Jeudi 18 février 2010 4 18 /02 /Fév /2010 07:51

videosurveillance.jpgLe vrai-faux débat auquel s’adonnent le maire et son premier adjoint, par voie de presse interposée, serait plaisant à suivre s’il ne masquait une réalité affligeante : celle d’une démocratie locale à nouveau mise à mal.

La majorité aixoise n’a pas coutume d’étaler ses dissensions dans la presse. Elle cultive au contraire le goût du secret, et entoure d’un huis clos toute forme de discussion au sein de son groupe. En témoigne l’étonnant et persistant silence des élus de la majorité lors des réunions du conseil municipal.

Le vrai-faux débat entre Dominique Dord et Renaud Beretti n’est à l’évidence qu’un leurre destiné à mieux faire passer la pilule de l’installation de caméras de surveillance dans le centre ville aixois. Avec en prime un exercice de style qui permet de faire croire à un bon fonctionnement de la démocratie locale, tout en surfant sur la vague sécuritaire, sport favori de l’UMP à l’approche d’une échéance électorale. Une vague que l’UMP locale surfe cette fois sur ses deux faces : d’un côté Beretti en partisan farouche de la vidéosurveillance, opportunément rebaptisée vidéoprotection, et de l’autre Dord en opposant mou mais qui finalement se laisse convaincre. Ce n’est plus une ficelle : c’est un énorme cordage !

Les deux duettistes feignent d’appeler au débat, tout en évitant soigneusement de l’engager. Il n’y a pas urgence à inscrire le sujet à l’ordre du jour du conseil municipal dit le maire, tout en assurant qu’il sera néanmoins examiné avant l’été, c'est-à-dire dans moins de quatre mois. S’il n’y a pas urgence, pourquoi tant de précipitation ? Si ce n’est parce que la décision est déjà prise et que, comme à son habitude, la majorité municipale ne fera qu’entériner en séance un projet déjà tout ficelé, dont on ne saisit pourtant pas ni les motivations, ni même la raison d’être.

Où est donc le débat « serein, dépassionné et décrispé » que le premier adjoint appelle soit disant de ses vœux ? Où est le débat « pragmatique » que réclame parait-il le maire ? Où, quand et comment les aixois seront-ils amenés à donner leur avis ?

 

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Lors de la séance du conseil qui examinera le sujet, la maire compte inviter les forces de l’ordre et le préfet à s’exprimer. Voila qui en dit long sur ses intentions réelles, et sur la conception ici très particulière d’un débat. Sur la liste des invités, on ne voit en effet que des tenants de la vidéosurveillance. Où sont donc les opposants ? N’ont-ils pas le droit, eux aussi, de venir exposer leurs arguments en séance du conseil municipal ?

Il reste encore un peu de temps à la majorité aixoise pour arrêter son cinéma, et poser les bases d’un vrai débat sur le sujet. A commencer par un exposé clair, net et précis des raisons qui l’ont amenée à enclencher ce projet. Et avec, pourquoi pas, au final, la consultation de la population via un référendum local.

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