Lundi 1 février 2010 1 01 /02 /Fév /2010 07:45

CretinsDesAlpes-1.jpgVous pensez que comme le dahut, les crétins des Alpes n’existent pas vraiment, qu’ils ne sont qu’une légende ? Autant vous dire que si telle est votre façon de penser, vous vous fourrez le doigt dans l’œil jusqu’à l’omoplate ! Car les crétins des Alpes existent pour de vrai. La preuve, nous avons croisé dimanche dernier au Revard tout un troupeau de représentants de cette espèce, hélas pas en voie de disparition.

Dimanche 31 janvier. Le temps est au beau fixe. Le soleil luit de tous ses rayons et, même s’il peine à faire grimper le mercure du thermomètre, il rend la montagne bien attirante. Il faut donc s’attendre à voir les aixois prendre le Revard d’assaut, pour y goûter aux joies de la neige. Voila qui présage déjà d’un flot intense de voiture sur les sommets.

Manque de bol, en ce dimanche 31 janvier, les pistes de ski de fond du Revard accueillent également une compétition le « Trophée du Beaufort » (challenge de Savoie). Le parking de Crolles se trouve donc très rapidement saturé. Dans cette situation, tout individu normalement pourvu en neurones et doté d’un sens civique minimum, se rabat sur les parkings situés un peu plus haut le long de la route, voire sur le parking de l’ancien foyer de ski de fond. De là, dix minutes de marche à pied ou cinq minutes de ski via la piste jaune permettent de rejoindre tranquillement le départ des pistes de Crolles.

Quelques minutes qui sont visiblement de trop pour nos crétins des Alpes. Dans les rangs desquels on compte pourtant bon nombre d’individus se prétendant « sportifs ». Et dans les rangs desquels on compte certainement aussi quelques uns des compétiteurs du jour. Et voila donc ses sinistres individus qui, le plus tranquillement du monde, stationnent leurs véhicules le long de la route. Ce faisant, ils ne laissent qu’une seule voie libre pour la circulation. Et ne voient visiblement pas quel problème cela pourrait poser. Ou tout du moins ne veulent pas savoir qu’incessamment sous peu, leur comportement d’abruti va générer une pagaille monstre.

Et ça ne rate pas. Inévitablement, la pagaille arrive. Sur le coup des midi une heure. Quand commencent à se croiser les véhicules des gens qui montent skier l’après-midi, et ceux des skieurs du matin. Résultat : un bon kilomètre de bouchon à la montée. Un peu moins à la descente. Mais pas loin d’une demi-heure de patience et d’énervement pour franchir, dans le sens descendant, la courte zone de 100m sur laquelle sont stationnés un vingtaine de véhicules, appartenant d’évidence à des crétins des Alpes. Lesquels pendant ce temps, profitent de la glisse sur leurs skis de fond, ou d’un repas chaud à la terrasse ensoleillée du foyer du Revard.

Il y a des jours comme ça où il vous prend comme une petite envie de génocide. Et où vous regrettez d’être monté skier sans penser à vous munir d’une masse, ou de tout autre objet contendant permettant de laisser les traces visibles de votre exaspération sur les véhicules de ces abrutis de première. Du coup, en croisant le véhicule d’un de ces crétins des Alpes, stationné là où il ne devrait pas l’être, une joie sereine vous envahit en découvrant son aile froissée « de frais », et son rétroviseur arraché lui aussi « de frais ». Une joie d’autant plus profonde que vous avez tout loisir de jouir de ce délicieux spectacle pendant plusieurs longues minutes, vu la vitesse à laquelle vous avancez.

Sans nul doute, certains auront été tentés de descendre de leur voiture pour aller mettre la « seconde couche » : une petite rayure sur la carrosserie, ou un gros « poc » sur le pare-brise. Mais ils se seront ravisés, se prouvant ainsi à eux-mêmes que, contrairement aux crétins des Alpes susnommés, ils sont pour leur part normalement pourvu en neurones et dotés d’un sens civique minimum.

 


 

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Les crétins des Alpes en action. En haut à gauche, une vingtaine de véhicules stationnés à hauteur du parking de Crolles ne laissent qu'une seule voie libre pour la circulation. Résultat, une pagaille monstre, et pas loin d'une demi-heure pour parcourir les 100m de voie unique. Photos du bas : plus d'un kilomètre de bouchon, et sans doute plus d'une heure d'attente à cause de quelques abrutis. Photo en haut à droite : plus bas, à hauteur de la maison forestière, rebelote. Mais deux voitures arrivent encore à se croiser. Par contre, quand un car se pointe, c'est une autre histoire.

 


 


QUELLES SOLUTIONS DEMAIN POUR ALLER SKIER AU REVARD ?
Bon, crétins des Alpes ou pas, le flot intense de véhicules montant à l’assaut du Revard ou en redescendant pose inévitablement la question de la desserte du plateau. Une desserte assurée aujourd’hui pas la seule voie routière. Il est très certainement grand temps de se préoccuper d’urgence de trouver des voies alternatives.

De son côté l’association RATC défend la solution du retour d’un chemin de fer à crémaillère. Une solution qui se heurte à la frilosité des politiques, face au budget colossal qu’elle représente ( Lien.gif lire par ailleurs). Et pourquoi pas la remise en service du téléphérique ?

Nous n’avons pas de solution miracle à proposer. Il n’en n’existe d’ailleurs pas. Mais ce qui nous semble certain, c’est que nos décideurs locaux n’ont que trop tardés à se pencher sérieusement sur la question. Les conclusions des études sur le retour d’une crémaillère (études lancées sous la pression de l’association RATC) sont négatives : le projet est trop cher ! Bien, mais alors que fait-on ? Rien ? On attend que le prix de l’essence remonte pour être suffisamment dissuasif pour les ménages aux revenus modestes ? Ah, c’est vrai que la « sélection naturelle », il n’y a rien de mieux !


UN PEU DE CULTURE
Au cas où vous ne le sauriez pas, l’expression « crétin des Alpes » remonte au 18ème siècle. On la doit à Diderot, dans son encyclopédie raisonnée des sciences, des arts et des métiers (1754). Elle a trait aux populations montagnardes, notamment celle des vallées isolées des Alpes. Lesquelles de part leur isolement géographique, mais aussi en raison de leur pauvreté, ne pouvait quasiment jamais se procurer du sel de mer, source essentielle d’iode.

Hors, une carence en iode provoque une turgescence de la glande thyroïde, qui se manifeste par un goitre, et entraine un retard de croissance et divers troubles mentaux. Les cas de difformité et de nanisme étaient donc fréquents parmi les populations paysannes alpines. Cette forme de débilité mentale et de dégénérescence physique en rapport avec une insuffisance thyroïdienne est désignée sous le nom de « crétinisme ». D’où l’expression « crétin des Alpes », devenue usuelle.

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