Les "fondus" qui fréquentent régulièrement les pistes enneigés du plateau du Revard auront sans doute un peu de mal à le croire, et pourtant c'est une réalité bien réelle.
De 1993 à 2007, au plan national, la filière nordique (1) a subi un sérieux revers. Le C.A. généré par les redevances forfaitaires est en effet passé de 10,5 à seulement 5,2 millions d'euros.

Les deux derniers hivers ont été particulièrement mauvais. 2006/2007 est même qualifié de catastrophique, avec des baisses d'activité de 50 à 60% sur certains sites.
Parmi les raisons pouvant expliquer cette situation désastreuse, les professionnels mettent en effet en avant la surenchère à l'agrandissement qui s'est engagée entre les sites lors du développement du skating. Une surenchère à l'agrandissement, mais aussi un développement mono axial, entièrement centré sur une seule discipline : le skating.
La clientèle plus traditionnelle, et notamment les fondeurs "classiques", n'y ont visiblement pas trouvé leur compte.
Au milieu de ce marasme, pour ne pas dire de cette déconfiture, le plateau du Revard semble continuer à tirer son épingle du jeu.
Quelques sites ont senti le vent tourner. Et depuis quelques années ont réorienté leur développement, en essayant de s'ouvrir (se rouvrir ?) à une clientèle plus diversifiée. Cela passe bien évidemment par un rééquilibrage de la place accordée à chaque activité nordique.

C'est le cas du plateau du Revard qui depuis quelques années développe ou redéveloppe des structures dédiées à des activités autres que le skating, qui a régné en seul maître pendant une bonne décennie.
Une réorientation salutaire, qui porte ses fruits. Il est vrai que comparativement à bien d'autres sites nordiques, le Revard dispose en plus dans son escarcelle de quelques atouts naturels non négligeables : sa topographie et ses paysages, particulièrement adaptés et attractifs, mais aussi la proximité immédiate des agglomérations aixoise et chambérienne, et celle plus lointaine de Lyon, Grenoble, Annecy.
Des atouts qui ont sans nul doute évité au plateau du Revard de faire le même grand plongeon que certains sites concurrents. Espérons que ça dure !
Et espérons que le plateau du Revard saura relever avec le même brio le défi qui l'attend maintenant : trouver des solutions efficaces et pertinentes pour réduire les flots de véhicules qui envahissent ses pentes tout au long de la saison !
Ps : Dans l'immédiat, c'est la SEM du Grand Revard qui a un défi d'une tout autre nature à relever. Cet organisme gestionnaire du plateau a en effet grand besoin de mettre de l'ordre dans sa gestion. Gageons que le prochain conseil d'administration (mardi 4 décembre) sera ... animé.
(1) terme qui regroupe diverses activités : le ski de fond, la raquette, le biathlon, le ski joering (ski tracté derrière un cheval, des chiens, un renne ...), la course d'orientation, la randonnée avec des chiens de traineau ... etc.