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10 février 2012 5 10 /02 /février /2012 07:45

Dord s’était félicité de l’arrivée à Aix de Valvital et de son patron, Bernard Riac. Ce dernier a du se féliciter tout autant. C’était la moindre des choses. Acquérir pour 6 M€ une clientèle générant 15 M€ de chiffre d’affaires annuel, et acquérir dans le même temps plusieurs dizaines de M€ de patrimoine pour seulement 3 M€, ce n’est pas donné à tout le monde. C’est même un fait extrêmement rarissime. Et on ne doute pas que Bernard Riac se soit félicité d’avoir ainsi pu devenir propriétaire de l’établissement thermal le plus moderne d’Europe (dixit Dord) pour une bouchée de pain. Aussi sûr qu’il ne doit pas regretter d’avoir répondu à la sollicitation de Dord. Puisque, si on a bien compris, c’est lui-même qui est allé chercher le patron de Valvital afin qu’il fasse une offre pour la reprise des thermes aixois.


RiacSourrire.jpgBernard Riac début février 2011. Même si officiellement la décision d’attribuer les thermes à sa société n’avait pas encore été entérinée, il avait déjà le sourire. On comprend mieux pourquoi quand on voit comment les choses se sont déroulées pour lui depuis un an. Il a conclu une affaire en or massif, et impose ses quatre volontés à tout le microcosme politico-économique aixois.



Bon, c’est bien beau toutes ces félicitations, mais les lendemains qui déchantent ont eu tôt fait de les faire oublier. Il y a d’abord eu l’annonce de la construction d’une résidence hôtelière sur le site même de Chevalley. Inévitablement, cette dernière va faire concurrence aux quelques hôteliers aixois qui subsistent. Et aussi aux loueurs en meublés. Eux qui avaient déjà été faits marrons par un député-maire qui a torpillé l’offre de reprise conjointe de la ville et des hébergeurs, les voila qui se retrouvent carrément cocus jusqu’au trognon.

Il y eu dans le même temps l’annonce de l’extension du spa de Chevalley. 800 m² supplémentaires. Et là encore de la concurrence et des clients en moins pour les autres spas de la ville. Pas sûr que leurs exploitants s’en félicitent.

Ensuite est venue l’annonce de la création par Valvital de sa propre centrale de réservation. Au sein de laquelle ne seront référencés que les hébergeurs qui accepteront de payer une commission trois fois supérieure à celle demandée par la centrale de réservation de l’office du tourisme. Un mauvais coup supplémentaire pour les hébergeurs. Dont certains doivent commencer à jurer, mais un peu tard, qu’on ne les y prendra plus.

Ca en faisait déjà pas mal pour 2011. Mais visiblement pas assez. L’année s’est donc terminée sur le limogeage en bonne et due forme de Philippe Plat, le directeur des thermes. L’homme dont Dord chantait pourtant les louanges. Et à qui il imputait la responsabilité du redressement observé en 2010. Et donc aussi en 2011 puisqu’il était toujours directeur et que l’établissement a poursuivi sur sa lancée la stratégie préalablement mise en place par Plat. Plat écarté, et Dord qui s’écrase.

Pour couronner le tout, mais pas franchement de succès, planait au-dessus de toutes ces « bonnes nouvelles », la perspective des négociations entre la ville et Valvital pour le rachat de divers biens. Des biens dont Valvital s’est vue dotée en même temps qu’elle rachetait les thermes, et dont elle n’a pourtant aucun besoin. Et pour cause : ils sont sans rapport avec l’activité thermale. En toute logique, l’Etat n’aurait jamais du les céder à Valvital. Mais aurait du en transférer directement la propriété à la ville. Cela n’a pas été fait. Comme d’habitude, personne n’est responsable de cette « gaffe ». Et surtout pas Dord et ses appuis aux plus hauts niveaux de l’Etat. Et voila que, début 2012, le Journal d’Aix les Bains nous apprend que ces négociations ont l’air bien mal engagées. En clair, Valvital entend bien monnayer au mieux la vente des parkings et du parc de Verdure, qui ne lui servent à rien. Là où Dord parlait d’une vente à un euro, le prix que les contribuables aixois risquent d’avoir à débourser a de fortes chances de n’avoir rien de symbolique. En revanche, le loyer que la ville demandera peut-être à Valvital pour les milliers de m² qu’elle occupe dans les anciens thermes, risque lui d’être très symbolique. Tout comme l’est celui que l’école Peyrefitte paie à la ville (833 euros par mois pour 1.000 m² !). Pour la petite histoire, on rappelle que pour l’instant la ville n’est pas encore propriétaire des anciens thermes. Et que l’Etat, actuel propriétaire, ne demande aucun loyer à Valvital pour les plusieurs milliers de m² qu’elle occupe dans le bâtiment.

Quand on vous dit que Bernard Riac n’en fait qu’à sa tête ! Et qu’il n’a qu’une chose en tête, à savoir l’intérêt de sa société. Sans se soucier le moins du monde d’Aix les Bains, ni de ses élus qui pensent avoir la mainmise sur ce qui se passe en ville, ni de ses acteurs économiques. Le patron de Valvital va même jusqu’à bouder la presse locale. Laquelle se trouve contrainte de s’adresser à la municipalité pour évoquer l’année thermale écoulée et les perspectives pour celle à venir. Un comble ! Quand les thermes étaient publics et que Dord était, de fait, à leur tête, ils n’étaient « pas une affaire municipale » (sic). Et maintenant qu’ils sont privatisés, c’est la municipalité, par le truchement de Michel Frugier, qui fait leur article dans la presse.

On résume. Des thermes bradés. De grosses dépenses en perspective pour les contribuables aixois afin de racheter des biens qu’ils auraient pu facilement avoir pour l’euro symbolique si leur député-maire s’était un peu bougé les fesses. Une société privée hébergée gratuitement dans plusieurs milliers de m² de bâtiments publics. Des hébergeurs aixois roulés dans la farine, plutôt deux fois qu’une. Des spas face à une concurrence supplémentaire et déloyale dont ils se seraient bien passés. Et l’auteur du redressement des thermes viré comme un malpropre.

A part Dord, qui ose encore se féliciter de l’arrivée de Valvital à Aix les Bains ? Et c'est qui le patron ?

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