Vendredi 6 avril
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14:00
6 avril 2012. Sur le site internet de la mairie, les délibérations du conseil municipal du 12 décembre 2011 ne sont toujours pas en ligne (voir copie d'écran ci-dessous). Il est vrai que cela ne
fait « que » 146 jours que ces délibérations ont été adoptées. On comprend bien que la municipalité n’ait pas encore eu le temps de les mettre à disposition des citoyens. Dame, il y
avait les fêtes à préparer. Et puis avec toutes ces cérémonies de vœux en janvier, il y avait bien d’autres choses plus importantes à traiter.
Juste comme ça, histoire d’enfoncer le clou, combien de temps faut-il pour mettre les délibérations en ligne ? 30 secondes pour générer le fichier PDF. 30 autres secondes pour le transmettre
par mail à la personne chargée de sa mise en ligne. Opération qui prendra bien 2 minutes. Soit 3 minutes au total. Ils doivent être sacrément débordés dans les services centraux de la mairie.
Ultra occupés. Mais à quoi au juste ? Peut-être à chercher comment justifier l’attribution d’un logement et d’une voiture de fonction au directeur général des dits services. Ou l’attribution
de voitures de fonction à certains élus. Allez savoir ...
Jeudi 29 mars
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08:31
Lundi 26 mars. Conseil municipal à Aix les Bains. 40 points à l’ordre du jour. Le n°21 concerne un projet de vidéo protection. Un projet ? Tu parles Charles ! Il y a bien
longtemps que la décision est prise. Le vote de ce soir n’est qu’une simple formalité. S’ensuit un débat de moins d’une heure au cours duquel on n’apprend pas grand-chose. Et notamment pas
combien ce projet va coûter aux aixois. Et encore moins combien vont coûter les phases suivantes. Puisque les 17 caméras dont il est question ne sont que les premières, et que d’autres suivront.
Malgré toutes ces zones d’ombre, tous les élus de la majorité présents votent pour. Ceux de la minorité contre. Il faut croire que pour la majorité, le coût est sans importance. Le premier
adjoint leur a pourtant fait valoir que les caméras allaient permettre de réduire les dégradations sur le mobilier urbain. Et donc faire faire des économies à la ville. Des économies ? Avant
d’affirmer que la ville va faire des économies, encore faudrait-il savoir
1° combien lui coûtent actuellement les dégradations,
2° combien elle va dépenser pour ses caméras (investissement initial, entretien, exploitation, renouvellement),
3° dans quelles proportions les dégradations vont être réduites.
Et là c’est simple. Les élus ne possèdent les réponses à aucun de ces trois points. Visiblement sans importance pour les conseillers de la majorité. Qui votent tous
pour. A l’aveugle.
Voila des gens chez qui les vendeurs de cuisine (ou autres) devraient se précipiter. « Monsieur, madame, je vous propose de vous installer une nouvelle cuisine. Je ne peux vous dire combien
elle va vous coûter. Je ne sais même pas à quels besoins elle répond. Il faudra sûrement y ajouter rapidement d’autres éléments mais je ne peux pas vous dire lesquels. Ni combien ils vous
coûteront. C’est en plus une cuisine qui intègre beaucoup de technologie. Alors il va y avoir de la maintenance. Et aussi un coût d’exploitation. Mais là non plus je ne peux pas vous dire combien
cela va vous coûter. Et puis il faudra aussi très probablement remplacer ou faire évoluer des éléments dans les années qui viennent. Je ne sais pas lesquels. Et je ne sais toujours pas combien ça
coûtera. Voila, signez ici. ». A votre avis, combien signeraient ? Aucun ? Ce serait illogique. Ils ont tous signé pour les caméras …
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LE MOT DE LA FIN
A propos des rapports et études de la Ligue des Droits de l’Homme sur la vidéosurveillance, Dord a eu cette réflexion : « Vous parlez d’une référence ! ». La
grande classe. Les responsables et les membres de cette association aussi indispensable que méritante apprécieront comme il se doit.
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Mercredi 28 mars
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07:46
Nous avions déjà attiré l’attention de nos lecteurs sur ces « nombreuses demandes de citoyens réclamant la mise en place de caméras ». Argument avancé à plusieurs reprises dans
la presse par le premier adjoint, Renaud Beretti, pour justifier son projet de vidéosurveillance. On sait que face à la presse, pourtant bien peu pressante à Aix, dans le feu de l’action, emporté
par la passion, les mots s’échappent parfois. Dépassant les intentions ou la pensée de celui qui les prononce. Dans le cas de Renaud Beretti, difficile de croire à un « dérapage » à
répétition. Le doute n’est pas permis. Pour lui, c’est manifeste, la mairie a reçu de nombreuses demandes de citoyens réclamant la mise en place de caméras.
Et que dire de ce courrier rédigé par le maire en personne le 6 mai 2010 ? Dans une réponse officielle adressée à la chambre régionale des comptes, Dominique
Dord écrit ceci :
C’est écrit noir sur blanc. Une bonne partie de la population souhaite vivement la mise en place d’un système de vidéosurveillance. Mais c’est quoi au juste une bonne partie ? Et comment
Dord a-t-il mesuré quelle part de la population représentait cette bonne partie ? Aucun débat public n’a été organisé sur le sujet. Les seules réunions au cours desquelles le maire et ses
acolytes ont débattu de la question avec des aixois se sont tenues dans le cadre de l’UPA. Leur propre association de soutien, présidée par Renaud Beretti en personne. Des réunions auxquelles le
tout-venant des aixois, non adhérent de l’UPA, n’était pas convié. Des réunions auxquelles aucun des intervenants invités n’était là pour apporter la contradiction aux partisans de la
vidéosurveillance. C’est donc sur la seule foi de l’avis d'une partie des adhérents de l’UPA (une infime partie de la population aixoise) que Dord et Beretti ont estimé qu’une bonne partie (sic)
de la population aixoise serait favorable à la vidéosurveillance.
Une affirmation que rien ne vient étayer. On veut des preuves ! Mais on en n’aura jamais. Pour la bonne et simple raison qu’elles n’existent pas. Et que la
seule et unique façon de démontrer qu’une bonne partie, autrement qu’une majorité des aixois est favorable à la vidéosurveillance, ce serait de leur poser directement la question en organisant un
référendum local. Ce que Dord et Beretti ne feront jamais.
Et encore faudrait-il l’organiser correctement ce référendum. C'est-à-dire prendre au préalable le temps du débat public, et de l’information. Ce qui n’a pas été le cas à l’occasion du débat au
conseil municipal d’avant-hier soir. Pour leur information, les élus n’ont eu accès au rapport de diagnostic (?) réalisé par la société Althing que quelques jours avant la séance. Il est vrai que
le dit rapport n’avait été remis à la municipalité que depuis trois mois. On comprend bien que Beretti n’ait pas pu le transmettre plus tôt aux élus. Quant au débat, il aura duré en gros 45
minutes, introduction de Renaud Beretti comprise. 45 minutes pour un projet qui engage la ville sur le long terme, avec des dépenses qui se compteront en millions d’euros. 45 minutes au cours
desquelles aucun des élus présents, majorité comme minorité, n’a pu savoir combien tout cela allait coûter à la ville. Ce qui n’a pas empêché les élus de la majorité de voter pour comme un seul
homme. Et par là-même de signer un blanc-seing, en autorisant le Maire ou son représentant à signer tous documents relatifs à la mise en œuvre de ce projet (sic).
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