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18 juillet 2011 1 18 /07 /juillet /2011 07:46

Suite et fin de notre article de samedi, Quand Aix les Bains devient une zone de non droit. En raison de la présence de nombreuses photos, le chargement de cet article peut être un peu long.

 

Ce n’est pas tous les jours qu’une ville réputée calme, dirigée par un député-maire UMP, qui plus est trésorier du parti, devient une zone de non droit. Ce n’est pas tous les jours mais tous les ans à pareille époque. Le temps que le festival Musilac pose ses valises sur les bords du lac du Bourget. Alors comme ce n’est pas souvent (mais déjà bien assez !), autant ne pas faire les choses à moitié. Et multiplier les infractions. Non respect de la législation et de la réglementation sur le bruit. Non respect du droit des piétons à circuler sur le domaine public. Non respect de l’interdiction faite à des sociétés de gardiennage privées d’intervenir sur la voie publique. Non respect de la loi dite « loi littoral ». Non respect des règles de stationnement imposées par le code de la route. Et on en oublie peut-être. On vous épargne les références des différents textes afférents, références qui ne présentent d’intérêt que si vous avez l’intention de déposer des plaintes en bonne et due forme.

 

Rappelons que toutes ces infractions sont commises avec la bénédiction et même la complicité de la municipalité. On dit bien « municipalité » (le maire, ses principaux adjoints et les directeurs des services concernés) et non « mairie » ou « conseil municipal ». Ce dernier n’ayant d’ailleurs jamais été consulté sur un quelconque point touchant à Musilac.

 

Quelle légitimité reste-t-il à une municipalité qui transgresse ainsi autant de lois et de règlements ? Comment interdire demain à des jeunes de faire tourner leurs scooters trop bruyants ou d’écouter de la musique fort au pied des immeubles jusque tard dans la nuit, quant la municipalité tolère et même finance ces mêmes agissements de la part d’une société privée ? Comment interdire à des gens de stationner là où c’est interdit quand la municipalité le tolère 3 jours durant ? Il y aurait donc un droit d’exception ? Celui qui s’applique durant les 3 jours de Musilac. Et celui qui s’applique durant les 362 autres jours de l’année. Mais quelle est donc cette partie du territoire français où les citoyens ne sont pas égaux en droit ?

 

Après la « tolérance zéro », un député UMP invente « l’intolérance zéro » : tout est permis aux organisateurs et aux spectateurs de Musilac. Y compris ce qui est interdit tout le reste de l’année aux aixois, à leurs visiteurs et aux touristes.

 

 

Pour illustrer nos propos, voici quelques photos prises samedi 16 juillet, entre 9 et 17 heures.Vous pouvez cliquer sur chacune d'entre elles pour les visualiser en plus grande taille.

 

Du côté du Grand Port pour commencer. Avec des voitures stationnées sur les trottoirs en toute illégalité, et en toute impunité. Question : quand on est à pied, on passe où ? Et en fauteuil roulant ?
MusilacGrandPort1

MusilacGrandPort2MusilacGrandPort3.jpg

 

Toujours du côté du Grand Port, des riverains prudents se sont « barricadés » chez eux. Mais, n'est-ce pas le portail du domicile d'une élue qu'on aperçoit au fond de l'allée ?

MusilacGrandPort4.jpg

 

Un peu plus loin, le boulevard Barrier est totalement interdit à toute forme de circulation. Y compris aux piétons. Il n'est pourtant que 9 heures le matin. Soit six heures avant le début du premier concert.

MusilacBarrier

 

Du côté de l'avenue du Petit Port, ce n'est guère mieux : voitures à gogo sur les trottoirs, et piétons priés de passer ailleurs. C'est à dire sur la chaussée !

MusilacPetitPort

Sur l'esplanade, le passage est interdit. La loi dite « loi littoral » n’impose-t-elle pas une continuité permanente de passage le long des berges du lac du Bourget ?

MusilacEsplanade1MusilacEsplanade2

 

Un peu plus tard dans la journée, en début d'après-midi, la situation ne s'est pas améliorée, bien au contraire. Ne trouvant plus de trottoirs pour stationner, les festivaliers s'en prennent désormais aux bandes cyclables. Ici celle du chemin des Pêcheurs photographiée vers 13 heures.

MusilacPecheur

 

Et c'est de pire en pire au fur et à mesure que l'après-midi avance. Ci-dessous les trottoirs de la rue Jean Mermoz vers 17 heures. Et à la même heure, la piste cyclable du boulevard Pierpont Morgan, entièrement squattée par les voitures d'un bout à l'autre de la rue ! Et toujours pas la moindre contravention en vue.

MusilacMermozMusilacPierpontMorgan

 

Et le meilleur pour la fin. Ce n'est pas une photo, mais le très officiel plan de circulation mis en place par la municipalité à l'occasion de Musilac 2011. Avec sa zone rouge interdite d'accès sans billet. Un crime signé ... Furax ?

MusilacPlanCirculation2011

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Published by Aix Hebdo - dans Musilac
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commentaires

stef 18/07/2011 20:30



Pendant 3 jours, un vent a soufflé aux accents subversifs de Philippe Katerine, entre autres, sur une ville qui a besoin d'ouvrir ses fenêtres, où règne d'habitude le confort des
retraités, des commerçants, ou des professions libérales. Honte aux jeunes d'avoir troublé leur quiétude et pris la place de leur 4*4 ou de leur laguna flambant neuve. Pendant 3 jours, il y a
même eu des tâches par terre. Certes, musilac pourrait s'améliorer. On pourrait lui préférer un festival gratuit, écolo, avec des gobelets recyclables. Les militants du ps, en savoyards
accueillants, pourraient ouvrir gratuitement leur porte aux festivaliers du rock, en leur parlant de Jaurès, de la création de la fête de la musique, de l'importance de la contre culture
musicale dans l'histoire de la gauche ......Allez vous proposer un festival avec michel Sardou et andré Rieux ? au moins les voitures seront bien garées.



Aix Hebdo 19/07/2011 08:27



Sans être fans de ces artistes, il faut reconnaitre qu'ils ont tout autant droit de cité à Aix les Bains que ceux qui se produisent à Musilac. Le problème n'est pas le rock. Ni les jeunes.
D'ailleurs pas si jeunes que ça quand on voyait le nombre de quadras, quinquas et plus présents dans le public notamment lors du premier soir avec le woodstockien Santana.


Le problème c'est qu'il ne peut pas y avoir sans arrêt deux vitesses. Des sous pour Musilac, mais pas de sous pour les cantines de la ville (par exemple). Des lois bafouées par les autorités pour
Musilac, et des autorités sans pitié le reste de l'année pour ceux qui ne respectent pas ces mêmes lois. Des financements publics contrôlés par les élus pour certains festivals (opérettes, nuit
du jazz par exemple) et un financement de Musilac qui échappe à tout contrôle.


Le problème c'est aussi que ce festival est le seul fait du prince. Et qu'il est bien loin de faire l'unanimité dans la population. Donc Musilac pourquoi pas, mais plus dans sa formule actuelle.



visiteur01 18/07/2011 10:47



C'est le festival du pétrol et de la bagnole!



Aix Hebdo 18/07/2011 11:09



Aix les Bains ville qui s'autoproclame championne du développement durable et qui fait la part belle à un festival aussi éphémère que polluant; N'y aurait-il pas comme une grosse contradiction ?



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