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L'actualité locale d'Aix les Bains telle que vous ne la verrez nulle part ailleurs, ou presque. Un complément indispensable à la presse papier traditionnelle et aux organes de propagande de la mairie.

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05/02 - Thermes, quand l'Europe s'en mêle

"Le seul moyen pour l'état d'abonder les 4,5 millions d'euros de déficit, c'est la transformation de l'EPIC en Société Anonyme". C'est en substance ce qu'a déclaré Thierry Dieuleveux hier lors de sa conférence de presse.

Des propos qui viennent nous "éclairer" sur le caractère inéluctable de la privatisation de l'établissement thermal. A en croire Monsieur Dieuleveux, et d'autres avant lui, l'inéluctabilité de la privatisation résulte du déficit trop important accumulé par les TNAB. Déficit qui ne peut pas être "subventionné" par l'état, réglementation européenne oblige.


Avant de poursuivre, notons au passage qu'au cours de cette conférence de presse, Thierry Dieuleveux a avalisé de facto toutes les "prévisions" faites par le journal AIXaspérant fin 2006 : privatisation, déficit creusé, situation de cessation de paiement, baisse catastrophique de la fréquentation ... etc.

Bref, tout ce qu'AIXaspérant avait annoncé fin 2006 et que tous les responsables locaux (dirigeants des thermes et politiques) s'étaient empressés de nier, dénonçant selon eux une campagne de désinformation  et de dénigrement portant un mauvais coup à l'excellent travail accompli aux thermes.

Et c'est le plus "naturellement" du monde que Monsieur Dieuleveux est finalement venu nous dire hier que tout ce que lui et les autres responsables locaux s'employaient à nier depuis deux ans n'est en fait que la stricte réalité des choses. Aveu bien tardif, et même pas accompagné de quelques excuses.


Mais revenons à la question du déficit et à l'impossibilité pour l'état de le combler par une "subvention", réglementation européenne obligeant. Même si c'est théoriquement vrai, ce ne serait pas la première fois qu'un état s'arrogerait le droit de déroger à cette réglementation. Et puis qui à Bruxelles ira se soucier de quelques malheureux millions d'euros, qui ne représentent même pas une goutte d'eau à l'échelle des budgets des nations ?

Sans parler du fait qu'on ne voit pas non plus quel pays pourrait s'émouvoir de cette pratique anticoncurrentielle, qui en l'occurrence ne ferait de l'ombre à personne. Nous ne sommes pas ici en train de parler de renflouer Renault ni Airbus !



Mais soit, admettons. Il convient dès lors de se poser la question : en quoi la transformation de l'EPIC en SA apporte-t-elle une solution au problème du déficit ?


De deux choses l'une. Soit cette transformation s'accompagne d'un comblement préalable du déficit par l'état, soit la SA créée démarre avec ce même déficit dans son escarcelle.


Dans la seconde hypothèse, on ne voit pas très bien en quoi la transformation en SA règle le problème du déficit. L'état restant dans un premier temps seul actionnaire de la SA, il n'aura pas plus le droit de combler le déficit que dans le cadre d'une structure publique comme l'EPIC. Le problème demeure dès lors entier.

Dans la première hypothèse, c'est-à-dire celle ou l'état comblerait le déficit de l'EPIC avant de le transformer en SA, on ne comprend pas la nécessité de la privatisation. Car si l'état peut préalablement combler le déficit, pourquoi ne pas le faire dans le cadre d'une transformation en SEM ?

Sachant que le seul argument avancé par les opposants à la transformation en SEM, c'est justement de ne pas faire supporter ce déficit par les contribuables locaux. Un argument qui part donc en fumée dès lors que le déficit en question est comblé avant la transformation.



Bref, tout est encore très loin d'être clair dans ce dossier. Et le caractère inéluctable et incontournable de la privatisation des TNAB est bien loin d'être démontré.

Ce qui l'est par contre, c'est que cela fait plusieurs années que l'on nous ment à propos des thermes. Reste à savoir dans quel but et pour servir quels intérêts.

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