A défaut de déjà faire couler de l'eau dans les gosiers des consommateurs, le dossier de la concession d'exploitation de l'eau de source de Mémard à la SEAB a déjà fait couler pas mal d'encre. Dans la presse papier locale, avec des articles qui selon les moeurs en vigueur à Aix les Bains se contentent de reproduire le discours officiel de la mairie sans procéder à la moindre vérification.
Et puis ce dossier a aussi fait couler quelques pixels sur les écrans de nos ordinateurs, avec notamment plusieurs articles du journal en ligne
Aix les Bains - Le Journal. Articles dont on vous conseille vivement de prendre connaissance si ce n'est pas déjà fait.
Pour notre part, on se contentera ... des faits. Sans commentaire ni verbiage superflu. Voici donc, mis en parallèle, les termes de la convention passée entre la ville et la SEAB, et les propos tenus par Dominique Dord et rapportés dans la presse locale (on a choisi l'article de l'Hebdo des Savoie, parce qu'il fallait bien faire un choix). Bonne lecture.
Hebdo des Savoie - 11/09/2008
Délibération du Conseil Municipal du 04/10/2006

A propos du coût à la charge de la ville d'Aix les Bains La délibération mentionne que la SEAB remboursera les travaux exécutés par la ville dans la limite de 600.000 euros. L'Hebdo des Savoie mentionne le chiffre de 670.000 euros que nous n'avons pas pu vérifier, mais que nous retenons néanmoins.
Le montant des travaux est de 898.000 euros (le DL parle lui de 998.000 euros, incluant 100.000 euros de travaux de rénovation du réseau d'eau potable exécutés à l'occasion du chantier réalisé pour la SEAB, et qui n'ont pas lieu d'être prise en compte ici).
Reste donc à la charge de la ville 898.000 - 670.000 = 228.000 euros et non 138.000 comme le dit le maire. En effet, les 90.000 euros d'avance sur recettes sont, comme leur nom l'indique, une avance sur recettes. Le fait que des recettes soient perçues par avance par la ville ne vient en rien diminuer les frais à sa charge.
A propos des volumes fournis et des recettes de la ville Le prix du m
3 vendu par la ville à la SEAB est de 1 euro. La SEAB a pour objectif de commercialiser chaque année 20 millions de bouteilles, soit 30.000 m
3. L'estimation des volumes prévoit un abattement pour perte, qu'il faut donc prendre en compte pour calculer les recettes perçues par la ville.
Voici le détail du calcul (montants arrondis) :
9.999 m
3 x 1 euros x 85% (abattement de 15%) = 8.500 euros
9.999 m
3 x 1 euros x 90% (abattement de 10%) = 9.000 euros
10.002 m
3 x 1 euros x 93% (abattement de 7%) = 9.300 euros
Soit 30.000 m3 pour une recette totale de 26.800 euros/an. Pour rentrer dans ses frais (investissement de 228.000 euros à sa charge), la ville mettra donc 8 ans ½, et non 4 ans.
A titre de comparaison, chaque bouteille de 1,5l devrait être vendue à 16 centimes au consommateur final. Pour une production annuelle 20.000.000 de bouteilles, le chiffre d'affaires généré sera donc de 3.200.000 euros. Une somme rondelette, dont seulement 0,8% reviendront à la ville d'Aix les Bains. Un "bon investissement" comme l'affirme Monsieur Dord ?
A propos du maintien des emplois La SEAB (RCS Chambéry 339 347 213) est une société privée rattaché à la société COFIPAR (RCS Paris 316 742 980). A ce jour, le dernier bilan de la SEAB accessible gratuitement au public est celui au 31/12/2006.
Il fait apparaître un chiffre d'affaires de 7.2 millions d'euros, et résultat d'exploitation bénéficiaire de 3.75% de ce chiffre d'affaires, soit 270.000 euros. Alors à moins que l'année 2007 se soit avérée particulièrement catastrophique, on ne voit pas très bien en quoi l'activité de la SEAB serait donc menacée. Et comme son activité est d'embouteiller et de commercialiser de l'eau minérale estampillée Aix les Bains, on la voit mal déplacer ses locaux ailleurs !
En clair si les communes sont souvent bien avisées de soutenir l'activité économique d'entreprises en difficulté afin de maintenir les emplois sur leur territoire, on n'est pas ici dans ce cas de figure. La SEAB est une société en bonne santé, dont l'activité n'est en rien menacée, et qui de plus ne peut pas aller l'exercer ailleurs. Il y avait donc très sûrement matière à négocier avec elle une convention bien plus rentable pour la ville.
Les données financières sont extraites du site
www.societes.com.