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8 mars 2011 2 08 /03 /mars /2011 07:45

C’est en lisant la tribune d’expression politique du groupe de la majorité municipale dans le dernier n° du journal de la ville qu’on a eu l’idée de se pencher sur le calendrier des derniers « rebondissements » de la vente des thermes aixois. Vous allez rapidement comprendre pourquoi.

 

Rappelons tout d’abord brièvement le contexte de cette vente. En 2010, l’état, propriétaire des thermes alors publics, privatise l’établissement en le transformant en société anonyme, dont il est le seul actionnaire. Cette transformation vise à préparer la vente des thermes d’Aix les Bains à un repreneur. Lequel aurait tout aussi bien pu être un investisseur privé qu’une ou des collectivités publiques. Ces dernières n’ayant qu’à opérer la reprise de l’activité dans le cadre d’une société d’économie mixte.

 

Le processus de transfert des Thermes nationaux d'Aix-les-Bains au secteur privé a été ouvert par l'avis publié au Journal officiel du 6 octobre 2010 invitant les candidats à l'acquisition à se faire connaître. Le conseil de l'Etat a pris contact avec 149 investisseurs potentiels. Après signature d'un accord de confidentialité, 26 investisseurs qui avaient manifesté leur intérêt ont reçu la lettre de procédure et le mémorandum d'information. Quatre offres indicatives ont été déposées dans le délai fixé au 8 novembre 2010 par la lettre de procédure. Les quatre candidats ont déposé des offres fermes dans le délai fixé au 22 décembre 2010. Toute l’opération était frappée du sceau du secret. Tout était confidentiel. On se souvient notamment de l’épisode tragicomique de la réunion organisée par les socioprofessionnels aixois au centre des congrès. Réunion lors de laquelle, pour avoir le droit de pénétrer dans la salle, les personnes intéressées devaient justifier de leur identité et signer un accord de confidentialité.

 

Tout ceci a débouché le 25 février 2011 sur la publication au journal officiel de l’arrêté du ministère de l’économie actant de la vente des thermes d’Aix les Bains à la Compagnie Européenne des Bains (Valvital). Entre temps, le contrat avait été signé le 15 janvier entre les deux parties. Et le comité d’entreprise de l’établissement avait été officieusement informé du nom du repreneur le 9 février, avant une information officielle cette fois le 14 février. Et jusqu’à début mars, le secret était gardé autour du montant de la transaction. Que ce soit du côté de l’acheteur (Bernard Riac), ou du côté du député-maire de la ville, tout le monde se retranchait derrière la confidentialité absolue de l’opération.

 

 

Voyons maintenant ce qu’écrivent les élus du groupe de la majorité municipale dans leur tribune d’expression politique dans le n°129 du magazine de la ville. On cite mot pour mot : « Début 2011, l’État choisit, sur compétence liée à l’avis de la Commission des participations et transferts, le groupe Valvital pour reprendre les Thermes ». Et un peu plus loin : « Achat pour une bouchée de pain (alors que l’offre de la Ville et des professionnels, pourtant votée par eux, était plus basse) ! ».

 

Comme chacun peut le constater, au moment de rédiger leur tribune, les élus de la majorité municipale avaient donc connaissance de deux informations. Tout d’abord du choix de Valvital. Et ensuite du montant des offres, puisqu’ils étaient capables d’affirmer sans se tromper que l’offre de Valvital était supérieure. Pas de quoi fouetter un chat nous direz-vous. Et pour cause, au moment de la mise en ligne du magazine municipal, début mars, ces informations étaient publiques. Au moment de la diffusion du magazine oui, mais pas au moment de sa conception. Et plus précisément pas au moment où les élus de la majorité ont rédigé leur texte. Car conformément aux directives du cabinet du maire, les textes des groupes d’élus devaient être transmis à la mairie au plus tard le 7 février.

 

Or le 7 février (au plus tard), les élus de la majorité connaissaient non seulement le nom du repreneur (information qui ne sera officiellement dévoilée qu’une semaine plus tard), mais aussi le montant des différentes offres (informations qui elles ne seraient rendues publiques que fin février.

 

Alors la question se pose : comment de simples élus municipaux d’une petite ville de province ont-ils bien pu avoir accès à des informations confidentielles concernant l’état, bien avant que ces informations ne soient rendues publiques ?

 

Voila qui ressemble à s’y méprendre à une nouvelle forme de délit d’initiés. Et qui jette une ombre supplémentaire au tableau de cette vente, déjà difficilement qualifiable de transparente. Une vente pour laquelle on a décidément l’impression que tout était joué d’avance.

 

 

Post-scriptum


Il y aurait bien une autre explication à ces problèmes de calendrier, mais il nous semble qu’il convient de la rejeter d’emblée. Car elle impliquerait que, selon qu’ils appartiennent à la majorité ou à la minorité, les groupes d’élus au conseil municipal d’Aix les Bains ne bénéficieraient pas d’une égalité de traitement de la part du maire. Tout simplement impensable au pays de la liberté, de l’égalité et de la fraternité. Quand bien même notre devise républicaine ne serait pas inscrite au fronton de la mairie, comme c’est le cas à Aix.

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