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9 décembre 2011 5 09 /12 /décembre /2011 07:45

Réunis en assemblée générale vendredi 25 novembre, les hôteliers aixois semblent découvrir la réalité des perspectives que l’arrivée de Valvital ouvre devant eux. Devant l’inquiétude grandissante, les hôteliers aixois appellent la mairie au secours. Oubliant que la mairie en question n’a rien fait, bien au contraire, pour empêcher l’arrivée de Valvital à Aix. Et que le premier édile aixois s’en félicite même, vantant les choix qui ont été fait.

 

Bernard Riac avait annoncé la couleur dès l’arrivée de sa société Valvital à Aix, en début d’année. Il compte bien aménager une résidence hôtelière jouxtant les thermes Chevalley. Un investissement d’une dizaine de millions d’euros, que Valvital peut se permettre de réaliser, vu le prix bradé auquel il a racheté l’établissement : 3 M€ pour un patrimoine qui en vaut plus de 50, et 6 M€ pour une clientèle qui même au plus creux de la vague a généré près de 15 M€ de chiffre d’affaires annuel. Cette résidence hôtelière, par la force des choses, entrera en concurrence avec les hébergeurs aixois. Avec au premier rang les hôtels. Lesquels ont déjà vu leur nombre diminuer de 40 en 10 ans. Voila pour la première source d’inquiétude des hôteliers aixois.

 

Mais ce n’est pas tout. Valvital va en effet mettre en place sa propre centrale de réservation. Pour laquelle elle entend bien sélectionner elle-même les hôtels avec lesquels elle travaillera. Et qui appliquera un taux de commission de 12 à 15%, soit 4 à 5 fois le taux pratiqué par la centrale de réservation de l’office du tourisme. Moins de 10 mois après son arrivée à Aix, Valvital confirme, s’il en était besoin, sa volonté de jouer « perso ». Et de privilégier sa rentabilité au détriment de l’activité économique de l’ensemble des acteurs du thermalisme aixois.

 

Rien de bien surprenant dans le fond. On pouvait s’y attendre. On s’y attendait. Mais il ya des hôteliers qui semblent tomber des nues. Sans doute les mêmes qui sont également tombés des nues en apprenant que la personne en qui ils avaient placé leur confiance pour porter le projet de rachat des thermes par un collectif regroupant hôteliers et mairie, n’avait finalement proposé qu’un euro symbolique à l’état. Là où son conseil municipal s’était prononcé en faveur d’un montant allant jusqu’à 4 M€. Proposer 1 € symbolique, c’était à coup sûr perdre toute chance d’emporter l’affaire. Et trahir tant la confiance des hôteliers que celle des élus. Malgré cela, devinez donc qui siégeait en bonne place à la « table d’honneur » de l’assemblée générale (réponse en photo ci-dessous).

AgHoteliers2011.jpg

Frugier, Dord et Durochat entourant Marie-Hélène Albert (présidente) lors de l'AG du 25 novembre

Que font donc autant de représentants de la mairie en aussi bonne place à cette assemblée ?

 

Au mois de juin 2012, au moment de glisser leur bulletin dans l’urne pour les législatives, et en mars 2014, pour les municipales, les hôteliers aixois se souviendront-ils encore de cela ? Rien n’est moins sûr, ils semblent avoir la mémoire tellement courte.

 

 

LE MOT DE LA FIN

Michel Frugier, adjoint au tourisme, était également présent lors de cette assemblée générale. Il a souligne l’importance d’être « tous soudés au moment des négociations ». Mais de quelles négociations veut-il parler au juste ? La création de la résidence hôtelière est déjà décidée. Décision unilatérale de Valvital, sans la moindre négociation avec qui que ce soit. Et avec la bénédiction de Dord qui s’en félicite. La création de la centrale de réservation est elle aussi déjà décidée. Là aussi, décision unilatérale de Valvital, sans la moindre négociation avec qui que ce soit. Pas plus sur le principe que sur le taux de commission qui sera pratiqué. Alors on ne voit pas très bien ce qu’il reste à négocier.

 

La bonne solution pour les hôteliers serait peut-être qu’ils soient tous soudés entre eux, et qu’aucun n’accepte de travailler avec la centrale de réservation de Valvital. Mais pour arriver à ce résultat, il faudrait que les hôteliers se débarrassent de la présence de la municipalité en son sein. Sont-ils prêts à fermer leur porte au nez de Dord et Cie ? On en doute. Mais ils risquent bien de s’en mordre une nouvelle fois les doigts sous peu.

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