Dans les prochaines semaines, le site internet du CISALB (
www.cisalb.com) devrait permettre au public de consulter un tableau de bord des indicateurs de la qualité de l'eau du lac du Bourget et des rivières environnantes.
A l'heure où la pollution du lac par les PCB ne fait plus forcément la une des journaux, mais reste pour autant d'actualité (les PCB n'étant pas appelés à s'autodétruire en quelques semaines ni même mois ...), voila donc une perspective intéressante qui s'ouvre au public : pouvoir s'informer en direct, sans que l'information passe par le prisme légèrement déformant de la communication officielle de la mairie.
Espérons que l'information que l'on pourra trouver sur le site du CISALB sera à la hauteur des espérances qu'on est en droit de nourrir. Autrement dit une information exhaustive, compréhensible et honnête.
En attendant de pouvoir se faire une idée plus précise, on peut tout de même vous livrer quelques éléments concernant le travail du CISALB. Cet organisme s'intéresse d'une part à la composition chimique de l'eau (en recherchant notamment les polluants tels que les phosphates, les nitrates, l'azote ...), mais aussi à la vie animale (poissons, crustacés) qui constitue un excellent témoignage de la qualité des eaux. Enfin presque : ce n'est pas parce des lavarets vivent dans les fonds de nos lacs qu'ils ne sont pas pollués pour autant, comme vient de le démontrer la présence des PCB dans les lacs alpins.
Ce qui est un peu surprenant, c'est que le CISALB effectue ses prélèvements et ses observations dans nos rivières à une fréquence triennale voire quadriennale. Une fréquence qui de prime abord ne nous semble pas vraiment compatible avec une réelle surveillance de la qualité des eaux. Le lac du Bourget est soumis pour sa part à un régime de faveur, son suivi étant annuel.
Le constat dressé aujourd'hui par le CISALB est plutôt mitigé. Si la situation apparait plutôt bonne pour le lac, il est loin d'en être de même pour les rivières. Pour le lac, on avoue un peu notre surprise, voire notre stupeur en lisant la déclaration de Renaud Jalinoux, directeur du CISALB, pour qui tout semble bien aller, exception faite de la présence des PCB. Laquelle présence n'étant tout de même pas de la roupie de sansonnet qu'on sache !
Au détour de l'article de l'Hebdo des Savoie du 18/09
(1), on apprend également non sans une certaine surprise que la situation des eaux du lac du Bourget s'est nettement améliorée depuis que les deux agglomérations voisines (Chambéry et Aix les Bains) déversent leurs eaux usées directement dans le Rhône, sans plus passer par la case lac. Une excellente illustration de l'expression "déplacer le problème", sans pour autant le résoudre.
Concernant les rivières "aixoises", le constat est beaucoup moins encourageant : partie basse du Sierroz (de Grésy au lac) de piètre qualité, eaux du canal de Chautagne non conformes aux directives européennes, celles du canal de Savières qui mériteraient l'adjonction de stations d'épuration, la Deysse polluée notamment par des rejets agricoles, et surtout le Tillet, qualifié de point noir du secteur.
Un tableau pas vraiment réjouissant comme chacun peut le constater. Pour notre part, ce qui nous étonne, c'est qu'on a un peu de mal à comprendre que les eaux du lac du Bourget soient de bonne qualité, alors que celle de plusieurs rivières l'alimentant est mauvaise, voire très mauvaise.
Un petit mystère que le futur tableau de bord diffusé par le CISALB permettra peut-être de lever.
(1) Un article signé Sébastien Pignier-Tracol, qui soit dit en passant nous prouve en l'occurrence que quand sa direction et la mairie veulent bien lui lâcher les baskets et arrêter de lui dicter ce qu'il doit écrire, il sait faire honneur à son métier. Le problème étant malheureusement que dès que l'information devient "sensible", la censure refait aussitôt surface depuis le fin fond de ses eaux troubles. Le métier de journaliste de presse locale est décidément un rude métier.