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21 avril 2011 4 21 /04 /avril /2011 07:45

Dans leurs éditions de la semaine dernière, les deux hebdomadaires papiers locaux ont choisi de revenir sur 10 années de Dordisme (vous nous pardonnerez ce barbarisme) à Aix les Bains. De son côté, l’Essor a choisi de ne donner la parole qu’à une seule personne. Dord bien évidemment. Qui a eu le droit à une pleine page pour lui tout seul, pour dire ce qu’il voulait dire, sans qu’à aucun moment le journaliste auteur de cette prétendue interview-vérité ne le mette un tant soit peu sur la sellette.

 

Pour sa part, l’Hebdo des Savoie a choisi comme sujet l’ouverture politique (ou supposée telle) pratiquée par Dord pour les municipales de 2008. Avec cette question : est-elle concluante ? Pour tenter de répondre à cette question, le journaliste de l’Hebdo ne s’est pas contenté des seules réponses du député-maire. Bien au contraire. Au final, la parole se trouve à peu près équitablement répartie entre Dominique Dord (majorité/UMP), Marina Ferrari (majorité/Modem), Thibaut Guigue (minorité/Divers Droite), Denise Delage, Christian Serra et Fatiha Brunetti (minorité/Divers Gauche et PS), et enfin Pascal Pellet et Jean-Claude Cagnon, qui font partie de la majorité municipale, mais qu’on est bien incapable de situer sur l’échiquier politique, mais qui revendiquent une sensibilité de gauche (sic).

 

Bref, si vous ne deviez acheter qu’un seul de ces deux canards, votre choix serait vite fait : entre le monologue d’autosatisfaction du député-maire, et les points de vue multiples d’élus de divers bords, il n’y a pas d’hésitation à avoir !

 

fillon-sarkozy-centriste.jpg

 

VOUS AVEZ DIT OUVERTURE POLITIQUE ?

Dominique Dord revendique avoir bâti, en 2008, une liste d’ouverture politique. Et pratiquer, depuis, une politique de la même veine. Regardons d’un peu plus près cette ouverture politique. Le maire est un UMP pur jus. Son premier adjoint, Renaud Beretti, aussi. Sa deuxième adjointe, Sylvie Cochet, de même. Son directeur général des services, Alain Gabriel, se range dans la même catégorie. Sa directrice générale adjointe, Christiane Darche, est du même tonneau. Elle est même la présidente du micro-parti créé par Dord. Sa directrice de cabinet, Frédérique Hentz-Boisson, également en charge de sa communication, est une fidèle d’entre les fidèles. Quant à Robert Bruyère, Michel Frugier, Georges Buisson et Myriam Auvage, respectivement 3ème, 5ème, 7ème et 9ème adjoint, ils ne sont pas connus pour avoir une « sensibilité de gauche », loin s’en faut.

 

Vous l’aurez compris, la soit disant ouverture est quand même sérieusement verrouillée. Avec des 100% UMP et des fidèles de droite à tous les postes clés.

 

Reste quand même ces fameux adjoints d’ouverture, ou supposés tels. Georges Daviet tout d’abord, décédé fin 2010, et dont la maladie l’a visiblement empêché quasiment dès le départ d’exercer vraiment sa fonction d’adjoint aux finances. Corinne Casanova ensuite. Qui faisait déjà partie le l’équipe du premier mandat, et dont la sensibilité centriste changeante (elle passe d’un parti à un autre) bascule plutôt côté centre droit que centre gauche. Et pour finir, depuis peu, Pascal Peller, promu adjoint en remplacement de Georges Daviet. Mais pas adjoint aux finances. Ca fait tout de même un bien maigre bilan en matière d’ouverture non ?

 

Et Marina Ferrari alors ? Son cas est à part. Certes elle est centriste. Et même depuis quelque temps présidente du Modem de Savoie. Mais elle n’est pas pour autant une adjointe d’ouverture. Sa fonction d’adjointe au maire d’Aix les Bains, elle la doit à un troc électoral entre l’UMP et le Modem. Objet du marché : le Modem aixois s’allier à Dord avec la promesse d’obtenir un poste d’adjoint, et en contrepartie l’UMP ne va pas chasser sur les terres de Patrick Mignola (Modem) à la Ravoire. Et ça voyez-vous, ce n’est pas de l’ouverture politique, c’est du clientélisme électoral !

 

 

LA VRAIE OUVERTURE N’EST PAS POUR DEMAIN

La vraie ouverture, c’est celle qui consisterait non pas à conclure des accords préélectoraux en montant une liste bancale, mais à gérer les affaires de la ville avec l’ensemble des élus. Qu’ils soient dans la majorité, ou dans la minorité. Mais cette ouverture là ne fait pas partie de la panoplie du député-maire aixois. Bien au contraire. Les élus des minorités n’ont le droit à aucun poste rémunéré, ni d’adjoint, ni même de simple conseiller délégué. Ils n’ont également le droit qu’à un seul représentant à la CALB, où Aix compte pourtant 23 sièges.

 

A elles deux, les listes conduites par Fabrice Maucci et Gratien Ferrari ont pourtant recueilli près de 40% des voix lors des municipales de 2008. 40% = 0%, c’est à peu de chose près l’axiome de l’ouverture politique selon Dord.

 

Dont la devise semble être « malheur aux vaincus ! ». Car non content de faire jouer les inutilités aux élus des minorités, en les tenant à l’écart de tous les postes, le député-maire multiplie les brimades à leur encontre. Il y a d’abord l’affaire du règlement intérieur du conseil. Dont l’instauration est obligatoire dans les six mois suivant l’élection, et qui aura mis plus d’un an à Aix. Juste pour énerver l’opposition. Il y eu ensuite, et toujours, l’absence de mise à disposition d’un local pour les élus d’opposition. Une autre obligation légale, mais dont le non respect n’entraine pas de sanction. Alors Dord ne se prive pas de ne pas donner suite aux demandes réitérées d’Aix Avenir. Là encore, juste pour les énerver, et leur faire gaspiller leur temps et leur énergie. Et puis il y a aussi ces bâtons mis dans les roues des élus d’opposition quand ils demandent la transmission de documents afin de parfaire leur vision de tel ou tel point de l’ordre du jour du conseil.

 

Bref, le personnage qui se revendique comme politiquement ouvert, ferme toutes les portes à son opposition municipale (et donc à 40% des électeurs), et se complait à leur infliger toutes les petites brimades qu’il peut trouver. Drôle de conception de l’ouverture politique. Drôle, ou plutôt navrante conception.

 

Sans sombrer dans la psychologie de bas étage, on se demande quand même si Dord ne serait pas en train de venger des trois années de purgatoire qu’il a connues sur les bancs de l’opposition municipale à Chambéry, suite à sa défaite de 1995. Car hélas, trois fois hélas, ce genre de pratiques n’est pas l’apanage des seuls UMPistes. Au parti socialiste, on s’y entend aussi très bien !

 

 

LE MOT DE LA FIN

A l’instar du chef de son parti (on veut parler de Nicolas Sarkozy), Dominique Dord a compris une chose : l’important c’est d’être un bon candidat. Autrement dit, l’important c’est de faire croire aux électeurs ce qu’ils ont besoin de croire pour voter pour vous. Ensuite, une fois élu, vous pouvez vous asseoir gaillardement sur tout ce que vous avez promis, personne ou presque ne vous en tiendra rigueur.

 

 

A lire ou relire ...

A propos de Georges Daviet et de son ralliement à Dord : Souvenirs, souvenirs (2) – Georges Daviet refuse de figurer sur la liste de Dord

A propos des élus des minorités à la CALB : Amusons-nous un peu avec les mathématiques électorales et le théorème de Dord

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