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25 août 2011 4 25 /08 /août /2011 07:45

Panem et Circenses. Du pain et des jeux. A Aix les Bains, ville dotée d’un solide passé antique et romain, l’expression prend tout son sens. Et c’est sans doute pour cela que, depuis 10 ans, le temps de quelques journées estivales, la municipalité la remet à l’honneur. Et au goût du jour, dans une version contemporaine.

 

Exit les jeux du cirque de la Rome antique. Encore que, la communication de la mairie aixoise et de ses élus a toutes les allures d’un grand cirque médiatico-politique. Une plaque d’égout remplacée ? Vite, un article dans le journal municipal. Une façade refaite ? Vite, un article dans la presse locale avec en illustration non pas la façade en question, mais les élus devant la façade. Etc. Exit quand même les jeux du cirque de la Rome antique. Place à … Musilac. Trois jours durant, vers la mi-juillet, le bon peuple peut venir s’y divertir. S’y abrutir. De décibels et d’alcool. Record de consommation de bière battu en 2011 annonçait fièrement un journal local au lendemain du festival. Le bon peuple peut aussi venir consommer à Musilac. Consommer pour payer son droit d’entrée, s’il n’a pas la chance de faire partie des invités VIP. Consommer pour boire, pour manger. Mais uniquement dans l’enceinte du festival (on a failli écrire du temple) car toute sortie est définitive.

 

Et avec ça le bon peuple est heureux. Nul ne peut lui en vouloir. Chacun est en droit de voir le bonheur là où bon lui semble. Et de prendre ce qui s’offre à lui. Enfin, façon de parler. Offrir n’étant pas le terme qui convient. Car tout se paie à Musilac. L’entrée. Les boissons. Les sandwiches. Normal direz-vous. Ben oui, normal. Musilac, c’est une opération à but lucratif. Tout se paie donc à Musilac. Tout se paie, et tous paient pour Musilac. Même ceux qui n’y vont pas. Même ceux qui ne le supportent pas. Ou plus exactement qui doivent le supporter bien malgré eux. Ainsi va la version moderne des jeux du cirque de jadis, façon Musilac. Le bon peuple qui s’y rend paie pour assister à un spectacle financé par ses propres deniers ! Il faut tirer un grand coup de chapeau aux organisateurs de ce cirque-là. Réussir à faire payer des gens pour qu’ils assistent à quelque chose qu’ils ont déjà payé avec leurs impôts, c’est du grand art.

 

Mais le bon peuple de Musilac est content. Il prend sa dose annuelle de pop-rock aseptisé. Ce qui lui permet de penser à autre chose le reste de l’année. A moins qu’il ne faille plutôt écrire de ne pas penser à autre chose le reste de l’année. De ne pas penser que pendant que la municipalité claque quelques millions pour Musilac, elle augmente les tarifs des cantines en déclarant qu’elle n’a pas les moyens de faire autrement. Ne pas penser que DEVA manque de salles et de professeurs pour permettre, tout au long de l’année, aux aixois petits et grands, de faire de la musique. Ne pas penser que les groupes de musique de la ville cherchent désespérément des lieux pour répéter. Mais aussi une petite salle adaptée pour donner des concerts. Ne pas penser que la promesse électorale d’une médiathèque aixoise a été abandonnée par l’équipe en place en moins de temps qu’il n’en faut à Christophe Lemaitre pour parcourir un 100m. Ne pas penser que les 340.000 euros de subvention versée en 2010 par la ville à Musilac sont allés directement alimenter les bénéfices d’une société privée. Ne pas penser que, pendant que des millions de ses concitoyens se débattent dans la misère, le député-maire aixois, trésorier de l’UMP, interpelle le gouvernement sur l’urgence à faire financer par l’état une campagne audiovisuelle de publicité pour inciter les gens à donner plus d’argent aux partis politiques et aux candidats pour le financement des campagnes électorales pour les présidentielles et les législatives. Ne pas penser que leurs élus nationaux de la majorité, tout en appelant à la rigueur budgétaire et à la raison pour ce qui concerne les retraites, oublient de s’appliquer ces bons principes à eux-mêmes. Ne pas penser que des millions de gens dans le monde crève de faim parce que quelques crétins dans leurs tours de verre spéculent sur le prix du maïs, du blé ou du riz, avec la complicité et l’aval de tous les « grands » de ce monde.

 

Ne pas penser du tout ? Rien n’est moins sûr. Aux dernières élections municipales, Dord prétendait conduire une liste d’union. Une liste au-delà des clivages politiques. Une liste au service de tous les aixois. Une liste qui, si elle avait vraiment été ce qu’elle prétendait être, aurait du faire un tabac auprès des électeurs. Seuls 36% d’entre eux lui ont accordé leur confiance. Un revers incontestable. Le signe que, malgré tout, le bon peuple n’est pas si dupe que ça. Et que, faute de mieux, il prend ce qu’il peut dans tout ce cirque.

 

Panem et Circenses. Du pain et des jeux. Le truc est vieux comme la Rome antique. Mais il fait toujours autant recette. Enfin, pour ce qui est des jeux. Pour le pain, le bon peuple qui en manque est prié de s’adresser aux restos du cœur.

 

 

Panem et circenses : Aix les Bains ville modèle

Dans la série du pain et des jeux, il n’y a pas que Musilac. Il y a aussi cette magnifique entrée de ville côté lac, concoctée en moins de 10 ans par qui vous savez. Au menu, un triumvirat aussi peu reluisant que ceux de la Rome antique. La version moderne du triumvirat à la sauce aixoise, c’est, par ordre d’apparition, Mac Do, Les Toiles du Lac et le Poker Bowl.

 

Mac Do, premier apôtre mondial de la malbouffe standardisée. Les Toiles du Lac, cinéma né des défuntes salles de centre ville, inutilement transformées en multiplexe. Et enfin le Poker Bowl, avec son restaurant sans imagination ni originalité, énième implantation d’une chaine de franchises, et quelques dizaines de machines à sous où le bon peuple, crédule comme ce n’est pas permis, rêve de pouvoir devenir riche à coup de mises de quelques centimes.

 

Une entrée de ville sans imagination. Sans la moindre originalité. Qu’on retrouve un peu partout ailleurs dans le monde occidental. Pas sûr qu’elle soit la moins pire des trois entrées de ville aixoises. Les deux autres étant, pour leur part, lentement mais sûrement transformées en zones commerciales aussi hideuses que déjà vues partout ailleurs.

 

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Published by Aix Hebdo - dans Infos en vrac
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commentaires

visiteur 31/08/2011 16:04



complètement d'accord avec Cygne...Vous aller encore nous parler de Musilac jusqu'au prochain ? de façon continue ?



Aix Hebdo 01/09/2011 09:14



On verra bien. Maintenant si vous estimez que refiler 400.000 euros de la poche des contribuables aixois à une société privée pour le seul bénéfice de ses actionnaires ne mérite pas qu'on enfonce
un peu le clou sur le sujet ...



willycat 27/08/2011 17:29



charmante ville Aix.



cygne 25/08/2011 16:56



franchement vous devriez passer à autre chose car vous faites une fixation sur musilac et on dirait que vous n'avez rien d'autre à dire. vous radottez comme des petits vieux comme si le malheur
des aixois tournait autour de musilac (une fête qui n'a lieu qu'une fois par an) des poubelles trop pleines et des travaux aux revard. 42 articles sur musilac je me demande comment vous pouvez
encore avoir quelque chose à dire la dessus. c'est un acharnement inutile qui est bien loin de ce qui nous tracasse au quotidien.



Aix Hebdo 29/08/2011 13:01



Qu'est-ce qui vous tracasse donc au quotidien ?



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