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4 mars 2011 5 04 /03 /mars /2011 07:45

Il y a quelque temps de cela, le Journal d’Aix les Bains avait consacré une série d’articles à la presse papier locale. Dans cette revue de détail, le site bien connu des aixois n’avait pas manqué d’épingler les deux parutions municipales officielles. Les rebaptisant avec une pointe d’humour, mais non sans clairvoyance la Lettre et le Néant, et le Journal de Oui-Oui.

 

Nous sommes récemment tombés (sans nous faire mal) nez à nez avec une autre parution. Qui nous semble pouvoir être qualifiée de para-municipale. Puisque les textes qu’elle publie sont rédigés avec l’aide de l’office du tourisme d’Aix les Bains. Aix Poche, puisque c’est de cet opuscule qu’il s’agit, est une parution annuelle. L’édition en cours est sortie en juin 2010. A la une, ce fascicule allèche le lecteur potentiel, en lui faisant miroiter « bons plans et services » à découvrir en ville et aux alentours. En pratique, c’est tout autre chose. Près de 40% des pages sont occupées par de la publicité. Sans compter la page de l’édito du député-maire et président de l’office du tourisme (c’est sous cette appellation qu’il est présenté). Avec photo de rigueur de l’intéressé. A propos de plan, celui reproduit en pages 66 et 67 est à peu de choses près totalement illisible si on ne possède pas une loupe. Cerise sur le gâteau, il n’est accompagné d’aucun index des noms de rue. On note aussi que les lieux cultuels y sont indiqués au moyen de pictogrammes adaptés : un pour les églises, un autre pour les temples, encore un autre pour les synagogues et … aucun pour les mosquées ni a minima les lieux de culte islamique.

 

Autre détail surprenant figurant sur ce plan : le lecteur peut y trouver les distances séparant différents lieux de la ville (piscine, gare, bois Vidal, thermes Chevalley, thermes de Marlioz, Grand Port, forêt de Corsuet, colline de Tresserve) de … la mairie. Pourquoi de la mairie, on se le demande bien. Est-ce pour la mettre au centre du monde ?

 

Bon, si on a tenu à vous parler de cette parution ici, c’est que dans ces pages on trouve une présentation du thermalisme aixois qui pourrait tout aussi bien figurer dans la Lettre et le Néant ou le Journal de Oui-Oui évoqué spar le site du Journal d’Aix les Bains. Voici, mot pour mot, la phrase d’introduction du chapitre consacré au thermalisme dans Aix Poche : « Reconnue en tant que ville d’eau prestigieuse à la Belle Epoque, Aix-les-Bains est devenue aujourd’hui la 3ème station thermale de France représentant, à elle seule environ 30 000 curistes par an ». Une introduction à laquelle le maire et son édito préparent bien le terrain, en affirmant (on cite toujours) « notre cité thermale est devenue en quelques années une destination leader dans le domaine de la santé et du ressourcement ».

 

A la lecture de ces mots, la question s’impose : sommes-nous en train de lire Aix Poche, ou bien la Gazette des Bisounours ?

 

Rappelons qu’il s’agit de l’édition 2010/2011, parue en juin 2010. Au moment de la mise sous presse, les auteurs des textes de cette brochure n’avaient donc à leur disposition que les chiffres de fréquentation thermale de l’année 2009. Soit 23.739 curistes aux thermes nationaux, et 2.287 aux thermes de Marlioz. Soit un total de 26.026 curistes pour l’ensemble de la station thermale. Il y a des arrondis qui ne manquent pas d’angles ! Ou plus exactement de biais. Car franchement, affirmer que 26.026 curistes, c’est « environ 30.000 », c’est franchement se moquer du monde.

 

Qui plus est, en 2009, avec ses 26.026 curistes, Aix les Bains n’était pas la 3ème station thermale de France. Mais la 4ème, derrière Dax (47.007), Balaruc (37.887) et Gréoux (29.091). Ajoutons également qu’Aix les Bains a longtemps été ni la 4ème ni la 3ème station thermale de France, mais bel et bien la première. Et rappelons aussi qu’avant que monsieur Dord ne se parachute en ville et ne prenne en mains les rênes de la cité et de son avenir, la fréquentation globale de la station thermale (thermes nationaux + thermes de Marlioz) voisinait avec les 38.000 curistes par an. Autrement dit, en quelques années, Aix les Bains n’a pas réussi à se hisser sur la 3ème marche du podium.

 

En réalité, elle n'a réussi (!) qu'à dégringoler de la 1ère marche jusqu’en bas, poussant la  réussite (!) jusqu’à ne même plus être sur le podium. Et c’est cela que Dord appelle « devenir en quelques années une destination leader ».

 

D’où le sobriquet de Gazette des Bisounours, qui nous semble assez pertinent pour rebaptiser Aix Poche. Comme dans cette Aix les Bains thermale imaginaire que nous décrit cette parution, au pays des Bisounours, tout est beau, tout est rose, tout est toujours mieux qu’avant. Dommage que tout y soit faux.

 

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