Budget 2009
Investissements,
ou dépenses ?
Chers Concitoyens, Chères Concitoyennes,
A moins que vous ne soyez à la fois myopes comme des taupes et sourds comme des pots, la nouvelle n'a pas pu vous échapper : en seulement quelques semaines, le budget d'investissement de la ville pour 2009 est passé de 7 à 11 millions d'euros.
En langage de "communiquant", on appelle cela un effet d'annonce. Une grande spécialité de nos politiques, qui en font un usage démesuré. Rien de tel pour se faire mousser que d'annoncer à grand renfort de presse qu'on va faire ci ou qu'on va faire cela. De toute façon, il ne se trouvera jamais personne pour vous rappeler à vos promesses. Ou alors si peu de gens.
Pour 2009, la ville serait donc passée en seulement quelques semaines de 7 à 11 millions d'euros d'investissement. A se demander à quoi a bien pu servir le débat d'orientation budgétaire lors du conseil municipal du 17 novembre !
Mais intéressons-nous au budget 2009. Avec donc ses 11 millions d'investissements. D'accord, mais investissements dans quel sens ?
Investissements au sens de la comptabilité publique ? Oui, sans conteste possible. Mais peut-on pour autant parler d'investissements au sens "commun" du terme, à savoir l'acquisition ou la création de biens nouveaux ?
Rénover des trottoirs ou des rues, est-ce de l'investissement ? Refaire la toiture d'une école ou d'un centre nautique, est-ce de l'investissement ?
Certes ces réalisations sont nécessaires, et la plupart du temps utiles. Mais en pratique, il ne s'agit pas d'investissements, mais de dépenses courantes de fonctionnement et d'entretien, comme tout un chacun le fait dans son propre logement par exemple. Mais sans pour autant dire qu'il "investit".
Des dépenses qui, même si elles donnent lieu à des immobilisations au sens comptable du terme, peuvent difficilement être prise en compte en termes de patrimoine. Un trottoir ou une chaussée, même asphaltés de frais, peuvent difficilement être considérés comme du patrimoine.
Et c'est là que le bât blesse : car depuis 2001, pour financer toutes ces dépenses courantes, la ville a petit à petit cédé ses biens patrimoniaux (terrains, bâtiments). Pour corser le tout, elle a quasiment toujours fait ces cessions aux prix les plus bas possibles, alors qu'à l'inverse les acquisitions foncières réalisées l'ont toujours été au prix fort.
En gros, on a troqué à bas prix des beaux terrains et des bâtiments contre des bouts de terrain de ci de là (pour l'aménagement d'un rond-point ou d'un bout de rue), achetés à des prix bien plus avantageux (pour les vendeurs).
C'est un peu comme si un particulier, après avoir investi dans une maison en payant son crédit pendant des années, en revendait le terrain petit bout par petit bout pour payer un coup la réfection des peintures, une autre fois le changement du carrelage ... etc.
Ou c'est un peu comme si, pour payer son opération de l'oeil droit, un patient vendait un de ses reins !