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Ainsi donc, Dominique Dord se dit « prêt à être plus strict sur la question des micro-partis ». C’est du moins ce qu’il a
déclaré lundi soir à la presse nationale, suite à son accession au poste de trésorier de l’UMP. Mais ça veut dire quoi au juste, « être plus strict » ?
Eclairage.
Il convient tout d’abord de rappeler que quand Monsieur Dord parle de micro-partis, il sait de quoi il parle. Puisque c’est dès 1997 qu’il a créé le sien. Un domaine où il avait de l’avance sur
pas mal de monde. Action Savoie Première, c’est le nom donné à l’association sur mesure dont l’objet est censée être « d’informer les habitants de la première circonscription de
la Savoie de l'action du député Dominique Dord par tous les moyens de communication existants ».
Seulement voila, depuis 1997, quel habitant de la première circonscription de Savoie peut se prévaloir d’avoir reçu un document émanant d’Action Savoie Première ? Sans doute aucun. Pour ce
qui nous concerne, nous n’en n’avons pas retrouvé un seul. Pire, avant que la presse nationale n’évoque le nom de cette association, la quasi-totalité des administrés de Dord n’en
connaissaient pas le nom, et ignoraient sans nul doute jusqu’à son existence. Un sacré paradoxe pour une organisation censée les informer par tous les moyens. Serait-ce à dire que les moyens (et
on parle ici de moyens financiers) de l’association auraient été employés à d’autres fins que celles d’informer les habitants de la première circonscription de Savoie ? On laisse
chacun conclure en son âme et conscience.
Alors on ne voit vraiment pas ce que veut dire Monsieur Dord quand il se dit « prêt à être plus strict sur la question des micro-partis ». Et puisqu’il a cru
bon d’ajouter que « si des micro-partis ont pour objectif de multiplier les dons de personnes physiques à un même parti, c'est contraire à l'esprit de la loi et c'est
répréhensible », on aimerait bien qu’il nous explique, preuves à l’appui, quelles ont été les ressources financières d’Action Savoie Première depuis sa création en 1997, et à
quoi elles ont été employées exactement. Un homme qui se dit prêt à être plus strict sur cette question des micro-partis, et que Xavier Bertrand qualifier de « sérieux et
rigoureux » n’aura sans doute aucun mal à faire preuve de la plus grande transparence sur le sujet. Par exemple en mettant à disposition in extenso la comptabilité,
les factures, les contrats (etc) de son association, et ce depuis 1997.
On souhaite néanmoins bon courage aux journalistes qui essayeront d’obtenir ces données. Ils risquent fort en effet de découvrir à cette occasion la « méthode Dord » : de belles
déclarations, souvent classées sans suite. Ils auront également le plaisir de formuler leurs demandes à Christiane Darche, présidente de l’association en question, compagne du directeur général
des services de la mairie d’Aix les Bains (dont Dord est le maire), mais aussi directrice adjointe des services dans cette même mairie. Une mairie où elle est notamment en charge de la
communication des documents administratifs au public. Si elle use du même zèle à ne pas fournir les documents de l’association que celui qu’elle déploie pour décourager les demandes de
communication de documents municipaux de la part de citoyens, il faudra une sacrée dose de persévérance aux journalistes pour espérer obtenir la moindre information.
A l’occasion, ils pourront aussi de pencher sur une autre association de Dord, l’UPA (Union Pour Aix les Bains), présidée par Renaud Beretti, qui fut son directeur de cabinet à la mairie d’Aix
les Bains avant de devenir son premier adjoint en 2008. Une association censée « donner la parole aux habitants du bassin aixois » (sic), mais à propos de
laquelle on peut régulièrement lire dans la presse locale que sa vocation est de soutenir Dominique Dord et sa majorité. A propos de l’UPA, lire notre autre article du jour : Quand le « sheriff » fait sourire.
Finalement, quand Dord dit qu’il est « prêt à être plus strict sur la question des micro-partis », il veut peut-être dire par là
qu’au lieu d’en avoir deux (voire plus), il est prêt à n’en n’avoir plus qu’un !
LE MOT DE LA FIN
Rien à voir avec les micro-partis, mais, attaqué sur son passage chez Loréal de 1985 à 1987, Monsieur Dord s’est empressé de dire qu’à cette époque, il était « étranger à la
politique ». Etranger à la politique ? Ah bon, pourtant de 1984 à 1985 il a été attaché parlementaire de Michel Barnier, alors député de Savoie. Un attaché parlementaire
d’un député serait donc une personne « étrangère à la politique » ? Ca aussi, c’est du Dord tout craché !
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