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10 octobre 2011 1 10 /10 /octobre /2011 07:45

VideoSurveillanceGaribaldi.jpgD’après le gouvernement, fin 2008, il y aurait eu 20.000 caméras de vidéosurveillance de la voie publique installée dans les villes françaises. D’après la cour de comptes, fin 2010, ce nombre serait de 10.000. Avec cet étonnant écart, qui n’est pas sans rappeler ceux constatés entre les estimations de la police et des organisateurs lors de manifestations, le ton est donnée d’emblée. L’UMP est prête à tout pour faire passer le développement à outrance de la vidéosurveillance. A tout, y compris visiblement à donner des chiffres surévalués. Voire fantaisistes. Et entre un gouvernement qui érige la vidéosurveillance en solution miracle, face à la baisse des effectifs des forces de sécurité qu’il a engagée, et des magistrats indépendants et neutres, juste chargés de contrôler le bon usage fait des deniers publics, à qui peut-on faire le plus confiance ?

 

Mais ce n’est pas tout. Dans leur synthèse datée de juin 2011, les magistrats de la cour des comptes pointent également du doigt le coût élevé du plan vidéosurveillance du gouvernement, évalué à 300 M€. Pour une efficacité restant à évaluer. Là encore, c’est la cour des comptes qui le dit. Et qui n’hésite pas à affirmer que compte tenu de son coût important pour les finances publiques, le plan vidéosurveillance lancé par le gouvernement aurait du être précédé d’une évaluation de son efficacité, basée sur une méthode rigoureuse, validée par des experts. En clair, les magistrats de la cour des comptes pointent donc du doigt le fait qu’à ce jour, aucune étude rigoureuse n’a permis de démontrer l’efficacité de la vidéosurveillance. Ils constatent également la quasi-absence de toute étude scientifique menée en France sur le sujet. La seule étude qu’ils retiennent étant celle du ministère de l’Intérieur, qu’ils commentent en ces termes : « ses résultats contradictoires autant que sa méthode ne permettent pas d’en tirer des enseignements fiables ».

 

Pour terminer, la cour des comptes pointe aussi du doigt le manque de formation des personnels chargés de la vidéosurveillance, des pratiques parfois en infraction avec la loi pour ce qui concerne l’accès aux images ou leur enregistrement, et enfin le … manque d’effectifs dans les services de vidéosurveillance ! Un comble quand on sait que, pour le gouvernement, la vidéosurveillance est la solution pour compenser la baisse des effectifs « traditionnels » de la police et de la gendarmerie.

 

En résumé, ce que dit la cour des comptes, c’est que la vidéosurveillance est un système coûteux à installer et à exploiter, dont l’efficacité n’est nullement prouvée, et qui donne en plus lieu à des pratiques contestables de la part des collectivités qui la mette en place.

 

A la lecture de ce « verdict », émanant de magistrats n’ayant aucun parti pris, tout bon gestionnaire public, soucieux des finances de la collectivité, mettrait aussitôt le holà à tout projet d’installation d’un système de vidéosurveillance.

 

A Aix les Bains, on sait ce qu’il advient des rapports de la cour des comptes, et des recommandations de ses magistrats. A titre d’exemple, cela fait presque 10 ans que ceux de la chambre régionale de Rhône-Alpes ont demandé que soit mis fin à la participation de la ville dans le capital de la SA Grand Cercle, qui exploite le casino. Une situation illégale, une collectivité locale ne pouvant en aucun cas être actionnaire d’une société anonyme de droit privé. La situation perdure cependant à Aix. Et le maire ne semble guère empressé de chercher à y mettre fin. Se retranchant derrière un hypothétique arrêté dérogatoire qu’aucun ministre ne signera jamais. Et derrière un soit disant héritage de la loi Sarde (sic). Comme si une quelconque loi Sarde d'on ne sait quand pouvait prévaloir sur la loi française d'aujourd'hui !

 

Il en sera de même pour l’avis de la cour des comptes sur la vidéosurveillance. Il restera lettre morte. Aix sera dotée, dès 2012, de caméras de vidéosurveillance. Et tant pis si ça coûte cher tout en étant inefficace.

 

 

LE MOT DE LA FIN

Et les autres élus municipaux dans tout ça ? Vont-ils eux aussi faire comme si la cour des comptes n’avait rien dit ? Vont-ils feindre d’ignorer ses conclusions ? Lesquelles ne peuvent qu’amener les élus locaux à annuler, ou au moins à différer, les projets d’installation de systèmes de vidéosurveillance. Un projet qui, pour ce qui concerne Aix les Bains, ne faisait pas partie du programme de la liste Dord en 2008. Aucun de ses membres ne peut donc se considérer comme tenu par une quelconque solidarité d’équipe. Chacun devrait en revanche se sentir concerné par le bon usage de l’argent public. La vidéosurveillance n’entrant pas, à en croire la cour des comptes, dans le cadre de ces bons usages.

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commentaires

Gael 10/10/2011 11:36



Mais à Aix les bains,ce n'est pas pareil qu'ailleurs, le 1er adjoint ne parle pas de la vidéo surveillance mais de la "vidéo PROTECTION"mêm si la vidéo n'a jamais proptégé personne.Si je reçois
une claque de quelqu'un ce n'est pas parce que c'est filmé que je ne recevrai pas la claque;de plus la personne se sachant filmé prendra des mesures de protection pour ne pas être
identifiée;Quant à notre 1er grand citoyen de notre ville "par la taille" lui il parle de vidéo TRANQUILITé.


Pour moi c'est plutot de la vidéo foutage de gueules des Aixois(es) mais de cela il a une grande habitude et cela passe bien aupres des ectoplasmes de la majorité 



Aix Hebdo 10/10/2011 12:24



Vidéoproection est le terme officiel employé par le gouvernement. Dont les communicants ont du suggérer qu'il valait mieux dire aux citoyens que nous somme qu'on allait nous protéger, plutôt que
de nous surveiller. Simple pirouette sémantique qui ne change rien au fond. Et au demeurant fort inutile puisque, parait-il, les honnêtes citoyens n'ont rien à craindre de la part des systèmes de
vidéosurveillance.


 


Quant à la vidéo-tranquillité, l’expression (qui nous avait échappée) s’inscrit dans la droite ligne de ce nouveau langage inventé tout exprès pour la communication politique. Celui qui a donné
naissance à d’autres expressions toutes aussi pompeuses que fumeuses, comme le « grand parc urbain des bords du lac » (en réalité de simples immeubles comme il s’en
construit partout ailleurs), « l’allée promenade des bords du lac » (une simple rue où passe des voitures et où personne ne se promène), le « grand camping
d’agglomération » (projet stupide visant à déplacer le camping du Sierroz des bords du lac à Pugny, histoire de laisser place nette pour les promoteurs immobiliers). Citons encore
les opérations de « résidentialisation », désignant tout simplement le fait de rénover des logements et leur environnement. Ou encore la « mise en œuvre
d’une revégétalisation ornementale » (plus couramment désignée par « planter des arbustes »).



steph73 10/10/2011 11:03



Connaitriez-vous par hasard le nom de la société retenue pour la vidéosurveillance ?


car un des cousins d'Hortefeux s'occupe d'une société cipcéo


http://www.liberennes.fr/libe/2010/07/la-vid%C3%A9osurveillance-secteur-davenir-chez-les-hortefeux.html


La mairie d'Aix a-t-elle choisi cette société ??? Ce serait intéressant de le savoir... alors que d'autres mairies de gauche ou de droite hésitent à faire appel à cette société du fait des liens
avec le ministre ump, que ferait ou fait Aix ?



Aix Hebdo 10/10/2011 12:12



La société retenue pour les études préalables est Althing. Officiellement, pas encore de choix fait pour le futur prestataire qui réalisera les
équipements.



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