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14 octobre 2010 4 14 /10 /octobre /2010 07:45

Il aura fallu plus de 7 années de bataille judiciaire pour que la FRAPNA et ACCLAME obtiennent gain de cause. Mais cette fois-ci, dans le dossier du port de Portout, les politiques semblent avoir définitivement usé leurs dernières cartouches.

Rappelons brièvement les faits. En 2003, la CALB et la commune de Chindrieux décident de concert d’aménager un port de 60 places à l’extrémité nord du lac du Bourget, du côté de Portout. Un aménagement prévu dans une zone naturelle encore préservée à l’époque. Et un aménagement qui, de toute évidence, est en contradiction avec la loi littoral. Comme de bien entendu, ce projet est monté sans la moindre transparence. Ce qui fait que les citoyens n’en découvrent l’existence qu’au moment où les travaux démarrent. Dès le début, deux associations de protection de l’environnement, la FRAPNA et ACCLAME, font part de leur opposition à ce projet. Et face à la fin de non recevoir qu’elles obtiennent des responsables locaux, décident d’engager une action en justice devant le tribunal administratif de Grenoble.

7 années ont passées. La justice a donné 3 fois raison aux plaignants. La dernière fois c’était fin novembre 2009, quand la cour administrative d’appel de Lyon a confirmé les précédentes décisions. Enjoignant par la même occasion la CALB à la destruction du port et à la remise en état des lieux dans un délai de 8 mois. Une décision qu’on aurait pu croire sans appel, mais que la CALB et son président Dominique Dord ont cru pouvoir contourner en demandant un sursis pour l’exécution des travaux de destruction du port. Apparemment, du côté des politiques, la pilule est amère et bien difficile à digérer. Ces beaux messieurs n’aiment pas avoir tort. Et s’entêtent jusqu’à plus soif, comme s’il leur était impossible d’envisager l’idée qu’ils puissent avoir tort. A se croire ainsi infaillibles, ils vont finir par lorgner sur le trône du pape ! Pourtant, l’erreur est humaine. Et il n’y a point de honte à avouer s’être trompé. Au contraire, faute avouée est à moitié pardonnée. Errare humanum est, perseverare diabolicum.


Le sursis demandé par la CALB pour la mise en œuvre des travaux de déconstruction ayant été refusé par le conseil d’état (saisi par la CALB), ces derniers devraient en toute logique démarrer très prochainement. Sauf que la logique et la politique ne font pas forcément bon ménage.

Quant aux propriétaires des 60 bateaux stationnés dans ce port illégal, ils devraient donc se retrouver rapidement … le bec dans l’eau, et le bateau en cale sèche. Car la plupart des ports du lac du Bourget affichent déjà complet, avec des listes d’attente longues comme un nez de Pinocchio au sortir d’une campagne électorale. Les plaisanciers seront donc sans doute tentés de reporter leur colère sur les associations qui ont obtenu gain de cause en justice pour la destruction de ce port. Pourtant, c’est vers les décideurs politiques locaux que leur colère devrait se diriger. Vers ceux qui ont pris la décision de construire ce port sans vouloir entendre les arguments de la FRAPNA et d’ACCLAME, sans prendre le temps de les étudier et d’en débattre. Et vers ceux qui, au lieu de s’en tenir à la décision de la cour administrative d’appel fin 2009 et de mettre à profit les 8 mois de délai accordés pour organiser « en douceur » la fermeture du port, se sont entêtés et ont ainsi généré une évacuation qui risque de se faire dans l’urgence et sans préparation.

Si certains plaisanciers sont en mal de trouver un emplacement pour stocker leur bateau en cale sèche, on leur suggère de demander l’asile politique à Saint Innocent. Le châtelain du patelin y possède un parc de 15.000 m² qui devrait lui permettre d’accueillir quelques uns, voire la totalité des bateaux en question. Et comme ce châtelain n’est autre que le président en exercice de la CALB, il devrait avoir à cœur d’offrir gracieusement cette solution de repli à ses administrés.

 

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