixoises de jazz se sont arrêtées, nous nous sommes toujours dit qu’il y avait un vide à combler concernant le jazz. Nous attendions une étincelle ».

En guise d’étincelle, les conditions météo ont plutôt transformée cette première nuit du jazz en pétard mouillé. Mais ce n’est sans doute que partie remise, en espérant un ciel plus clément en 2011.

Reste que si cette manifestation a vu le jour en 2010, l’initiative en revient tout de même non pas à la municipalité aixoise, mais à un de ses enfants, Geoffrey Secco. Comme quoi « l’impatience » ne devait pas être si grande que ça du côté de la place Mollard. Sinon il y belle lurette que Dord et compagnie auraient pris les devants pour faire « revenir » le jazz à Aix. Mais peut-être avaient-ils un peu honte de prétendre à vouloir faire « renaitre » le jazz dans les rues aixoises ? Car c’est une chose que de clamer, comme le faisait Frugier début août, que le jazz a toute sa place à Aix. Mais c’en est une autre que de vouloir la lui donner, cette place !

Si culture et argent ne font pas forcément bon ménage, et que le second n’est pas forcément synonyme de qualité pour la première, il n’est pour autant pas inintéressant de se pencher sur la façon dont Dord et compagnie subventionnent les différents festivals musicaux de la ville. La comparaison donne à réfléchir.

Car en 2007, dernière année d’existence des aixoises de jazz, l’association qui en était l’organisatrice a reçu 5.500 euros de subvention de la part de la mairie. Auxquels il faut ajouter 323 euros de subvention (royale !) pour l’organisation d’une master class. La même année Aix’Opérettes, organisatrice du festival éponyme, a pour sa part touché 71.216 euros de subventions municipales. Quant à Musilac, dont on rappelle qu’il est organisé par une société privée, son bilan 2007 fait état de 482.486 euros de subventions d’exploitation, dont la quasi-totalité provient d’Aix les Bains par l’intermédiaire de son office de tourisme. Sans compter les aides en nature fournies par la ville (par exemple toute la sécurisation des voiries). Alors certes, les aixoises de jazz n’avaient pas la capacité à attirer 40 ou 50.000 spectateurs. Il n’empêche que, comme le rappelle fort justement Frugier dans son interview, elles ont rempli le théâtre du casino pendant des années, et ce plusieurs soirées durant. Au final, il ressort que la venue d’un spectateur pour Musilac était, en 2007, au bas mot trois fois plus subventionnée que la venue d’un spectateur des aixoises de jazz.

Voila qui illustre bien, et surtout bien mieux que toutes leurs déclarations en fanfare, la place que Dord, Frugier et compagnie accordent au jazz à Aix les Bains.

On ne sait pas encore si l’hiver sera rude. Mais, en hommes prudents et soucieux de leurs intérêts qu’ils sont, nos élus savent tirer la couverture à eux en toute saison.





1 Pourquoi diantre est-ce l’adjoint au maire chargé des sports, du tourisme et de la promotion thermale qui s’exprime dans presse sur ce sujet ? Sans doute parce que la ville ne compte toujours pas, et ce très symboliquement, d’adjoint à la culture.

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