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16 janvier 2012 1 16 /01 /janvier /2012 07:45

Avertissement : cette revue de presse ne se prétend ni exhaustive, ni objective. Elle prétend juste vous aider à poser un autre regard sur l'actualité locale. Si vous voulez vous faire votre propre opinion, achetez les journaux cités, et lisez-les. Sans oublier de consulter également les sites d'information en ligne sur internet. La biodiversité sied aussi à l'information.


LaVieNouvelle12jan2012.jpgLa Vie Nouvelle du 12 janvier
L’actualité aixoise n’est pas vraiment la tasse de thé de cet hebdo, plus axé sur Chambéry. Dans son édition du 12 janvier, une petite demi-page est consacrée à la cité des rives du lac du Bourget. Et plus précisément à la cérémonie des vœux de son député-maire, lundi 9 janvier au centre des congrès. Une demi-page, un court article, mais qui vaut son pesant de cacahuètes.

L’hebdo chambérien n’hésite pas en effet à écrire que Dord sera candidat à sa propre succession lors des prochaines législatives. Alors même que l’intéressé orchestre une savante campagne pour faire planer le doute à ce sujet. Mais où va-t-on si la presse se met à ne plus tomber dans le panneau ?

On y « apprend » aussi qu’en 10 ans (de dordisme), « la ville est devenue une référence en matière de tourisme thermal ». A l’appui de cette assertion, l’hebdo précise que 2011 devrait voir une hausse de 6% de la fréquentation. L’auteur de l’article en question a visiblement besoin de quelques petits rappels. En 2000, dernière année avant l’ère Dord, la fréquentation était de 37.500 curistes. En 2011 elle devrait approcher les 27.000. Soit -28%. En 2000, la ville comptait 2 établissements thermaux publics. Dont les thermes Chevalley, construits à la fin des années 1990, pour 42 M€. En 2011, la ville ne compte plus qu’un seul établissement. Et les thermes Chevalley ont été bradés au privé pour 3 M€. Avec les sources thermales et quelques autres « à-côtés » en prime. Ce dont Dord s’est félicité. Entre 2001 et 2011, ce sont près de 100.000 curistes qui ne seront pas passés par la case Aix les Bains. Privant l’économie locale de près de 150 M€. En 2000, les thermes employaient jusqu’à 900 salariés. En 2011, le chiffre est tombé à 300. Et Dord aurait fait d’Aix les Bains une référence ? Effectivement. La référence d’un exemple à ne pas suivre.

 

Pour terminer, l’hebdo rapporte les propos de Dord à propos de l’augmentation de la population aixoise. Qui serait extraordinaire, en raison de l’attractivité supposée exceptionnelle de la ville (sous-entendu grâce à lui). La réalité c’est qu’entre 1999 et 2009, la population a cru en moyenne de 0,7% par an. Soit moins que la moyenne nationale. Moins que la moyenne savoyarde. Et loin derrière la croissance démographique d’une commune comme Grésy sur Aix. La croissance démographique exceptionnelle d’Aix les Bains ? Encore une légende urbaine montée de toutes pièces par la comm’ dordienne. Mais tellement facilement démontable (il suffit de consulter le site de l’INSEE) qu’on frise le ridicule. Reste à savoir pourquoi la presse locale se fait quand même régulièrement l’écho de cette invention. Ils n’ont pas accès à internet, nos journalistes du cru ?

 

 

Essor12jan2012.jpgL’Essor Savoyard du 12 janvier
L’hebdo aixois revient lui aussi, vous pensez bien, sur les vœux de Dord. Lequel, à en croire l’Essor, n'a pas voulu revenir sur ce qu'il avait dit lors des discours des réunions de quartiers. Tiens c'est marrant, en l'écoutant parler, on a à peu près retrouvé, au contraire, les mêmes points. L’hebdo revient aussi sur les propos de Dord à propos du réseau d’adduction d’eau potable de la ville. Un réseau « qui continue de fuir, quand on sait que quatre litres sur dix n’arrivent pas au robinet ». Il faut croire que non seulement nos journalistes locaux n’ont pas accès à internet, mais qu’en plus ils n’ont pas de mémoire. Sinon ils n’auraient pas manqué de se souvenir, et de rappeler à leurs lecteurs qu’en 2007, au moment de sa campagne pour les législatives, Dominique Dord parlait déjà de « fortes pertes (40%) ». Et qu’il promettait aux gogos, pardon, aux aixois, « une réduction d’un tiers avant la fin de l’année ». Ce qui aurait donc du nous amener à 27% de pertes fin 2007. A défaut de quoi, 4 ans plus tard, on est toujours à 40% de pertes (4 litres sur 10).

 

Autre sujet, la dette. Pas celle de la France, mais celle de la ville. Qui ne serait plus que de 38,5 M€, grâce au remboursement en 2011 de 5 M€. Ce qui revient à dire que fin 2010, l’encours de la dette devait être de 38,5+5=43,5 M€. Vite, un coup d’œil sur le site Bercy Colloc pour vérifier. Ah ben ça alors, c’est bizarre. Le ministère des finances a du se tromper. Parce qu’il annonce un encours de dette de 38,9 M€ pour Aix les Bains fin 2010. Ce qui implique par là-même qu’en réalité le désendettement de 2011, si tant que le chiffre de 38,5 M€ avancé par Dord soit juste, n’aura été en réalité que de 400 K€. Et non de 5 M€. Apparemment l’Essor n’a pas cru bon devoir chipoter pour une « petite » différence de 4,6 M€.

Toujours dans le domaine des finances, il paraitrait qu’avec leurs 4 M€ de contribution, les casinos aixois seraient les premiers contribuables de la ville. Toujours dixit Dord bien évidemment. En 2012 pourtant, les premiers contribuables de la ville resteront, comme par le passé, les ménages aixois. Avec près de 16 M€ de contributions. Et un niveau d’imposition par habitant que l’opposition UMP de Chambéry n’hésite pas à qualifier d’insoutenable. Par un curieux hasard, il se trouve que le niveau d’imposition par habitant est le même dans les deux villes : 532 euros en 2010 (derniers comptes publiés). D’après l’UMP, à Chambéry c’est insoutenable, et à Aix c’est le résultat d’un parcours de gestion exceptionnel.

Pour conclure sur le domaine des finances, signalons enfin cet autre propos dordien à propos des frais de fonctionnement « serrés au maximum ». Comme par exemple les dépenses de personnel, qui sous l’ère Dord ont augmenté de près de 40% ?

 

 

 

Hebdo12jan2012.jpgL'Hebdo des Savoie du 12 janvier

Ce journal revient bien évidemment aussi sur la cérémonie des vœux de Dord. Mais bon, tout ayant déjà été dit, on ne va pas y revenir une fois de plus. Et à la place se concentrer sur une longue interview de Renaud Beretti, alias le shérif de ces dames pour certains. Une longue interview où il est fortement question de son dernier joujou : les caméras de vidéosurveillance. Dont les premières pourraient bien arriver en centre ville avant l’été. Et ce sans que le fameux grand débat serein, décrispé et dépassionné, que le premier adjoint feignait d’appeler de ces vœux fin 2010, n’ait vu le jour. Le journaliste de l’Hebdo est passé à côté d’un sacré scoop : pour Beretti, il y aura bel et bien des agents qui surveilleront les images des caméras. Comment arrive-t-on à cette conclusion ? Eh bien dans l’interview de Beretti, on peut lire que les caméras permettront « de veiller à la sécurité routière et à la régulation du trafic ». Comment peut-on prétendre veiller à la sécurité routière et réguler le trafic si personne ne visionne les images en temps réel ? (lire aussi ci-dessous LE MOT DE LA FIN)

 

 

Le Dauphiné Libéré du 12 janvier

Lire par ailleurs cet autre article : Un restaurant, des thermes, et trois compères qui (Cham)bottent en touche

 

 

 

LE MOT DE LA FIN
La vidéosurveillance du trafic à Aix : une belle ineptie
Surveiller et réguler le trafic automobile grâce aux caméras de son système de vidéo « protection ». Voila la dernière idée de Renaud Beretti pour tenter de justifier de l’utilité publique d’un tel système. Côté sémantique, vous noterez au passage qu’il parle bien de « surveiller » le trafic. Et non de le « protéger ». Comme nous l’avons déjà dit plus haut dans cet article, la surveillance et la régulation du trafic nécessite la présence permanente d’agents pour visualiser les images. Le trafic se surveille et se régule en temps réel. Pas six mois après.

Et puis, de quelle surveillance et de quelle régulation parle donc le premier adjoint ? Aix les Bains n’est pas Paris, ni Lyon, ni Marseille. Le boulevard Wilson n’est pas un périphérique. Quant à l’avenue de Genève, nul besoin de caméras pour savoir qu’on y circule mal. Et ce quotidiennement. Et quand bien même y aurait-il une surveillance en temps réel de la rue de Genève (a priori la seule grande artère concernée par les caméras dans le projet actuel), avec des agents qui contrôlent les images en temps réel, à quoi cela servirait-il ? A instaurer une déviation par la rue du Temple ?

Arrêtons le délire. Les rues d’Aix les Bains ont autant besoin d’une surveillance du trafic en temps réel qu’un hippopotame a besoin d’une paire de bottes en caoutchouc. Et s’il s’agit d’analyser le trafic a posteriori, il existe des radars de comptage qui permettent de remplir cette fonction. Bien mieux que des caméras, en fournissant plus d’informations, et pour beaucoup moins cher.
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