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8 avril 2011 5 08 /04 /avril /2011 07:45

DC-10-SiouxCity.jpgLe 19 juillet 1989 à 16h00, un DC-10 de la compagnie United Airlines se pose en catastrophe sur une piste de l’aéroport de Sioux City dans l’état de l’Iowa aux Etats-Unis. Il prend feu après que son aile droite est heurté le sol. Bilan : 112 morts sur 296 passagers et membres d’équipage.

 

Cet accident trouve son origine dans la défaillance d’une des pièces maitresses du réacteur de queue : le rotor soufflant de sa turbine. En se désintégrant, ce dernier a projeté des morceaux sur l’empennage, coupant au passage les trois circuits hydrauliques permettant d’actionner les gouvernes de direction et de profondeur. Privés de commandes, c’est en faisant varier la puissance des deux réacteurs latéraux que les pilotes réussirent malgré tout à amener leur appareil jusqu’à une des pistes d’atterrissage de l’aéroport de Sioux City. Sans toutefois parvenir à éviter l’accident.

 

Si on vous parle de cet accident qui remonte à plus de vingt ans, c’est à cause d’une statistique. Pour garantir sa sécurité, le DC-10 disposait de 3 circuits hydrauliques indépendants pour les commandes de vol. La probabilité pour que ces 3 circuits se retrouvent tous inopérants était estimée à 1 chance sur 1 milliard.

 

1 chance sur 1 milliard. Soit quasiment aucune chance. Un risque quasi nul. Un fait hautement improbable. Improbable, quasi nul, mais donc néanmoins possible, et en tout cas pas nul.

 

Alors ouvrons un peu les yeux. Il doit bien exister, bien caché quelque part dans les dossiers des constructeurs ou des exploitants de centrales nucléaires, un scénario d’accident majeur (voire des scénarii) dont la probabilité d’occurrence est de 1 chance sur 1 milliard. Une « chance » estimée donc suffisamment faible, suffisamment peu probable, pour juger que nos centrales nucléaires sont suffisamment fiables pour être mises en service et exploitées.

 

Fukushima.jpgL’histoire industrielle de l’homme est truffée d’exemples d’accidents qui n’auraient jamais du arriver, si on se fie aux probabilités. Et pourtant, ces accidents sont bel et bien arrivés. Celui du DC-10 de United Airlines n’en n’est qu’un parmi d’autres. Il y a eu des morts. Par dizaines. Par centaines. Parfois par milliers. Mais ce n’est rien à côté de ce qui se passerait sur cette « chance » sur 1 milliard décidait de s’inviter un jour dans une centrale nucléaire. Ce fut le cas en 1986 à Tchernobyl. C’est le cas aujourd’hui à Fukushima. En 1986, l’occident s’était gaussé de la technologie russe soit disant obsolète, dépassée. C’était sûr et avéré, rien de tel ne pouvait arriver dans une centrale du monde occidental, avec notre technologie de pointe, où tout est parfaitement maitrisé. L’accident de Fukushima montre que notre technologie n’est pas infaillible. Et que face à un accident nucléaire, l’homme perd rapidement toute maitrise des évènements.

 

La question qui s’impose aujourd’hui, mais que certains posent déjà depuis fort longtemps, c’est sommes-nous prêts, collectivement, à accepter ce risque de 1 chance sur 1 milliard ? Sommes-nous prêts à accepter, collectivement, qu’une partie d’un pays soit rayé de la carte en un instant, que tout un territoire soit pollué pour des centaines, des milliers voire des dizaines de milliers d’années ?

 

Et tout ça pourquoi ? Juste pour pouvoir sauvegarder notre petit sur-confort quotidien. Pour pouvoir continuer à dépenser sans compter, bien au-delà de nos besoins. Tout ça non pas pour retourner au moyen-âge, mais simplement pour éviter de faire preuve d’un peu de sobriété. Posez-vous honnêtement la question : le « jeu » (le risque) en vaut-il la chandelle ?

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commentaires

Steph73 11/04/2011 01:05



http://aixlesbains-lejournal.fr/aerodrome.html



Steph73 08/04/2011 18:04



Au début, je croyais que vous alliez parlé des avions survolant le lac car là aussi le risque d'une catastrophe n'est pas nul et vu l'augmentation du trafic, ce risque augmente même si faible...
Imaginez les conséquences si un avion venait à avoir un problème au-dessus du lac ou s'il finisssait dans le lac... Une liaison ferroviaire optimisée depuis les aéroports internationaux de Lyon
et de Genève, n'est-elle pas une solution préférable ?



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